Algérie, ou l'État terroriste membre de l'« axe du Bien »

Par Lounis Aggoun Billets d'Afrique n° 134, mars 2005

Au moment où le Trésor algérien engrange 50 milliards de dollars de recettes (dues à la flambée des cours des hydrocarbures), sont instaurées dans le pays des hausses des prix de produits de première nécessité, dont le gaz butane, alors que les températures tombent sous zéro. Commerçants, boulangers, dockers, taxieurs, étudiants, fonctionnaires (avec 6 mois de salaire en souffrance), travailleurs, personnel de santé, simples citoyens, pris à la gorge, tentent de réagir en organisant manifestations, grèves, pour protester contre les abus et la misère généralisée. Pour tout dialogue, le gouvernement leur répond par des peines de prison et la remise en cause du droit de grève. Depuis octobre 2004, il n'y a pas une région qui ait été épargnée par la révolte (Ghardaïa, Ouargla, El-Hadjar, Khenchela, Constantine, Tiaret, Boumerdès, Bouira, Djelfa, Tizi-Ouzou, M'Sila, Annaba, Bab-Ezzouar, Djelfa, Mascara, Kherrata, El-Kerma, Tlemcen, Staouéli, Aïn-Benian, Zéralda, Sidi Amar, Bayada, Médéa, Aïn-Abid, Maghnia, Saïda... ).
Sous prétexte de « réformes », les privatisations sauvages se multiplient, vouant au chômage des dizaines de milliers d'individus. Lorsque les entreprises concernées entrent en concurrence avec les réseaux d'importation et de corruption, elles sont simplement liquidées. Sévèrement traumatisée, la population craque : hausse considérable de maladies mentales, de suicides ; plus de 11 millions d'Algériens vivent avec moins de 50 dinars algériens (DA) par jour (soit 0,5 ¤, pour un PIB par tête de 2 000 $) ; en 2004, on a recensé 891 885 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition... Face à ce désastre humanitaire, le ministre de l'Économie Abdelatif Benachehou déclare que « les Algériens sont des enfants gâtés » (El Watan, 29/09/2004). tandis que Djamel Ould-Abbès, ministre de la solidarité nationale, affirme : « Nous n'avons plus de pauvres en Algérie. » Voilà qui devrait rassurer les partenaires de ce régime, invités au pillage de l'Algérie !
Car l'armée américaine a élu domicile à Tamanrasset. L'Algérie est au c½ur de sa stratégie d'implantation et d'expansion en Afrique saharienne et au Proche-Orient. L'Algérie est aussi à l'initiative de la Conférence internationale sur le terrorisme, de la Conférence africaine contre le terrorisme. Pour l'opinion mondiale, elle est présentée comme un Eldorado doublé d'un havre de liberté et de démocratie, de tolérance, de respect des conventions internationales, de lutte contre les trafics de drogue, le blanchiment d'argent, d'immigration clandestine et de terrorisme... La réalité est que ce régime est le promoteur assidu de tous ces fléaux et que le gouvernement de Bouteflika se trouve au c½ur d'une politique d'une perversion absolue : à la population algérienne, pour laquelle il voue une haine infinie, il rend d'un côté la vie intenable, pour la pousser à l'exil ; il se présente ensuite aux Européens comme le parfait geôlier pour endiguer cette migration. Puis il achète à prix d'or les accessoires de cette politique, maquillée en lutte antiterroriste pour les besoins de la communication internationale.
La France – qui corse ses conditions de délivrance des visas – et les USA fournissent du matériel de surveillance des frontières, les Russes 80 avions de combat Mig 29, en plus des 50 déjà commandés, l'Espagne 6 avions de transport militaire de type C295, etc. Et pour éviter aux personnels occidentaux l'inconfort de la promiscuité des Algériens dans le Sahara, Chakib Khelil, ministre de l'Énergie et des Mines, ne prévoit rien de moins que de délocaliser... toute la population de Hassi-Messaoud. Le gouvernement engage la construction de 42 établissements pénitentiaires et la police se renforce de 35 000 agents. Pendant ce temps, Bouteflika fait libérer 39 395 prisonniers, qui iront alimenter le réseau de noyautage de la société, et renforcer les structures d'un État policier au service d'une mafia au pouvoir, dans un pays transformé en une gigantesque prison.
Car l'État algérien est, selon tous les codes, un État terroriste, un État voyou, un régime comptable de crimes contre l'humanité. Lorsqu'on sait en plus que tous les pays occidentaux partenaires de ce régime connaissent précisément cette réalité et s'en accommodent, il y a de quoi sérieusement s'inquiéter. Lorsqu'on entend les Américains louer ce régime comme modèle à suivre et que l'on voit l'« école » algérienne de lutte antiterroriste ravager l'Irak, que l'on revit au Togo le coup d'État d'Alger de janvier 1992, que l'on voit au Liban se décliner le scénario « Boudiaf » – dont l'assassinat par les services algériens est présenté ensuite comme l'½uvre des islamistes pour obtenir le soutien de la communauté internationale, avant de lancer un programme de massacres de grande envergure –, on se dit qu'on assiste à une dérive fasciste mondiale, dangereuse pour l'humanité entière. Et lorsqu'on voit la condescendance dont jouit ce régime dans les médias français, alors on doit s'attendre à vivre des lendemains épouvantables, et une actualité riche en horreurs inédites...

