LA LIBERATION DES FEMMES ARABES N'EST PAS UN LUXE

La libération des femmes n'est pas un luxe réservé aux pays riches
(22 septembre 2005)


Du Maghreb au Moyen-Orient, du Caucase au Pakistan, le monde
dit « arabo-musulman[1] » doit faire face à la montée de ce qui est appelé
Islam politique, intégrisme ou fondamentalisme. Nous utiliserons ici le
terme d'Islam politique, terme qui définit le mieux, selon nous, ce courant
hétéroclite. En effet, le point commun de tous ces groupes ou partis, qu'il
s'agisse du FIS ou du GIA en Algérie, du Hamas ou du Jihad Islamique en
Palestine, du Hezbollah au Liban, des Talibans en Afghanistan, etc. est
qu'ils se basent sur la plus stricte lecture de l'islam comme base de leur
projet politique. Nous tenterons plus loin d'analyser de façon plus
détaillée ce courant, avec leurs différences, et aussi leurs points communs.
Il est à noter que ce courant, avec des organisations comme l'UOIF (Union
des Organisations Islamiques de France), des théoriciens comme Tarik
Ramadan, tente aussi de s'implanter dans l'immigration « d'origine
musulmane » d'Europe en général, et dans la classe ouvrière immigrée en
particulier. Dans la période actuelle, marquée par une offensive de la
bourgeoisie et une position au mieux défensive du prolétariat, il n'est en
effet pas étonnant que les idées réactionnaires gagnent du terrain, et ce
dans tous les pays (il n'y a qu'à voir la montée du racisme, de la
xénophobie, des superstitions en tout genre dans les pays impérialistes). Ce
qui, par contre, est plus étonnant, c'est que des groupes d'extrême-gauche,
se revendiquant du marxisme[2] ou de l'anarchisme, ont une certaine
indulgence pour les réactionnaires islamistes, pouvant aller jusqu'à les
soutenir au nom de « l'anti-impérialisme » ou de « l'anti-racisme ».

L'islam politique, un courant réactionnaire anti-communiste

L'Islam politique est une nébuleuse hétéroclite de groupes et
de partis politico-religieux. On y trouve autant des chiites que des
sunnites, des partis légaux et légalistes et des groupes armés, des
organisations anti-américaines et d'autres pro-américaines, certaines
organisations, comme le Hezbollah, au service des intérêts de la Syrie,
d'autres financés par l'Iran ou par l'Arabie Saoudite. Dans des pays comme
l'Irak ou l'Afghanistan, on trouve des islamistes à la fois dans les
gouvernements fantoches au service de l'impérialisme et dans la guérilla qui
combat l'impérialisme. En Algérie, les rivalités entre le GIA et le FIS se
sont transformées en conflit armé entre ces deux groupes. Bref, les
divisions et sous-divisions sont nombreuses au sein de cette mouvance.
Pourtant, en plus de leur base idéologique, la lecture la plus stricte
possible du Coran et de la Sunna comme fondement politique, il y a d'autres
similitudes entre ces groupes. Dans un texte datant de 1992, le groupe
féministe palestinien Al-Fanar[3] décrivait comme suit les « assertions
fondamentales du fondamentalisme » :

« 1. La crise de la société arabe - qui, par nature, est
islamique (selon les fondamentalistes) et qui constitue même "une société
naturellement islamique" - est née du fait que la société s'est distanciée
des commandements divins de l'Islam et que ses élites ont été infectées par
un Jahaliyah d'origine occidentale. On pense généralement que le terme
Jahaliyah fait référence à la période pré-islamique. En fait, ce terme ne
renvoie pas à une période historique spécifique, mais plutôt à un contexte
où la société est régie par des lois "faites par l'homme" et non par les
lois divines.

2. La société arabe ne peut être sauvée que par la lutte pour
un Etat islamique, dont les peuples arabes seront les éléments de base ; un
Etat où la Sharia, (loi islamique) sera la seule loi, interprétée par
l'Ulimah Suprême, non par un gouvernement laïque.

3. La démocratie, l'égalité, la libération nationale, le
socialisme et le communisme sont les agents de "l'impérialisme culturel"
dont l'objectif est de détruire l'Islam, pour faire régner la Jahaliyah
matérialiste, hédoniste et individualiste.

