L'enjeu d'un procès

Par Nourredine Saadi
Chroniqueur - Le Matin.

Que dire encore et qui ne répéterait pas cette extraordinaire (mais on peut toujours faire plus !) mobilisation pour la libération de Benchicou et des journalistes arbitrairement détenus ?
Dans ce pays où les hommes poussés par de médiocres intérêts ou vaincus par la désespérance, la peur ou l'indifférence se sont habitués à tout, il est heureux que des voix se soient élevées – quelles que soient par ailleurs leurs opinions et idées – simplement pour dénoncer un faux-procès, un paravent de justice, une parodie mensongère.
Grâce à l'action multiforme entreprise en Algérie et dans le monde par les divers comités de soutien, des milliers de pétitionnaires, des articles de presse, des conférences et meetings, des organisations ou des associations nationales ou internationales, des lecteurs et des internautes, plus personne n'ignore que Benchicou est engéolé depuis le 14 juin à El Harrach pour un magistère morale : la fidélité à ses idées et son talent de journaliste.
Qu'on les partage ou pas, il est inacceptable qu'un pouvoir utilise le subterfuge et instrumentalise la justice pour assouvir la vengeance ou la haine de ceux qui nous gouvernent.
Tous ceux qui ont participé ou assisté à l'audience du 14 juin savent que ce fut un simulacre, une mascarade, de procès.
Y compris – je le crois – la procureur qui mena la charge et la présidente qui le condamna à deux années d'enfermement.
Aussi est-il souhaitable qu'il en soit autrement lors du procès en appel. Le 11 août Mohamed Benchicou, cette fois-ci menotté sans doute, sera de nouveau devant des juges. Répétera-t-on de nouveau cette tragi-comédie qui a consisté à instruire « l'affaire de Mohamed Boualem poursuivi pour détention de bons de caisse ? » Une audience imaginaire pour un délit fictif alors qu'il s'agissait d'incarcérer un stylo !
Il est à espérer qu'on n'ajoute pas au ridicule, l'aveuglement et la bêtise. Il est à craindre en effet que la date du 11 août – sans doute nécessitée par les délais légaux de la procédure – ne soit l'occasion pour inaugurer une justice d'été comme on nous a malheureusement habitués à une justice de nuit. La période caniculaire a toujours été utilisée, ici comme ailleurs, pour faire passer dans le calendrier politique les décisions impopulaires ou les coups fourrés.
Ce serait encore là un mauvais calcul car on n'enferme pas indéfiniment la liberté.
L'extraordinaire harcèlement dont fait l'objet Le Matin prouve à lui seul – s'il en était encore besoin – que c'est son directeur qui est poursuivi par la vindicte vengeresse et la haine. Mais ce procès risque de faire métastase sur toute la presse algérienne qui refuserai de céder aux sirènes, à la répression ou à la corruption.
Car n'eut été le fait que Benchicou incarcéré doit retrouver au plus tôt la liberté – fut-elle judiciairement provisoire – le véritable enjeu du procès du 11 août est celui, en une phrase simple, du droit à l'expression pluraliste et à la liberté de la presse.
Pour le reste, un simple rappel de mémoire à ceux pour qui l'occulte a pris le pas sur le droit : Déjà en 1992 Le Matin avait subi une longue suspension et un journal titrait le 3 septembre « C'est définitif. Le Matin a licencié ses journalistes et s'apprête à se mettre en faillite ». Le quotidien matinal de référence reprit bientôt, titrant : « Les gouvernements passent et les journalistes restent. A bientôt Le Matin ».
Combien de présidents, de ministres et de généraux sont passés depuis ? A méditer.
N. S.
Fait le 10 août 2004

# Posté le vendredi 13 mai 2005 11:33

La violence excusée

"Chacune d'entre nous est terrorisée par une éducation qui infecte l'esprit"
Nurit Peled-Elhanan à la Journée Internationale des Femmes,
Parlement européen Strasbourg, 8 mars 2005



Nurit Peled n'est pas seulement israélienne. C'est une opposante israélienne dont la fille de 14 ans est morte il y a plusieurs années dans un attentat kamikaze. Nurit Peled a fondé l'association des familles iraéliennes et palestiniennes victimes de violences. Ses deux fils sont refuzniks. Invitée le 8 mars dernier à s'exprimer devant le Parlement européen, à l'occasion de la Journée des Femmes, voici ce qu'elle a déclaré.