*Cet article a été publié dans la revue de l'association Survie, Billets d'Afrique. Cette association présidée par François-Xavier Verschave (auteur de best-sellers dénonçant les scandales de la Françafrique) milite depuis longtemps pour éclairer l'opinion et briser l'omerta sur la réalité des événements qui secouent l'Afrique et sur le prolongements des rapports de vassalité qu'entretient la France avec ses anciennes colonies, via des dictateurs qu'elle soutient. Sa lettre mensuelle Billets d'Afrique est devenue un incontournable pour tous ceux qui militent pour la démocratie en Afrique.
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# Posted on Saturday, 25 June 2005 at 10:25 AM

HUMAN RIGHTS WATCH: Mohamed Benchicou est en prison pour ses écrits

Saïda Azzouz
Le Soir d'Algérie

“Il est clair que Mohamed Benchicou a été châtié pour son livre et ses écrits, sa condamnation pour les bons de caisse est un prétexte fallacieux....” a affirmé, hier, lors d'une conférence de presse Eric Goldstein, président de la délégation du Human Rights Watch qui vient de séjourner en Algérie.
Saïda Azzouz - Alger (Le Soir) - Séjour d'une dizaine de jours qui a amené la délégation à se rendre dans plusieurs wilayas du pays et à rencontrer entre autres les associations des familles victimes du terrorisme, celles des disparus, le collectif Benchicou pour les libertés, et un membre de la famille du journaliste incarcéré à la prison d'El-Harrach depuis plus d'un an. Mohamed Benchicou, directeur du journal Le Matin, que l'organisation des droits de l'homme qualifie «d'implacable critique du président Bouteflika», purge actuellement une peine de deux ans de prison ferme pour violation de la réglementation des changes. “Accusations peu fondées et politiquement orientées”, estime Human Rights Watch dont les membres ont animé hier matin une conférence de presse à l'hôtel Es Safir à Alger organisée pour rendre publics les résultats préliminaires de la mission effectuée dans notre pays du 12 au 23 juin. Une première pour cette organisation américaine des droits de l'homme dont le dernier séjour en Algérie remonte à 2002. Les conférenciers n'ont d'ailleurs pas manqué de remercier les autorités locales pour leur avoir permis de rencontrer les journalistes. La liberté de la presse et le harcèlement judiciaire des journalistes algériens à travers plusieurs cas dont celui de Benchicou, Benaoum et Hafnaoui Ghoul, ont été parmi les points abordés avec les médias lors de ce point de presse. L'organisation constate que «les journalistes sont devenus les victimes “privilégiées” d'un appareil judiciaire de plus en plus politisé». Invité à donner une appréciation de la situation de la presse à travers le cas Benchicou, Eric Goldstein affirme que «ce cas est révélateur d'une volonté de réprimer les journalistes (....)» Ce qui est «désolant» pour le conférencier qui n'a pas manqué de rappeler l'avancée dans le domaine de la liberté de la presse prise par l'Algérie dans les années 90, sur ses voisins immédiats et les pays du monde arabe. «Le train recule, et c'est dommage !», commente Eric Goldstein qui invite les journalistes à défendre cet acquis. «Il faut focaliser sur l'expérience que vous avez en tant que