UN HOMME EST MORT

Nous venons d'apprendre avec stupéfaction le décès de notre camarade et ami Hachemi Chérif survenu en ce 2 août 2005 des suites d'une longue maladie.
Militant progressite constant et infatigable, il s'était dès son jeune âge dans la guerre algérienne d'indépendance. Hachemi Chérif a sans cesse combattu les forces de la comprommission er du défaitisme face au projet théocratique qui continue de menacer l'Algérie.
A sa famille et à ses proches, nous adressons nos condoléances les plus sincères et les assurons de notre continuité du combat progressite de Hachemi.

L'association Euromed
Bruxelles

# Posté le mardi 02 août 2005 13:47

POEME A SEMIRAMIS

De Tahar Hamadache

atlanteum@yahoo.fr

Bonjour !
Comme mon pseudo l'indique (le nom est presque faux), la sorte d'aquarium que je pourrais être est sensé porter l'atlantide, ma cité disparue, comme un poisson dans l'eau où, peut-etre, elle s'etouffe :( Chaque fois chagriné par tout malheur similaire à celui qui étreint l'atlantéide Anténéa, la résurgence du malheur de Semiramis a été une boule étrange et étranglante rejetée, un abcès crevé au loin, par la vertu du poème ci-dessous,seul à avoir été en mesure d'en faire une obole au chagrin en fait bien collectif causé par la destruction superidiote et ultraméchante de ce qui fait notre patrimoine mnémique commun. Mais ne compatissez pas à mon chagrin : il m'est consubstanciel à l'état poétique. Je me dois à la vérité de dire que je produis peu de texte et que je suis cosncient du caractère a-littéraire de mon écriture. M'annonçant, vos avis les plus persifleurs comme les plus édifiants aussi bien que ceux -je le souhaite- modérément favorables au sujet de ce poème à Semiramis m'annonceront en retour quelles mains s'offrentà serrer, dans tous les cas délicatement et très cordialement :) Et, si ça se trouve, pim pam poum !



POEME A SEMIRAMIS

Dédié à Sémiramis, à Anténéa, ainsi qu'à d'autres mythes aussi familiers qui se devineront quand l'ère en viendra.

Le Printemps est
Comme il allait éclore de nouveau suspendu
De s'être imposé
Sémiramis
Tu l'as voulu
Sémiramis
Et tu l'as pris dans ton giron
Comme une enfant
Le bébé Enfer
Le bébé Guerre

Tu l'as voulu
Sémiramis
Et tu l'as fait
Sémiramis
Fonçant jusqu'à la fusion
Sur le monstre fulgurant
Désirant léguer à la postérité
L'improbable peu que le malheur recèle de bonté

Sémiramis
Le poète sera-t-il lâche au point de chanter
Sémiramis
Tes jardins suspendus qui ne le seront plus
Ou qui pis encore seront plantés dès que tournés
En horreurs ridicules d'herbes clonées
Le vers va-t-il être déclamé à l'envers
La poésie saura-t-elle transcender le revers

Tu redeviens Colombe Sémiramis
Sans rameau sans nid sans tour et sans autre message
Qu'un idéogramme stellaire éblouissant d'allusions
A Ishtarté à Isis à la Vierge noire à Tiamat
Qu'un idéogramme trainant l'ombre effarayante et
méprisée
D'un soupçon d'imperfection au départ coupable
Et tu t'en vas t'éloignant du c½ur des tiens,
Sémiramis

Pendant même qu'Anténéa se laisse engloutir
Etouffée de nouveau à un doigt de l'émersion
Se livrant de nouveau au déluge du feu du désir
De revoir Atlantide ramenée à la surface

Et de nouveau le Sphinx
Presque à la manière de tes poètes, Sémiramis
Est pris d'une quinte de toux sanglotante et
mystique

Tout doit redevenir après que le Néant eut crû
l'avoir réduit à Sa juste démesure.

mai 2003
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# Posté le samedi 23 juillet 2005 13:35

Modifié le samedi 23 juillet 2005 14:48

BOUGIE, CAPITALE DU MONDE

BOUGIE, CAPITALE DU MONDE
Il est passé 3 heures du matin, l'heure où Bougie, mon
fantôme préféré, vient éclairer ma nuit... Alors j'en
veux à Eluard (où bien est-ce Breton ?) d'avoir écrit
que "Nantes est la seule ville où quelque chose de
grand peut m'arriver
". A l'époque où j'ai lu cette
phrase, j'ai aimé Nantes. J'y suis parti. J'ai pris un
café à une terrasse du Boulevard des Cinquante
otages
. J'ai visité le foyer Sonacotra, là où l'on m'a
conté la légende de Manouchian et de l'affiche rouge.
J'ai connu des pêcheurs et la dignité des veuves de
pêcheurs disparus en mer. Il y a prés de 30 ans de
cela... Quand mon pays était fier. Mais j'en veux
toujours au poète qui m'a fait aimer Nantes. je lui en
veux aussi d'avoir disparu sans connaître Bougie.
Voilà que Bougie, cette coquette, vient s'insinuer
entre l'écran et le clavier en me chuchotant "La
poésie n'est pas dans ce que tu écris... La poésie,
c'est moi
".
Comment répondre à cet ukase ?
J'ai la sensation que Bougie s'étale à l'infini et le
coeur trop étroit pour la contenir. A mesure de mon
absence elle devient un continent et colore les murs
de la chambre. Ma ville est capricieuse : elle est
résistante, et une fois la guerre finie, elle donne
naissance aux poètes qui sont parfois ingrats, la
quittent comme on boude l'être aimé puis reviennent,
toujours charmés.
Si Eluard (où Breton ?) était de ce monde, je lui
apprendrais le berbère pour me dise ma ville... Ma
ville, ensuite le monde. Bougie est si proche : le
temps d'arriver à l'aéroport...
Djamal Benmerad