4. Tous les mouvements qui adhèrent aux principes ci-dessus
(démocratie, etc.) sont les ennemis de l'Islam et donc, également, de la
société arabe. Selon les fondamentalistes, la preuve en est que des
musulmans comme des membres d'autres communautés collaborent dans ces
mouvements. La lutte pour le triomphe de ces valeurs est corrompue et vile
et doit être combattue.

5. Le comble de la corruption occidentale, selon les
fondamentalistes, est le féminisme et le mouvement de libération des femmes,
qui allient des valeurs égalitaires et démocratiques et les appliquent aux
femmes. Les femmes qui sont actives dans ces mouvements sont corrompues et
licencieuses, et sont des renégates dont il est permis de verser le sang. En
outre, tout ceci s'applique à toute personne qui les soutient.

Imprégné de ces assertions, le fondamentalisme oeuvre à la
préservation et au renforcement de la société patriarcale et de ses
institutions ; et plus spécifiquement de la famille patriarcale, qui
constitue l'unité de base de l'ordre social patriarcal "sur la propriété
privée". Cette relation transparait clairement dans les revendications
démagoqiques du fondamentalisme qui, d'une part, prône l'égalité et veut que
les gens se satisfassent de peu, et d'autre part, prône la charité et veut
que les riches assistent les pauvres. En d'autres termes, faire la charité
remplacera la nécessité de transformer l'ordre social existant. »

Ces « assertions fondamentales du fondamentalisme » peuvent en
effet définir l'ensemble des organisations se réclamant de l'Islam
politique, qu'elles soient liées ou opposées à l'impérialisme. Et c'est
ainsi que, partout où l'Islam, politique a une influence, il emploie les
méthodes les plus violentes à l'encontre du mouvement ouvrier, des
communistes, des libres-penseurs et plus largement des progressistes. Dès
leurs origines, les Frères Musulmans considèrent le « communisme
international » comme un de leur principaux ennemis, et cet anti-communisme
des islamistes ne s'est jamais démenti. En janvier 1995, le GIA publie un
communiqué où il demande, en échange de la fin de la guerre, du gouvernement
algérien de « bannir tous les partis communistes et athées comme preuve de
la volonté du pouvoir de combattre les ennemis de Dieu[4] », parlant des
mouvements nationalistes palestiniens, le Hamas précise dans sa charte qu'il
« les encourage tant qu'ils ne prêtent pas allégeance aux communistes de
l'Est et aux Croisés de l'Occident [5] », sans parler, plus récemment, des
multiples fatwas de la prétendue « résistance » irakienne condamnant de
nombreux militants communistes ouvriers à mort, fatwas malheureusement
suivis d'effets. Reprenant les thèses de l'antisémitisme raciste classique,
le Hamas comme d'autres groupes de l'Islam politique, considère que « les
Juifs » seraient derrière la Révolution Française ou la Révolution d'Octobre
1917. D'ailleurs, il convient de rappeler que même lorsqu'ils s'en prennent
à l'impérialisme, les groupes de l'Islam politique, comme n'importe quelle
fraction bourgeoise et réactionnaire, préfèreront toujours une alliance avec
l'impérialisme que le socialisme. Lors de l'insurrection ouvrière de 1991 en
Irak, on a pu assister à une « sainte alliance » des islamistes, des
baasistes, des nationalistes kurdes et de l'impérialisme contre le
prolétariat. L'Arabie Saoudite, pays où règne l'islamisme le plus
obscurantiste et qui finance de nombreux groupes islamiques de par le monde,
a toujours été un des allié de l'impérialisme américain, et il ne faut pas
oublier que le réseau Al-Quaïda et les Talibans ont été formés et financés
par les USA lorsqu'il s'agissait de combattre l'Armée Rouge en Afghanistan.

