Antisémitisme : l'emballement médiatique

Antisémitisme : l'emballement médiatique

Samedi 21 juin, à l'issue de la fête de la musique, un adolescent a été violemment agressé par plusieurs autres jeunes dont l'implication dans ces actes reste encore à démontrer. Seulement, la victime en question portait une kippa et respectait les rites juifs, ce qui a automatiquement associé le tabassage à l'antisémitisme.

Avant même les conclusions de l'enquête, les politiciens défilent pour exprimer toute leur indignation envers toute forme de racisme. La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et le président, Nicolas Sarkozy, montent au créneau pour exprimer leur « profonde émotion » suite à ce fait divers.

Mais après l'agression fictive du RER D, œuvre d'une mythomane en mal de reconnaissance, on pouvait s'attendre à un peu plus de circonspection de la part des médias et du monde politique sur le thème houleux de l'antisémitisme. Depuis, les dirigeants politiques de la majorité ou de l'opposition, qui ont allégrement apporté du crédit aux dires de la jeune femme malade, n'ont pas daigné faire leur mea culpa. Pire encore, ils ont justifié leurs débordements, arguant que l'agression imaginaire aurait pu se dérouler. Car, à cette époque, il était de bon ton de jeter l'opprobre sur les jeunes, originaires du Magreb ou des pays de l'Afrique sub-saharienne à majorité musulmane, réputés antisémites. Peu importe si ces accusations devaient peser sur la vie professionnelle et quotidienne des habitants des banlieues pauvres, puisque les rédacteurs et les hommes politiques se croyaient dans leur bon droit. En persistant dans le procès d'intention envers la communauté musulmane, les médias ont fait preuve d'un sectarisme tout aussi grave que l'antisémitisme qu'ils entendaient dénoncer.

Mais, cette fois, il semble que la réalité de l'agression ne fasse pas de doute. Pourtant, porter une kippa ne constitue pas un élément suffisant pour tirer des conclusions sur les motifs de ce drame. A moins d'avoir abreuvé l'adolescent d'insultes ou de propos sans ambiguïté, ne se baser que sur la présence d'un signe religieux pour hurler au racisme, c'est montrer une certaine malhonnêteté intellectuelle. D'ailleurs, il est fort à parier que, dans les jours suivants, les médias donneront le ton d'une grand débat national sur le thème de la haine anti-juive avec comme principaux accusés les mahométans dans leur ensemble. Après l'affaire du mariage annulé, les temps s'annoncent durs pour tous les croyants musulmans. Pourtant, jusqu'à nouvel avis, les actes antisémites les plus effroyables sont l'œuvre d'une Europe issue du christianisme.

Une croyance populaire veut qu'on attribue facilement aux autres nos propres défauts. Or, il est certain que l'Europe postérieure à la Shoah montre un certain malaise face aux atrocités de ce génocide et qu'elle peine à se libérer de sa culpabilité. Elle se borne à reconnaître dans des actes parfois insignifiants l'expression de ses vieux travers. Tiraillée entre sa nostalgie des pogroms et le choc émotionnel de l'holocauste, elle montre une attitude sado-masochiste, entre culpabilité et fantasme violent. Comme l'homophobe qui croit voir des invertis à chaque coin de rue, elle voit partout l'antisémitisme dont elle vit par procuration. Cette violence la fascine autant qu'elle la dégoûte. Rien d'étonnant dès lors à ce que le thème la passionne et qu'elle saute sur la moindre occasion pour tomber en contrition et affirmer son dégoût pour toute forme de haine, tout en l'entretenant avec dévotion.

Pire encore, les médias tendent encore à souffler sur les braises en accordant du crédit aux accusations d'antisémitisme d'associations prétendument représentatives de la communauté juive. Ces dernières tendent parfois à percevoir des actes racistes là où on n'en décèle nulle trace, et le soutien d'une partie de la presse ne les encourage pas à faire preuve de recul et de tempérance.

Quoi qu'il en soit, la récupération politique et médiatique de ce fait divers semble inévitable. Mais espérons que, cette fois, les divers éditorialistes sauront faire preuve d'un minimum de sang froid et attendrons les conclusions de la justice avant d'ajouter leur grain de sel à cette affaire. Enfin, on peut toujours rêver...


AgoraVox

# Posté le dimanche 29 juin 2008 10:43

Le Cauchemar, lettre de prison

Message à Wahoub qu'on dit terroriste
Oscar Flores

Wahoub Fayoumi, journaliste à la RTBF a été arrêtée et mise en prison! Ils disent que c'est une terroriste, qu'elle est dangereuse pour nous et qu'il faut donc l'enfermer!

