"Siècle endormi" de Nathalie Fave

Siècle endormi

Tu dors
mais les poètes
Djamal
n'ont pas le temps de dormir
et depuis quand
dois-tu encore dormir
tandis que les heures filent
et que les démons travaillent
à la lente et sûre
lobotomisation du monde
tu dors
mais tu n'as pas le temps de dormir
pas le temps du repos
pas le temps du sommeil
le monde court
et tu dors !
le monde se bat
et tu dors !
le monde meurt
et tu ne le ressuscites pas !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
N. F.

# Posté le dimanche 28 octobre 2007 11:50

"Djamal" de Nathalie Fave

























Djamal

Je me coule dans tes vers
et je m'enroule
dans la danse de ton pas

puis je fonds
dans les sanglots
repliés
repassés
rangés
aseptisés
du monde

depuis tu sais le monde
tu le connais le monde
c'est vrai
il a cousu sa bouche
de filins d'impuissance

tu me fais sel
et larmes

pourtant les mots rodent
encore en moi en nous
dans l'arène de tes pages
et
tant qu'il y aura des mots
il restera toujours
une pensée
une seule
un filet de lumière
à saisir
par le revers du col

nous nous sommes croisés
dans l'enceinte calfeutrée
d'une armistice insolente

car
on a trahi mille fois
le rire de mes aurores
poignardé ma jeunesse
et brisé mes élans
on m'a trahie pourtant
mais j'ai compris
deux mille fleurs

la vie
terrain fertile
je suis masque Ashanti
et rire de Prairies
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 25 octobre 2007 09:00

Modifié le jeudi 25 octobre 2007 10:24

"OMBRES" de Christine MARTINETTO

OMBRES


Nue

De ta peau ambrée de vers,

De ton ombre,

J'ai peur...



Quand brûle la paresse de l'encre

Et que me déchire le désir d'écrire

Voilà que s'embrase le vide

Des jours inutiles



J'ai peur...



Peur, du halo obscur

De l'obscur sans halo

De la Triste caravane,

Qui défile,

Vagabonde

Enflammée de Murmures dérobés

A des fleurs furibondes

Sans pistil

Sans pétales

Juste une silhouette enivrante...


Christine Martinetto
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 22 octobre 2007 15:21

Modifié le lundi 22 octobre 2007 17:54

"La gourmandise des poètes" de Chistine MARTINETTO

La gourmandise des poètes


...Je ne sais pourquoi

La lumière dérobée aux aurores

Ne coule plus dans mes yeux

Et l'aube est lourde sur mes doigts

Comme épuisée et lente

Lourde de silence

Désarmée de couleur



Oh ! Je pourrais rester dans mon cloître glacé

Dans ce cloître volage

Où s'ordonne l'omerta des roses et la fin des senteurs

Je vois comme une censure,

Je vois les mots se perdre,

Redevenir sauvages

Je vois s'endormir les adages

Qui se vident des piments de l'Afrique

Et les anciennes parures

Hier comme du saphir,

Tomber de lassitude

Comme des pierres plates et transies

Grelottantes sur mon cou



Mais je ne peux croire

Que se perdent les mots

Imaginer qu'un jour

Le feu du ciel s'évapore et puis se glace

Ou qu'il n'y aura plus d'abeilles et de gesses odorantes

Ni même le vent

Qui ondoie le visage des collines et des dunes



Non je ne veux croire

A la réprimande des roses

A l'outrageux jugement des fleurs,

Aux poésies qui se meurent

Puisque mes illusions ne sont que rubis

Et que l'Afrique m'a juré de sa grâce

Pour caresser sans cesse

La langueur fauve des matins

....Les petits matins calmes et fuchsia,

Quand le soleil s'effiloche et mue d'Est en Ouest

De mille naissances,

De mille couleurs,

De mille fraîcheurs

De mille chaleurs

S'abreuvant des nomades du levant,

Des premiers peuls engourdis

Dans le linceul humide du Kilimandjaro,

Et qu'il y a tant à dire

...Toujours

Sur la lenteur de l'horizon qui embarque

Le désert et les sables brûlants

Et qu'enfin

S'épuise et s'allonge le couchant

De l'autre côté

Là où le dernier peul

Dans les draps bleus et salés de Gorée

Jette sur l'océan un ultime regard

Comme un adieu

Quand meurt le soleil lourd

Qui fond le ciel et les vagues

....Et que tout ne recommence jamais pareil,

Pour la gourmandise des poètes.



Christine Martinetto
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 22 octobre 2007 15:12

"Plus nue", un poème de Badia Benjelloun

Plus nue

Que la vie soit plus nue
Qu'elle renonce à se déliter
Que son plus grand festin soit de s'inobserver

Plus, pas d'attribut.
Encourir cela,
Et être l'aube, le rougeoiement au lointain,
qui articule la rosée vibrante
à mes pieds fatigués et moussus.

Badia Benjelloun
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le dimanche 21 octobre 2007 05:40