journalistes et la préserver. » Le recul de la liberté de la presse dans notre pays n'est pas le seul constat relevé dans le rapport préliminaire de cette organisation des droits de l'homme. «Le dysfonctionnement » de l'appareil judiciaire fait dire à Human Rights Watch que la «justice est en danger face aux graves abus du passé et aux défis du présent». Ainsi l'amnistie pour eux générale ne doit pas se faire au détriment de la justice «Nous avons rencontré à Blida des familles des victimes du terrorisme, des familles des disparus, qui s'inquiètent de l'impunité régnante. Ils ne veulent pas que les responsables soient blanchis et nous sommes d'accord avec eux», dira Eric Goldstein, qui, invité à donner son sentiment sur l'amnistie, déclare, tout en mettant l'accent sur «le droit» à la vérité, que «c'est aux Algériens de décider, après un débat libre». L'état d'urgence et les prérogatives «excessives des walis» par rapport «aux textes qui les régissent», «le prétexte sécuritaire» pour justifier «la fin politique », les comités de probation et le code de la famille ont également été débattus lors de cette rencontre avec les journalistes.
S. A.

# Posted on Wednesday, 22 June 2005 at 7:32 PM

Le chantre de la musique targuie emporté par les eaux à Djanet

L'adieu à Othmane Bali

lundi 20 juin 2005, par Olivia Marsaud

L'Algérien targui Othmane Bali, 52 ans, est mort dans la nuit de vendredi, emporté par la crue d'un oued, dans le Tassili n'Ajjer. Il était l'ambassadeur du tindé, le genre musical de sa région de Djanet, qu'il a contribué à faire découvrir au public algérien et international.
Le chantre de la musique targuie Othmane Bali a été emporté, dans la nuit de vendredi, par la crue de l'oued Tinjatat, qui traverse Djanet, après les fortes pluies qui se sont abattues sur la région. Son corps a été repêché samedi à 2 km de la ville et inhumé dimanche au cimetière d'Aghoum, en présence d'une foule nombreuse. Le troubadour nomade, médecin de son état, ayant un pied à Paris et l'autre dans les sables du Tassili n'Ajjer, à 2 000 km d'Alger, a stoppé sa course. A 52 ans. « Othmane Bali est parti sans avoir achevé son ½uvre, une ½uvre immense comme son désert natal et sa culture targuie », écrit Fayçal Metaoui dans El Watan.

Othmane Bali, de son vrai nom Mebarek Athmani, est né au mois de mai 1953 sous le palmier le plus haut de Djanet, dans le Grand Sud algérien, au sein d'une famille de mélomanes et de poètes. Il a été bercé par la musique de sa mère, grande chanteuse de tindé, le genre musical de la région, qu'il a remis au goût du jour et fait connaître en Algérie et à l'étranger. Virtuose du luth, un instrument qu'il avait découvert lors de ses études en médecine au début des années 70, il écrivait des textes en tamacheq et en arabe, saupoudrant parfois ses couplets d'un peu de français. « Il a revisité la musique du terroir et a contribué à sa renaissance et à son élargissement au-delà des frontières. Auteur, compositeur, interprète, il a rehaussé la musique targuie pour lui donner une dimension universelle. Citoyen du monde par sa musique, et ambassadeur émérite, il a porté haut et fort sa voix par-delà les frontières », explique Kheira Attouche, journaliste au quotidien Horizons.