En 1980, Giscard d'Estaing ne s'est pas trompé lorsqu'il
expliquait : « Pour combattre le communisme nous devons lui opposer une
idéologie. A l'Ouest, nous n'avons rien. C'est pourquoi nous devons appuyer
l'islam ». De l'appui à la religion, cet opium du peuple, au soutien aux
courants fondamentalistes de l'Islam politique, il n'y a qu'un pas, que les
dirigeants impérialistes ne se sont pas gênés de franchir : et si le soutien
des USA aux Talibans en Afghanistan est connu, on peut rappeler que l'Etat
d'Israël a favorisé le développement du Hamas au milieu des années 70. «
"Les associations islamiques et l'université recevaient tous les
encouragements du gouvernement militaire " en charge de l'administration de
la Cisjordanie et de Gaza, écrivait en octobre 1987, l'hebdomadaire
israélien, Koteret Rashit, cité par le Monde du 18 novembre 1987, ajoutant
qu'elles " étaient autorisées à faire venir de l'argent de l'étranger ". Les
islamistes créent des orphelinats et des dispensaires, mettent en place un
réseau scolaire, des ateliers de confections pour l'emploi des femmes, et
dispensent une aide financière aux plus démunis. Et en 1978, ils créent une
" université islamique " à Gaza. Koteret Rashit ajoutait : " Le gouvernement
militaire était convaincu que ces activités affaibliraient l'OLP et les
organisations de gauche à Gaza. " Fin 1992, on comptait six cents mosquées
dans Gaza. Et c'est ainsi, grâce au Mossad, que les islamistes ont tissé
leur toile, à l'ombre d'une répression impitoyable frappant les militants du
Fatah et de la gauche palestinienne » [6].

L'antiféminisme, ciment de l'islam politique

Il existe un autre point d'accord fondamental des différents
courants de l'islam politique, point sur lequel il base l'essentiel de son
action et de sa propagande, qu'il s'agisse des factions islamistes pro- ou
anti-américaines, c'est sa haine des femmes. C'est ainsi que Al-Fanar
explique : « Le mouvement fondamentaliste rejette le nationalisme tout en
participant à la lutte pour la libération nationale ; abhorre la démocratie
tout en étant en faveur des élections ; rejette le principe d'égalité
nationale tout en utilisant le même principe quand les masses luttent pour y
accéder ; condamne le luxe tout en finançant ses journaux par la publicité
de biens de consommation occidentaux tels que voitures de luxe,
sous-vêtements masculins, etc. ; déteste le sport comme "valeurs
occidentales barbares" tout en formant des équipes de football islamiques.
Cependant, la question de la libération et de l'égalité des femmes est la
seule sur laquelle le mouvement islamique n'est pas prêt du tout à faire de
compromis. Sans hésiter ni transiger, le mouvement met en oeuvre son
affirmation selon laquelle le statut accordé aux femmes dans l'Islam est le
plus correct et le meilleur (à condition "qu'elles sachent se tenir à leur
place"). Pour les fondamentalistes, le mouvement de libération des femmes
est l'ennemi central, parce que toute la société patriarcale, dont le
fondamentalisme défend l'existence, repose sur l'oppression des femmes. »