"Merci de m'avoir invitée à cette journée. C'est toujours un honneur et un plaisir d'être ici, parmi vous.

Cependant, je dois admettre que je crois que vous devriez avoir invité une femme palestinienne à ma place, parce que les femmes qui souffrent le plus de la violence dans mon pays sont les femmes palestiniennes. Et je voudrais dédier mon discours à Miriam R'aban et à son mari Kamal, de Bet Lahiya dans la bande de Gaza, dont les cinq petits enfants ont été tués par des soldats israéliens alors qu'ils ramassaient des fraises dans le champ de fraises de
la famille. Personne ne passera jamais en jugement pour ce meurtre.
Lorsque j'ai demandé aux gens qui m'ont invitée ici pourquoi ils n'invitaient pas de femme palestinienne, leur réponse a été que cela rendrait la discussion "trop localisée".
Je ne sais pas ce qu'est la violence non localisée. Le racisme et la discrimination peuvent être des concepts théoriques et des phénomènes universels, mais leur impact est toujours local, et bien réel. La douleur est locale, l'humiliation, les abus sexuels, la torture et la mort sont tous très locaux, de même que les cicatrices.

Il est malheureusement vrai que la violence locale infligée aux femmes palestiniennes par le gouvernement d'Israël et l'armée israélienne s'est étendue sur toute la planète. En fait la violence d'Etat et la violence de l'armée, la violence individuelle et collective, sont le lot des femmes musulmanes aujourd'hui, pas seulement en Palestine mais partout où le monde occidental éclairé pose son grand pied impérialiste. C'est une violence qui n'est presque jamais abordée et que la plupart des gens en Europe et aux Etats-Unis excusent du bout des lèvres.
C'est ainsi parce que le soi-disant monde libre a peur de l'utérus musulman.

La grande France de la liberté l'égalité et la fraternité [en Français dans le texte] est effrayée par des petites filles avec des foulards sur la tête, le Grand Israël juif a peur de l'utérus musulman que ses ministres qualifient de menace démographique. L'Amérique toute-puissante et la Grande-Bretagne contaminent leurs citoyens respectifs avec une crainte aveugle des Musulmans, qui sont dépeints comme vils, primitifs et assoiffés de sang - en plus d'être non démocratiques, chauvins/ machistes et des producteurs en masse de futurs terroristes. Cela en dépit du fait que les gens qui détruisent le monde aujourd'hui ne sont pas musulmans. L'un d'entre eux est un Chrétien dévot, l'un est Anglican et l'autre est un Juif non pieux.

Je n'ai jamais vécu la souffrance que les femmes palestiniennes subissent tous les jours, toutes les heures, je ne connais pas le genre de violence qui fait de la vie d'une femme un enfer constant. Cette torture physique et mentale quotidienne des femmes qui sont privées de leurs droits humains fondamentaux et de leurs besoins fondamentaux d'une vie privée et de dignité, des femmes dont on entre par effraction dans la maison à toute heure du jour et de la nuit, à qui on ordonne sous la menace d'une arme de se mettre nue en se déshabillant devant des étrangers et devant leurs propres enfants, dont les
maisons sont détruites, qui sont privées de leurs moyens d'existence et de toute vie de famille normale. Ceci ne fait pas partie de mon épreuve personnelle. Mais je suis une victime de la violence contre les femmes dans la mesure où la violence contre les enfants est en fait une violence contre les femmes. Les femmes palestiniennes, irakiennes, afghanes sont mes soeurs parce que nous sommes toutes prises dans l'étreinte des mêmes criminels sans scrupules qui se désignent comme les dirigeants du monde éclairé libre et qui, au nom de cette liberté et de ces lumières, nous volent nos enfants. De plus, les mères israéliennes, américaines, italiennes et britanniques ont été, pour la plupart, violemment aveuglées et décervelées à un point tel qu'elles ne peuvent pas se rendre compte que leurs seules soeurs, leurs seules alliées dans le monde sont les mères musulmanes pales! tiniennes, irakiennes ou afghanes dont les enfants sont tués par nos enfants ou qui se font exploser en morceaux avec nos fils et nos filles. Elles sont toutes infectées par les mêmes virus engendrés par les politiciens. Et les virus, bien qu'ils puissent avoir divers noms illustres comme Démocratie, Patriotisme, Dieu, Patrie, sont tous les mêmes. Ils font tous partie d'idéologies fausses et truquées qui ont pour intention d'enrichir les riches et de donner du pouvoir aux puissants.

