du Mouvement démocratique et Social
Juin 2001 et Benchicou ou " régression politique accompagne injustices de l'ultralibéralisme"
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Libérer Benchicou, ôter le bâillon de la presse, permettre à la société de s'exprimer
Ce 14 juin 2005 Mohamed Benchicou aura passé une année en détention. Il s'est vu scandaleusement jeté en prison sous un prétexte fallacieux et alors que les voies légales de recours n'étaient pas épuisées. Son incarcération a abouti à la suspension du journal qu'il dirigeait et ouvert la voie à de nombreuses et lourdes condamnations de journalistes et organes de presse.
Elle permet d'exercer une pression permanente sur l'ensemble de la profession. Maintenant le pouvoir se sent à l'aise dans sa propagande pour assimiler systématiquement les écrits de journalistes à de la diffamation, comme toute protestation pacifique est confondue avec l'émeute depuis la puissante marche organisée à Alger par le mouvement citoyen, le 14 juin 2001. Cette marche pacifique qui n'avait pas abouti à El Mouradia avait été réprimée dans le sang, faisant une dizaine de morts et de nombreux blessés parmi les manifestants et les journalistes en couverture. La régression politique accompagne ainsi les injustices de l'ultralibéralisme au plan socio-économique.
Le directeur du quotidien Le Matin se trouve victime d'une justice d'exception mise en ouvre par un pouvoir despotique qui prétend pourtant, dans toutes les enceintes d'une république chaque jour bafouée, respecter les libertés et l'indépendance du pouvoir judiciaire. Le 20 avril dernier, dans un geste calculé d'inhumanité, il s'est même vu refuser la liberté provisoire pour traitement médical alors que son état de santé se détériore. Mohamed Benchicou est en fait soumis à une logique du pouvoir bâtie sur la prédation et le compromis avec l'islamisme et qui voudrait renvoyer dos à dos le terrorisme et les rentiers corrompus avec les démocrates et patriotes qui leur opposent leur résistance. Malgré certaines illusions persistantes, le pouvoir ne réussit pas à se crédibiliser dans le rôle de recours et d'arbitre dans lequel il tente de s'imposer, d'autant plus que certains chefs sanguinaires sont autorisés à s 'exprimer publiquement, et à défendre l'intégrisme assassin.
Le MDS appelle les forces patriotiques et démocratiques à exiger la libération immédiate de Mohamed Benchicou et la cessation de toutes les persécutions dont est victime la presse algérienne. Les forces vives de la société doivent résister face aux menaces sur la liberté et la démocratie et exiger du pouvoir qu'il rende compte de la répression et des atteintes aux
droits garantis par la constitution.
Alger, le 13 juin 2005
Le Bureau National