La jeune femme que je connais n'est ni terroriste, ni dangereuse, au contraire, c'est une femme intelligente, sensible aux problèmes sociaux, aux plus démunis, que son engagement a poussée au point de laisser une partie d'elle-même devant un centre fermé pour étrangers en 2003.


Je l'ai connue quelques mois après, quand elle est venue avec d'autres nous chercher pour un coup de main car dans leur quartier une centaine de personnes avaient été arrêtées.
La police avait perquisitionné très tôt le matin, des femmes, des enfants et des vielles personnes ont été embarquées sans aucune distinction, tout simplement parce qu'elles n'avaient pas de documents en règle, des "sans papiers".

A l'époque j'ignorais complètement l'existence même de cette réalité, mais Wahoub et ses amis nous ont montré une face cachée de la Belgique, celle qu'on ne voit pas si on ne prête pas attention et dans laquelle des milliers de personnes souffrent des conséquences de politiques de plus en plus dures contre les étrangers.

Les mois qui ont suivi cette rafle de 2003 sont devenus pour moi des prises de conscience qui ont bouleversé mes projets comme des coups de poing dans la gueule qui vous laissent un goût amer dans la bouche et une furieuse envie de vous battre.

Ceci est arrivé pendant les vacances d'été, sous le contraste d'un soleil radieux. Un baptême célébré avec des Afghans dans l'église de St Croix à la place Flagey, des Iraniens au foyer de l'ULB et Semira Adamu à la salle de la Madeleine. Je ne t'oublie pas mon amie, car grâce à toi une partie de moi a changé pour toujours et je t'en remercie ! Notre esprit critique nous pousse à mettre en cause l'organisation sociale et économique du système, ceci n'est nullement une raison pour nous traiter de terroristes.

Et si aujourd'hui ils disent que tu es dangereuse alors moi aussi je le suis et ils devront m'arrêter, ainsi que tous les autres qui ne baissent pas les yeux devant tant d'injustices.

Derrière mes barreaux à moi, je t'embrasse chère Wahoub et je t'attends pour continuer le combat ensemble!

Oscar Flores / 0496 40 33 09

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Le Cauchemar, lettre de prison
By Wahoub Fayoumi on 18/06/2008 - 20:18

Mardi 17 juin 2008, 07:08

Je suis journaliste. Mais ce n'est pas pour ça que j'écris aujourd'hui. Ce texte est mon témoignage. Quelque chose d'immense et d'effrayant m'est arrivé, il y a plus d'une semaine.

C'était jeudi. Le 5 juin, c'est l'anniversaire de mon compagnon. A 5h00 du matin, on frappe à la porte. Je dormais encore, je m'habille vite, ça a l'air important. Lorsque j'ouvre, je vois des policiers dans la cage d'escalier. Il y en a beaucoup. Je pense à un cambriolage. On me dit que c'est pour une perquisition. Chez moi ? « Vous venez chez moi ? » je dis. Oui. Je leur demande pourquoi. « On ne sait pas. On a juste un mandat. » Ils entrent. « Vous êtes seule ? Vous êtes sûres ? » Ils sont 6 ou 7. Ce n'est pas normal. « Que ce passe-t-il ? » je dis. Sur le papier, il y a écrit « terrorisme », « urgence ». « Vous êtes privée de liberté, madame. » On ne réalise rien à ce moment-là. On ne comprend simplement pas les mots. La tête tourne. Ils fouillent. Tout. La cuisine, la salle de bain, mes vêtements, mes livres. Ils mettent des choses de côté, ils disent « on saisit ». ça dure 3 heures. Ils prennent les ordinateurs, des affiches, des livres, un bouquin en arabe. Je leur dit « je dois aller au travail. » « Je ne pense pas que ce soit possible. » Je voudrais téléphoner, mon GSM est déjà saisi. Mon équipe attendra à Reyers, mon compagnon aussi, je ne verrai pas mon frère qui prépare un voyage de plus d'un an en Espagne et au Mali. Personne ne saura où je suis aujourd'hui.