Nous sommes toutes les victimes de la violence mentale, psychologique et culturelle qui fait de nous un seul groupe homogène de mères endeuillées ou potentiellement endeuillées. Les mères occidentales à qui on apprend à croire que leur utérus est un atout national tout comme on leur apprend à croire que l'utérus musulman est une menace internationale.
On les éduque pour qu'elles ne s'exclament pas : « Je lui ai donné naissance, je lui ai donné le sein, il est à moi et je ne le laisserai pas être celui dont la vie vaut moins que le pétrole, dont l'avenir a moins de valeur qu'un lopin de terre".

Chacune d'entre nous est terrorisée par une éducation qui infecte l'esprit pour que nous croyions que tout ce que nous pouvons faire c'est soit prier pour que nos fils reviennent à la maison ou être fières de leurs corps morts.

Et nous avons toutes été élevées pour supporter tout ceci en silence, pour contenir notre crainte et notre frustration, pour prendre du prozac pour l'anxiété, mais jamais acclamer Mère Courage en public. Ne jamais être de vraies mères juives ou italiennes ou irlandaises.

Je suis une victime de la violence d'Etat. Mes droits naturels et civils en tant que mère ont été violés et sont violés parce que j'ai à craindre le jour où mon fils atteindra son 18ème anniversaire et me sera enlevé pour être l'instrument du jeu de criminels tels que Sharon, Bush, Blair et leur clan de généraux assoiffés de sang, assoiffés de pétrole, assoiffés de terre.

Vivant dans le monde dans lequel je vis, dans l'Etat dans lequel je vis, dans le régime dans lequel je vis, je n'ose pas offrir aux femmes musulmanes quelque idée que ce soit sur la manière de changer leurs vies. Je ne veux pas qu'elles enlèvent leurs foulards ou éduquent leurs enfants différemment, et je ne les presserai pas de constituer des Démocraties à l'image des démocraties occidentales qui les méprisent elles et les gens de leur sorte. Je veux juste leur demander humblement d'être mes soeurs, exprimer mon admiration pour leur persévérance et leur courage de continuer, d'avoir des enfants et de maintenir une vie de famille pleine de dignité en dépit des conditions impossibles dans lesquelles mon monde les met. Je veux leur dire que nous sommes toutes liées par la même douleur, nous sommes toutes les victimes des mêmes sortes de violences même si elles souffrent bien davantag! e, parce que ce sont elles qui sont maltraitées par mon gouvernement et son armée, avec l'aide de mes impôts.

L'islam en soi, comme le judaïsme en soi et le christianisme en soi, n'est pas une menace pour moi ou pour qui que ce soit. C'est l'impérialisme américain, c'est l'indifférence et la coopération européennes, et le régime israélien raciste et cruel d'occupation qui en sont une. C'est le racisme, la propagande dans l'éducation et la xénophobie inculquée qui convainquent les soldats israéliens d'ordonner aux femmes palestiniennes, sous la menace des armes, de se déshabiller en face de leurs enfants pour des raisons de sécurité, c'est le manque de respect le plus profond pour l'autre qui permet aux soldats américains de violer des femmes irakiennes, qui donne une licence aux geôliers israéliens pour garder des jeunes femmes dans des conditions inhumaines, sans les aides hygiéniques nécessaires, sans électricité en hiver, sans eau propre ou matelas propres et pour les s&#! 233;parer de leurs bébés et de leurs tout-petits nourris au sein. Pour leur barrer la route vers les hôpitaux, pour bloquer leur chemin vers l'éducation, pour confisquer leurs terres, pour déraciner leurs arbres et les empêcher de cultiver leurs champs.

Je ne peux pas complètement comprendre les femmes palestiniennes ou leur souffrance. Je ne sais pas comment j'aurais survécu à une telle humiliation, à un tel manque de respect de la part du monde entier. Tout ce que je sais est que la voix des mères a été étouffée pendant trop longtemps sur cette planète dévastée par la guerre. Le cri des mères n'est pas entendu parce que les mères ne sont pas invitées aux forums internationaux comme celui-ci. Cela je le sais, et c'est très peu. Mais c'est assez pour que je me souvienne que ces femmes sont mes soeurs et qu'elles méritent que je crie pour elles et me batte pour elles. Et quand elles perdent leurs enfants dans des champs de fraises ou sur des routes crasseuses près des check points, quand leurs enfants sont abattus sur le chemin de l'école par des enfants israéliens qui ont été élevés pour croire que l'amour! et la compassion s'exercent en dépendant de la race et de la religion, la seule chose que je puisse faire est de me tenir à leurs côtés et à ceux de leurs bébés trahis et de demander ce qu'Anna Akhmatova, une autre mère qui a vécu dans un régime de violence contre les femmes et les enfants, avait demandé : Pourquoi ce filet de sang déchire-t-il le pétale de ta joue ?"
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# Posté le mardi 10 mai 2005 19:26