Musique en famille

Pour mettre en valeur ce blues de l'oasis intense et captivant, il avait créé sa propre formation. Autour de lui : sa famille. Son fils, sa superbe femme, ses nièces, aux ch½urs, et bien sûr sa mère, Khadidjata, incontournable, frêle silhouette à la voix puissante, qui l'accompagne partout. « C'est mon porte-bonheur », disait-il volontiers. Enchaînant en riant : « Elle a déjà fait deux fois le tour du monde avec moi ! Elle m'a même accompagné au Japon ! » A leurs côtés, Othmane était à l'aise, laissant éclater son profond talent. Il aimait l'improvisation et était capable de jouer jusqu'au bout de la nuit, arrachant des notes épicées et des complaintes lancinantes à son luth, jusqu'à le faire pleurer ou gémir.

Sa voix, chaude et sucrée comme une datte, accompagnait ses mélopées jusqu'à la transe. Respectueux de la tradition, Othmane Bali était aussi ouvert aux fusions et aux métissages. Il avait notamment enregistré trois albums avec l'Américain d'origine indienne sherokee Steve Shehan et venait de terminer une belle aventure musicale avec le jazzman français Jean-Marc Padovani. Leur spectacle (le dernier du Targui), en mai dernier à Alger, avait soulevé l'enthousiasme du public. Modeste et discret, Othmane Bali représentait l'homme bleu dans toute sa splendeur. Habillé et coiffé en permanence des attributs traditionnels de sa région, il possédait une classe naturelle, un sourire immense et des rides creusées par le soleil du désert. Il laisse un grand vide dans la musique algérienne.

# Posted on Wednesday, 22 June 2005 at 6:32 PM

UNE ECRIVAINE ALGERIENNE ELUE A L'ACADEMIE FRANCAISE

Assia Djebbar, "immortelle"

jeudi 16 juin 2005, par Olivia Marsaud

Assia Djebar, née en 1936 à Cherchell, en Algérie, entre à l'Académie française. C'est la première fois qu'une personnalité maghrébine est élue parmi les 40 « Immortels » de l'institution. Une place mérité pour cette intellectuelle des deux rives, pionnière de la cause des femmes en Algérie.
C'est la première personnalité maghrébine à entrer à l'Académie française. Assia Djebar, 69 ans, remplace Georges Vedel, mort en février 2002, et devance de quelques voix l'écrivain Dominique Fernandez. Assia Djebar, auteur prolifique de romans, essais, poésies, nouvelles, théâtre, fait désormais partie des 40 « Immortels » de la vénérable institution. Cette femme de caractère, profondément féministe au sens noble du terme, est une pionnière de la cause des femmes en Algérie. Luttant contre les courants rétrogrades et pour l'émancipation féminine dans le monde arabo-musulman, on a souvent qualifié son écriture de « résistance ». Exilée volontaire, vivant entre la France et les Etats-Unis, ont dit aussi son écriture « nomade » ou « de transhumance ».

Assia Djebar est tout cela à la fois et bien plus. Historienne, recueillant la mémoire des femmes de son pays, amoureuse de la langue française, qu'elle a fait sienne dans son écriture, poète, témoin.... C'est une femme de culture mais aussi de double-culture : « Ayant reçu mon éducation scolaire dans une institution francophone, j'ai étudié le grec et les langues latines, qui constituèrent dès lors une influence majeure dans mon évolution intellectuelle. Malgré cela, mon affect a toujours été directement lié au monde arabe, à ses traditions, tant sociales que culturelles. Je sais aujourd'hui qu'on peut écrire dans une langue étrangère, l'intégrer à notre imaginaire sans pour autant rompre avec ses racines », explique-t-elle.