« Au bureau » comme ils disent, c'est l'interrogatoire. Des questions sur mon nom, mon âge, mon loyer, mon numéro de carte de banque, mes opinions politiques, mes amis. Des heures passent, je commence à trembler. Aux questions auxquelles je réponds « je ne sais pas », ils insistent. Avant de comprendre ce qu'ils veulent. Le choc se diffuse lentement, à chaque question. C'est l'après-midi. J'aperçois des hommes cagoulés, armés. Ils viendront me chercher. Il doit être 17 ou 18 heures. Je suis menottée, attachée par une corde que tiennent deux hommes. Je suis masquée, je ne peux rien voir. Trajet en voiture. Sirènes hurlantes, escorte. Arrivée au Palais de Justice. Des couloirs, des ascenseurs, je ne vois rien. On s'arrête. Un homme m'enlève les menottes, mains sur la tête ; un autre, le masque. Je suis face à un mur gris. Une porte se ferme. Je n'ai vu personne. Je n'ai rien vu à part cette porte grise qui s'est fermée, grise comme les murs, comme le rebord en béton. Les murs lisses, affreusement lisses. Il n'y a aucune ouverture. J'ai l'impression d'étouffer. Envie de taper sur ces murs lisses. Je ne dois pas pleurer. Personne ne m'a dit un mot. J'attends. Des heures. 20h ? 22h ? Interrogatoire chez la juge d'instruction. « Vous n'avez pas tout dit ». Un cauchemar qui se poursuit. Je ne sais pas où j'ai mal. Ça va s'arrêter, j'en suis sûre. Je pleure quand elle parle de ma famille. C'en est trop.

A nouveau le cachot. Ma tête est raide. Je m'allonge sur le rebord en béton. Quelle heure est-il ? Est-ce que le temps s'allonge ou se rétrécit ? On reviendra me chercher. Chez la juge, dans ce bureau allumé au fond d'un couloir. « J'ai hésité » elle dit. Alors je sais. Sur mon mandat d'arrêt, il est 2h30.

C'était il y a une semaine et quatre jours. Beaucoup de choses à dire sur le mandat d'arrêt, sur l'inculpation, sur les méthodes.

Des méthodes de cowboys, des interrogatoires où on renverse la charge de la preuve. On m'a épié, surveillée, mise sur écoute, analysé mes comptes bancaires et mon écriture, depuis plus d'un an. Attendait-on de moi que je conforte une hypothèse de départ ? Que je donne des noms qui alimenteraient leur idée ? Leur enquête est restée désespérément vide. Est-ce pour cela que je suis en prison ? Sommes-nous là parce qu'il DOIT y avoir quelque chose ? Il suffirait alors de bien peu : d'affirmer des solidarités, d'avoir des idées politiques. Je l'ai entendu à notre charge, ces idées politiques ont été présentées comme en soi terroristes !

Je n'ai jamais caché mon engagement. Il est public, libre et réfléchi. Défendre des étudiants, des sans-papiers, des prisonniers politiques, se battre pour un monde plus juste, ce ne sont pas des engagements dont on doit avoir honte. Si je n'avais pas été ici, j'aurais été devant ces prisons, j'aurais écrit des communiqués, j'aurais contacté des associations.

La souffrance de ma mère et de mes frères, la solitude de mon compagnon, la tristesse de mes amis, l'incompréhension sur mon lieu de travail, la privation de liberté de quatre militants, la criminalisation de la solidarité, sont-ils des prix à payer ?

Wahoub

Prison de Berkendael


http://www.indymedia.be/fr/node/28136

# Posté le dimanche 29 juin 2008 10:35

Non à la directive "retour", non à la directive de la honte : Appel aux députés européens


Non à la directive "retour", non à la directive de la honte

Appel aux Députés européens

17/06/2008 . Le 18 juin 2008 à Strasbourg, le Parlement européen devra se prononcer sur la Directive "Retour", concernant les étrangers en séjour irrégulier dans l'Union européenne.

Ce texte, qui a été approuvé par le Conseil des ministres de l'intérieur de l'Union européenne, prévoit que le temps de détention administrative des immigrés en séjour irrégulier pourra être prolongé jusqu'à 18 mois. C'est là une mesure complètement disproportionnée, une véritable criminalisation des immigrés qui se voient ainsi privés de liberté, et qui sont détenus dans des lieux inhumains et dégradants, alors même qu¹ils n¹ont commis aucun délit.

La directive prévoit, entre autres, la possibilité d'incarcérer et d'expulser des mineurs non accompagnés, de déporter les immigrés vers des pays qui ne sont pas leurs pays d'origine et de leur interdire de revenir dans l¹Union européenne pour une période pouvant aller jusqu'à cinq ans à compter du jour de leur expulsion.

Dans la version finale du texte, ont été supprimées diverses garanties et dispositions destinées à permettre aux immigrés d¹introduire des recours légaux contre leur expulsion, ce qui pourrait priver les immigrés souhaitant demander l'asile politique d¹exercer ce droit essentiel.

Parce que cette directive sape les normes européennes et internationales de respect des droits de l'homme et aggrave encore les conditions d'accueil des migrants;

Parce qu'elle ne concerne pas seulement la politique migratoire de l'UE, mais qu'elle porte atteinte à la nature même de notre modèle de société;

Parce que la loi doit être égale pour tous et toutes, et que les libertés fondamentales ne sont pas négociables,

Nous faisons appel aux parlementaires européens pour qu¹ils rejettent cette directive.