"La liberté a un prix et il faut savoir payer"

Onze mois, bientôt un an ! que Mohamed Benchicou, directeur du Matin, est emprisonné .
Alors que les autorités algériennes parlent "d'Amnistie générale" pour les violences criminelles commises depuis la dernière décennie, en Algérie, des journalistes sont condamnés à des mois de prison ferme pour des écrits publiés dans la presse.

Madame Benchicou qui a rencontré son mari au parloir de la prison d'El Harrach a fait part , à Alger, au collectif de solidarité, du message ci-dessous de Benchicou


Message de Mohamed Benchicou

A ses lecteurs, ses confrères, ses amis


"La liberté a un prix et il faut savoir payer"
Hier au parloir de la prison d'El-Harrach, j'ai vu Mohamed, au lendemain de son 53e anniversaire passé en prison et à la veille de la célébration de cette Journée mondiale de la presse qu'il aurait tant aimé partager avec vous. Il reste debout malgré l'arthrose cervicale qui s'aggrave et qui le fait terriblement souffrir et que les autorités judiciaires refusent de le laisser soigner.

Il pense à vous. Il m'a chargée de demander à ses lecteurs et à ses confrères de continuer à croire en notre combat et de garder espoir en notre Algérie. Il vous dit qu'au onzième mois de sa détention, il refuse de baisser le front et que son emprisonnement n'est qu'une des palpitations de l'Algérie en lutte pour sa dignité. Il m'a dit : “La liberté a un prix qu'il faut savoir payer.” A ses lecteurs, il dit ne rien regretter de ce qu'il a écrit ou fait paraître à leur intention. Il leur dit que : “ Le Matin a toujours vécu dans le droit de dire ce qu'il savait sur son époque et sur les hommes. De dire tout. Non pour ajouter à l'insupportable malheur de l'Algérie, mais pour tracer, sur cette terre incertaine de modestes sillons de lumière qui pourraient nous indiquer la sortie. L'Algérie, le peuple algérien a besoin d'espérer.

Mais si tout se tait, les voilà désespérés et nous aussi. On ne peut accepter cela.”

A ses amis, il dit simplement merci. A ses confrères qu'il salue chaleureusement en ce 3 mai, il souhaite qu'ils continuent, comme ils le font aujourd'hui, à garder le verbe haut et la plume fière malgré le glaive du bourreau. C'est, m'a-t-il dit, la seule façon aujourd'hui et maintenant d'être digne de ceux qui nous ont précédés et de ceux qu'on nous a arrachés.

Ceux-là, Djaout, Mekbel, Yefsah, Ameyar, Ouartilane, Maâtoub, ceux-là ont plus besoin d'être continués que commémorés ou consacrés. Nos geôliers comme leurs prisons sont impuissants à nous détourner de notre belle cause. Notre cause est belle. Comme la liberté.