De Cherchell à la Louisiane

Assia Djebar, de son vrai nom Fatima-Zohra Imalyène, est née en 1936 à Cherchell, près d'Alger. Après l'école coranique et l'école primaire à Mouzaïa, elle poursuit ses études secondaires à Blida, à Alger et entre en khâgne à Paris. Elle est la première Algérienne à intégrer l'Ecole Normale Supérieure de Sèvres en 1955. Elle interrompt ses études en 1956, en pleine guerre d'Algérie, au moment de la grève des étudiants algériens, et entame sa carrière littéraire : en 1957, à 21 ans, elle publie son premier roman, La Soif. Qui sera suivi en 1958 par Les Impatients. Mariée à un résistant algérien, elle le suit dans son exil à Tunis, où elle travaille en tant que journaliste pour El Moudjahid. Elle part au Maroc en 1959 où elle enseigne l'histoire de l'Afrique du Nord à l'université de Rabat.

De retour à Alger en 1962, elle y sera également prof d'histoire à l'université. Parallèlement, elle poursuit son ½uvre d'écrivain. En 1967 sortent Les Enfants du nouveau monde et Rouge l'aube. Puis, en 1977, elle réalise son premier film La Nouba des femmes du Mont Chenoua, primé au Festival de Venise en 1979. Etablie en France après 1980, elle travaille au centre culturel algérien, à Paris, écrit Femmes d'Alger dans leur appartement et sort en 1982 son deuxième long métrage, La Zerda ou les chants de l'oubli. Côté livres, elle enchaîne L'Amour, la fantasia (1985), Ombre sultane et Loin de Médine (1987). De 1997 à 2001, elle dirige le Centre d'études françaises et francophones de la Louisiana State Institute avant d'enseigner à l'Université de New-York.

Moisson de décorations

Traduite dans une quinzaine de langue, elle a été primée à plusieurs reprises. Elle a notamment reçu en 2000 le Prix de la paix attribué par les éditeurs et libraires allemands pour une ½uvre littéraire qui plaide « en faveur des femmes des sociétés musulmanes ». En 2004, elle est pressentie pour le prix Nobel de littérature aux côtés de l'Américaine Joyce Carol Oates. Docteur honoris causa des Universités de Vienne (1995) et de Concordia (Montréal, en 2000), elle a été élue en 1999 à l'Académie royale de Belgique, au siège de Julien Green, avant d'être nommée Commandeur des Arts et des Lettres en France, en 2001, et de recevoir la Grande médaille de la Francophonie, décernée par l'Académie française.

Son dernier livre, La femme sans sépulture (2002), est un hommage à une héroïne de la guerre d'Algérie dont les enfants n'ont jamais pu enterrer le corps... Assia Djebar n'a pas fini d'être résistante. La chercheuse et professeur de littérature Beïda Chikhi résume : « Ecrivain-femme porte-parole des femmes séquestrées, écrivain-témoin d'une époque historique, écrivain stimulant la mémoire des aïeules et secouant les archives, écrivain parcourant son corps et surprenant le couple, Assia Djabar est aussi écrivain-architecte qui éprouve les structures, confectionne des objets linguistiques ».

Lire aussi :
Assia veut retrouver son Algérie

# Posted on Wednesday, 22 June 2005 at 6:13 PM

Edited on Tuesday, 11 October 2005 at 11:56 AM

Poésie : COU

COU
De Abdelmadjid Kaouah

Là-bas Alger

derrière les brouillards d'imagess
les forêts d'affiches salaces
une petite fille recoud
le cou de sa mère
avant de retourner
au berceau

# Posted on Wednesday, 22 June 2005 at 4:20 PM

Edited on Tuesday, 11 October 2005 at 11:58 AM