Premiers signataires:



France: Manu Chao, chanteur ;Susan George, écrivain et économiste, membre fondateur d'ATTAC; Toure Kunda, musicien; Philippe Diaz, cinéaste;

Belgique: Pierre Mertens, écrivain; Luc et Jean-Pierre Dardenne, cinéastes; France Arets, porte-parole du Collectif de Résistance Aux Centres Pour Etrangers CRACPE, Liège; Georges-Henry Beauthier, Avocat, ex-président de la Ligue des Droits de l'Homme; Céline Delforge, députée de la région bruxelloise, ECOLO; François Houtart, professeur émérite de l'Université catholique de Louvain-la-Neuve; Karine Lalieux, députée fédérale belge, PS; Philippe Moureaux, sénateur belge, PS; Clotilde Nyssens, députée fédérale belge, CDH; Carine Russo, Les Marches Blanches, sénatrice belge ECOLO; Dan Van Raemdonck, Président d'honneur de l'Association européenne pour la défense des droits de l'Homme AEDH, Vice-président de la Fédération International des Droits de l'Homme FIDH; Eric Toussaint, Docteur en sciences politiques, président du CADTM Belgique; Thierry Michel, cinéaste

Allemagne: Elmar Alvater, professeur de l'Université libre de Berlin; Friederike Habermann, écrivain; Birgit Mahnkopf, professeur de l'Ecole d'économie de Berlin; Morus Markard, professeur de l'Université libre de Berlin; Albert Scherr, président du Comité pour les droits fondamentaux et la démocratie et professeur universitaire; Martin Singe, membre du Comité pour les droits fondamentaux et la démocratie;

Espagne : Pilar Bardem, actrice; Marcelino Camacho, syndicaliste; Jaume d'Urgell, journaliste, directeur de la revue democracia.es; Rosa Regás, écrivain et ancienne directrice de la "Biblioteca Nacional";

Grèce: Michalis Grigoriou, architecte et professeur de l"Ionian University", Dimitrios Halastis, artiste; Yannis Kakoulides, écrivain; Tasos Koronakis, Forum Social Grec; Georgios Makris, acteur; Jina Politi, professeur de Aristotle University; Nadia Valavani, écrivain et économiste;

Italie: Moni Ovadia, acteur, écrivain; Margherita Hack, astrophysicienne; Danilo Zolo, philosophe et juriste; Wilma Labate, cinéaste;

Portugal: Jorge Silva Melo, cinéaste, acteur et écrivain; Luis Moita, directeur adjoint de l'Université autonome de Lisbonne.


Source : CADTM
URL : http://www.cadtm.org/spip.php?article3470
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# Posté le dimanche 29 juin 2008 10:27

Elections rabbiniques : Un enjeu pour le droit des femmes dans le Judaïsme


Olivia Cattan : Elections rabbiniques : Un enjeu pour le droit des femmes dans le Judaïsme

samedi 7 juin 2008


Paroles de femmes adresse un communiqué au Consistoire de France et aux Institutions juives, concernant les nouvelles Elections rabbiniques du 22 juin 2008.

Par Olivia Cattan, Présidente de l'association Paroles de femmes
Olivia Cattan, Présidente de l'association Paroles de femmes, demande aux Rabbins Joseph Sitruk et Gilles Bernheim de définir plus clairement leur position sur le problème du divorce unilatéral encore en vigueur en France aujourd'hui et sur le traitement en profondeur de l' amélioration du statut de la femme dans le Judaïsme. Ont-ils prévu une nouvelle législation permettant aux hommes et aux femmes de divorcer en toute égalité ? Ont-ils prévu, comme le proposait l'association Paroles de femmes, un cours sur l'égalité des sexes obligatoire lors de la formation des Rabbins et une campagne de prévention plus active concernant les violences au sein de toutes les communautés ?

Paroles de femmes espère que les nouvelles Elections rabbiniques marqueront un profond changement en matière de droit des femmes en France et que l'inégalité dont elles sont encore victimes, notamment en matière de divorce et de non mixité, sera l'un des principaux objectifs du nouveau Grand Rabbin de France. Il est temps que le statut égalitaire des femmes fixé par la loi républicaine soit appliqué dans le Judaïsme.

Olivia CATTAN Présidente de Paroles de Femmes www.parolesdefemmes.org

Blog des Héritiers d'Ibn Rochd

Reproduction autorisée avec mention de la source : © www.prochoix.org

# Posté le dimanche 29 juin 2008 09:57