Fatiha Benchicou

# Posté le samedi 07 mai 2005 19:27

Kenza

Le ciel était d'un bleu effrayant. Les façades blanches des Hlm donnent le vertige. Tahar ne regardait pas : huit heures trente minutes. Avec l'encombrement il arriverait juste à neuf heures au journal « Ruptures », un hebdomadaire u'il venait de fonder avec une bande de joyeux et non moins graves journalistes. Il venait de quitter Algérie actualités où il venait d'écrire, à l'occasion d'un reportage à Bougie : « La langue arabe est-elle un vautour ? Faut-il que la lanque bérbère meurt pour que celle-ci vive ? » A la Brasserie des facultés, un journalliste mais néanmoins natif de Bougie, lui reproha : « Pourquoi as-tu trouvé cette formule avant moi ? » Tahar esquiva : «Ne te fâhe pas...C'est dans ta ville natale que je l'ai trouvé, cette formule. » Ils éclatèrent tous deux d'un rire complice.Il s'installe dans sa voiture et actionne le démarreur, laissant le moteur ronfler quelques instants. Il fait un signe de main accompagné d'un large sourire à travers le pare-brise. Sa fille de quatre ans est penchée au balcon du premier et le regarde, attendanr déjà son retour. Mais elle aime bien ces moments d'intense complicité avec son papa, pendant que sa mère est affairée à la cuisine. Elle est trop jeune pour aller à l'école, cela ne l'empêche pas de se lever chaque matin à la même heure que son père pour regarder partir celui-ci, comme chaque fin de journée elle attendait son retour. Tahar est aussi impatient de revenir jouer ces tresses un peu rousses (elle tenait cela de sa mère) qui s'amusent ce matin avec le reflet du soleil par dessus le balcon. Par association d'idées,un début de texte vint trotter dans sa tête : « Ce jour-là le soleil fut mis à la porte parce que de toute façon on n'aurait pas besoin de lui avant longtemps... Le soleil avait donc trébuché sur un tas de cartes postales et dans la mêlée il perdit sa carte d'identité. Il en fut alarmé. Il n'y avait même pas de miroirs dehors. Encore mois de mémoire. Tant pis... Tant pis ! Et il resta dehors. Mais depuis qu'il connut Kenza, chaque matin en la voyant, il devenait écarlate. Il lui écrivait ainsi des contes, lui demandant de les continuer. C'était le dernier jour de la semaine. En début de soirée, il allait, avec sa famille franchir less cent trente kilomètres qui le séparaient, d'Oulkhou, sur les hauteurs d'Azzefoun, leur village natal, pour le week end. Azzefoun a l'immensité et la pauvreté de la méditerrannée. Les enfants d'Azzefoun quittaient ce bourg avant leur majorité, parfois pour la capitale, d'autre fois ils traversaient la mer. Ils partaient avec, dans leur baluchon, les légendes qu'on leur contait sur Iguerbouhène, Issiakhem, El Anka. Légendes tant de fois apprises que les enfants d'Azeffoun partaient avant qu'elles ne deviennent mythiues. Azzefoun a donné ses artistes au pays., mais le pays ne lui a rien donné.
L'un resta en retrait pendant que l'autre, habillé d'un jean, d'une veste de survêtement et chaussé d'une paire de tennis, une serviette à la main, s'approche du véhicule. Il toque doucement à la vitre du conducteur. Tahar se retourne, dissimulant sa contrariété : il allait arriver en retard. Il entreprend de de descendre la vitre. « Encore un manuscrit » se dit Tahar. Il est sans cesse harcelé par de jeunes auteurs ui veulent faire connaître leurs texte, souhaitent obtenir une recommandation pour un éditeur ou, tout simplement, dans le désir d'être lu par quelqu'un qui sait ce qu'écrire veut dire.
Pendent qu'ilm baisse la vitre, le jeune homme est déjà à la portière. Il ouvre sa serviette, en sort un Herstal et tire deux fois, sans viser.
Le deuxième coup de feu est superflu. Enore quelque aslques assassinats et le tueur aurait enfin sa promotion d' émir. Alors là, il pourra violer, grâce à une fetwa qu'il aura prononcée, toutes les filles kidnappées ! Le jeune homme à la veste de survêtement tuera commetra d'autres meurtres et Tahar n'écrira pas d'autres articles.
Kenza, qui faisait de grands signes joyeux de la main, s'immobilise soudain, le bras en l'air.

Djamal Benmerad



Site : http://euromed.skyblog.com
e-mail : euromed@skymail.fr

# Posté le vendredi 06 mai 2005 10:02

SUR LE TERRORISME ISLAMISTE

SUR LE TERRORISME ISLAMISTE
Tousensemble@algeriensemble.com



De New-York à l'Irak, en passant par Casablanca, Bali, Istanbul, Madrid, Amsterdam... Des GIA algériens à Zarkaoui, l'axe de la terreur islamiste à travers le monde se dévoile de plus en plus.

Le journal marocain Aujourd'hui le Maroc fait le point de ce que révèle l'enquête suite à l'assassinat de Théo Van Gogh, à ce jour. La conclusion de ce journal : "la toile de l'araignée risque de s'étendre encore..."