# Posté le mardi 19 juillet 2005 19:08

Modifié le dimanche 30 octobre 2005 12:23

Che

La beauté n'est pas fachée avec la Révolution

# Posté le jeudi 14 juillet 2005 08:50

Pour conjurer l'oubli

Histoire pour Lyna

Il était une fois, dans un pays appelé Tamazgha, un très très vieux village que ses habitants appelaient Mezghena. Dans ce village vivait un vieillard, un vieillard dont le métier était raconteur d'histoires !
Chaque matin, devant sa vieille cabane, les enfants du village s'asseyaient en croissant et lui, assis en tailleur, leur racontait une histoire. Parmi ces enfants, la plus jeune était Lyna. Elle venait d'avoir trois ans.
Un jour, un matin en s'éveillant, ses histoires avaient disparu. Les enfants attendaient devant la cabane. Alors le vieillard se dit : « Peut-être sont-elles parties se baigner dans la rivière ? » Il alla jusqu'à la rivière, entra lentement dans l'eau et souleva un à un tous les reflets dorés de la rivière, mais ses histoires n'y étaient pas. Il se dit alors : « Comme mes histoires sont un peu espiègles peut-être se sont-elles cachées dans le jardin ? » Il escalada en souriant le petit talus qui le séparait du jardin et entreprit de soulever un à un les pétales des fleurs, puis il regarda leurs étamines, leur corolle... Mais ses histoires n'y étaient pas.
De Mezghena partaient plusieurs chemins. Le vieillard en choisit un au hasard et se mit à marcher. Il marcha ainsi pendant des siècles et des siècles. Un jour, un matin, il rencontra un olivier. Il lui dit : « Bonjour bel olivier...Est-ce que tu n'aurais pas vu mes histoires ? » L'olivier décroisa ses branches et lui répondit : « Tes histoires...Quelles histoires ? Je peux te laisser cueillir mes olives pour Lyna mais je n'ai pas vu tes histoires.. » Le vieillard cueillit quelques olives, les mit dans son sac et se remit à marcher. Il marcha pendant des siècles jusqu'au jour où il rencontra un figuier, un grand figuier beau et fort. Le vieillard lui dit encore : « Peut-être toi aurais-tu vu mes histoires ? » L'immense figuier souleva très haut ses feuilles vertes dans la lumière et lui répondit : « Je n'ai pas vu tes histoires mais tu peux prendre quelques figues pour Lyna. » Comme il l'avait fait avec les olives il cueillit quelques figues, les mit dans son sac et se remit à marcher. Des siècles passèrent jusqu'au jour où, fatigué, il déposa son bâton, son sac et s'assit au bord du chemin. Soudain lui apparut un oiseau, un immense oiseau du paradis. Il était plein, tout plein de couleurs. Le vieillard se dit : « Peut-être mes histoires se sont-elles cachées sous les ailes de cet oiseau du paradis ! » Mais l'oiseau déploya ses grandes ailes dans la lumière et lui dit : « Regarde ! Cherche tes histoires. » Le vieillard caressa une à une les plumes de l'oiseau mais ne trouva rien. Alors l'oiseau lui dit : « Je te donne un peu de couleurs... Pourrais-tu les porter à Lyna ? » Le vieillard prit les couleurs, les mit dans son sac et se remit à marcher. Un jour, un soir il arriva au village d'Amacine et décida de s'y reposer. Il s'étendit sur l'herbe et se mit à entendre les étoiles pousser dans le ciel. Alors il demanda à l'une d'elle, la plus proche : « Bonsoir étoile ! Aurais-tu aperçu mes histoires ? » L'étoile, en souriant, scintilla dans la nuit et lui répondit : « Non, je n'ai pas vu tes histoires car je suis occupée à veiller sur le sommeil de Lyna. »
Fatigué, plus vieux encore de quelques siècles, il reprit le chemin de Thamazgha. Il marcha ainsi pendant des siècles puis il arriva enfin à son village : Mezghena. Il trouva les enfants assis en croissant de lune devant sa cabane. Il s'assit en tailleur, lissa sa longue et soyeuse barbe blanche, toussa un peu pour s'éclaircir la voix et entreprit de leur raconter...l'histoire que je viens de te raconter !
Djamal Benmerad

# Posté le jeudi 14 juillet 2005 08:03