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Les révélations de la justice néerlandaise relatives à l'enquête sur l'assassinat de Theo Van Gogh, le 2 novembre dernier à Amsterdam, ainsi que les récentes déclarations du Premier ministre espagnol convergent vers l'établissement d'un axe terroriste Amsterdam-Madrid-Casablanca.
Les enquêtes ouvertes aux Pays-Bas après l'assassinat le 2 novembre à Amsterdam, du réalisateur Theo van Gogh font apparaître un réseau terroriste islamiste aux connections internationales.
Cette thèse a été officiellement confirmée lundi dernier par le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero. Ce dernier, qui comparaissait devant la Commission parlementaire d'enquête sur les attentats de Madrid du 11 mars, a solennellement déclaré que "la planification et l'exécution" des attentats de Madrid avaient été réalisées par "ceux-là mêmes" qui ont commis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, d'octobre 2002 à Bali, en Indonésie, de 2003 à Casablanca, au Maroc, et de 2003 à Istanbul, en Turquie». Parallèlement, des connexions avec une cellule terroriste implantée aux Pays-Bas vont êtres établies après l'arrestation de Mohammed Bouyeri, présumé meurtrier du cinéaste Theo Van Gogh.



Depuis sa détention, ce Maroco - néerlandais refuse toujours de collaborer avec la justice hollandaise. Chose qui a poussé les autorités de ce pays à rendre publique sa photo en violation des règles sur le secret de l'instruction, et ceci au nom de la raison suprême de l'Etat. Et il semble que ces dernières ont visé juste : né et élevé à Amsterdam, Bouyeri gravitait en effet depuis quelques mois autour d'un groupe islamiste baptisé "groupe Hofstad". En fait, Hofstad est le nom d'un quartier d'Amsterdam où ont eu lieu les premières arrestations. Le groupe auquel appartenait Bouyeri comptait un noyau dur de cinq membres qui semblaient préparer plusieurs attentats.


En Hollande, six Maghrébins et Mohammed Bouyeri ont été mis en cause directement pour l'assassinat de Theo van Gogh, dont deux suspects ont été arrêtés lors du siège effectué le 10 novembre à La Haye. Il s'agit d'un certain Jason Walker, né de père américain et de mère néerlandaise, et converti à l'islam il y a cinq ans, selon les médias néerlandais. Et Ismaïl Aknikh, arrêté à l'issue de 14 heures de siège de son appartement par la police. Selon des sources policières néerlandaises, Aknikh avait cherché à rendre visite à Akoudad en 2003, peu de temps avant son arrestation.


Sur la liste des accusés, figure également un certain Samir Azzouz. Détenu depuis le mois de juin, Ce Maroco-néerlandais avait des contacts avec Mohammed Bouyeri et projeté plusieurs attentats terroristes en Hollande.


Les membres du groupe préparaient en juin dernier un attentat lors de l'Euro 2004 de football en Portugal. Trois membres présumés du réseau d'islamistes radicaux basé aux Pays-Bas et soupçonnés de préparer un attentat visant M. Durao Barroso juste avant l'Euro 2004 ont été interpellés le 11 juin. Les trois hommes étaient en possession d'une voiture d'occasion avec une plaque d'immatriculation néerlandaise, achetée au nom de Mohammed Bouyeri, Parmi les trois hommes figurait un Marocain du nom de Noreddine El Fathni qui aurait partagé un appartement avec Bouyeri.


Mais ce sont les connexions avec certains éléments soupçonnés de terrorisme en Espagne qui intriguent les services de polices européennes. En effet, et selon les services de renseignements néerlandais, le noyau dur du "groupe Hofstad" a reçu des instructions d'Abdelhamid Akoudad, un Marocain détenu en Espagne et accusé d'être impliqué dans les attentats de Casablanca du 16 mai 2003. Récemment, le ministère espagnol de l'Intérieur a indiqué qu'Abdelhamid Akoudad été considéré comme le principal coordonnateur du groupe Hofstad. Il avait également des liens avec deux suspects arrêtés le même jour à La Haye, après le siège du 10 novembre.
Mohammed Bouyeri, aurait été également en contact direct avec le chef présumé d'une cellule terroriste en Espagne, Mohammad Achraf.
Selon des sources espagnoles proches du dossier, cet Algérien de 31 ans est détenu en Suisse depuis le 28 août, en attendant une décision sur une demande d'extradition espagnole. Le juge anti-terroriste espagnol, Baltasar Garzon, l'accuse d'avoir projeté un attentat à Madrid contre l'Audience nationale, la principale instance pénale espagnole. La toîle de l'araignée risque de s'étendre encore...



Par Youssef Chaoui

Aujourd'hui le Maroc - 16.12.04

# Posté le dimanche 19 décembre 2004 08:24

Modifié le dimanche 30 octobre 2005 12:11