Une encyclopédie entière ne suffirait pas à résumer tous les
crimes commis, dans tous les pays, par les militants islamistes contre les
femmes. En Palestine, le Hamas a, dés ses origines, promis le retour des
femmes au foyer, lancé des campagnes pour imposer le port du hidjab,
s'oppose à toute tentative d'améliorer la condition des femmes, et désigne
les militantes féministes comme « occidentalisées, soutenues par des
organisations occidentales dans le but de détruire la nation islamique basée
sur la cellule familiale, par l'incitation à la débauche et à la
révolte »[7]. Et aux mots d'ordre anti-féministes s'ajoutent les actes de
terreur, comme l'a encore montré récemment l'exécution de Yousra par des
assassins du Hamas à Gaza en avril 2005. Et si on a parlé de ce crime à
l'époque, il ne s'agit pas d'un cas isolé, les islamistes constitue des «
polices des mours » dans différentes localités de la Bande de Gaza et de
Cisjordanie. En Algérie, le FIS comme le GIA ont fait des femmes leur cible
prioritaire, terrorisant celles qui refusaient la prison du hidjab, puis
violant et assassinant des milliers de femmes. Les chefs de guerre
islamistes, si puritains qu'ils soient lorsqu'il s'agit de la sexualité des
femmes, rédigent des fatwas favorisant le viol. Ainsi, en septembre 1997,
l'émir du GIA publie une fatwa indiquant « Au nom d'Allah le Miséricordieux,
la femme vous appartient quand l'Emir vous l'a donnée. Faites en ce que vous
voulez. Elle est jarya (esclave)[8]. » Et en Irak, lors du congrès des
Moudjahiddines qui s'est tenu à Falluja le 20 octobre 2004, Abdulla
Al-Janabi et le Conseil islamique de Falluja ont publié une fatwa décrétant
que les Moudjahiddines doivent violer les filles dès l'âge 10 ans, avant
qu'elles ne le soient par les Américains ! Pour ce qui est de l'Irak, on
peut noter que les deux courants antagonistes de l'Islam politique, ceux qui
collaborent avec l'occupation et ceux qui participent à la prétendue «
résistance », ont un au moins un point commun, celui d'être favorables à
l'oppression des femmes. Alors que les « résistants » assassinent des femmes
parce qu'elles refusent de s'enfermer sous le hidjab, parce qu'elles veulent
travailler, étudier et montrent une certaine indépendance face au pouvoir
patriarcal, les islamistes pro-américains cherchent à imposer une
constitution basée sur la Charria. Comme l'écrit Yanar Mohammed, présidente
de l'Organisation pour la Liberté des Femmes d'Irak : « L'ébauche de
constitution mentionne dans son article 14, l'abrogation de la loi actuelle
et se borne à renvoyer aux lois sur la famille, en complément de la charia
islamique et des autres codes religieux en Irak. En d'autres termes, elle
rend les femmes vulnérables à toutes les formes d'inégalités et de
discriminations sociales, et fait d'elles des citoyennes de seconde zone,
des moitiés d'êtres humains. [9] » Et dans le Nord-Ouest du Pakistan, une
coalition de partis islamistes au pouvoir ont cessé de s'en prendre aux USA,
tout en interdisant par exemple aux femmes de se présenter à des examens où
le jury serait masculin.

On notera que sur la question des femmes, les islamistes
européens ne disent pas autre chose que leurs comparses du Maghreb ou du
Machrek. C'est ainsi que le conseil européen des fatwas et de la recherche a
publié aux éditions Tawhid en 2002, ses « Avis juridiques concernant les
musulmans d'Europe »[10] où l'on peut lire : « L'époux a le droit
d'interdire à sa femme de rendre visite à une femme précise, musulmane ou
non, s'il craint que cela porte tort ou préjudice à son épouse ou à ses
enfants, ou à sa vie conjugale [11] » ou « Cette pudeur est une qualité
louable aussi bien chez les hommes que chez les femmes, mais elle l'est
encore davantage chez la femme et plus conforme à sa nature féminine. C'est
cela qui fait que, généralement, elle ne prend pas l'initiative d'adresser
la parole aux hommes qui lui sont étrangers, (...) L'important est de savoir
que la Loi n'interdit pas qu'une femme parle avec un homme ou vice-versa en
cas de besoin, si les propos restent dans les limites du licite et conformes
à ses normes. [12] »

On pourrait encore ajouter des exemples du caractères
profondément antiféministe, et même plus largement anti-femmes (est-il
nécessaire de reprendre les exemples des législations saoudienne, iranienne
ou afghane ?), de l'islam politique, et on pourrait aussi développer
d'autres thématiques réactionnaires de cette mouvance. Car bien entendu,
cette mouvance est profondément homophobe, anti-sémite, et le concept même
d'unité de l'ouma (la communauté des croyants), comme toutes les idéologies
a-classistes, rejette toute autonomie de la classe ouvrière. Cependant,
l'antiféminisme est le plus important ciment idéologique de l'islam
politique.

Courant hétéroclite, où l'on trouve à la fois l'_expression de
la frustration de petits-bourgeois et de couches populaires face à la
domination impérialiste et à la corruption des Etats en place, le soutien
d'Etat bourgeois existants (comme la Syrie dans le cas du Hezbollah), de
l'Iran et même de régimes féodaux (Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis), le
refus du « progrès » vu comme une forme de « colonialisme » et donc la
défense des traditions les plus moyen-ageuses, tantôt allié, tantôt opposé à
l'impérialisme occidental, habillant sous un discours apparemment «
révolutionnaires » des conceptions réactionnaires, mouvement de masse dans
certains pays, disposant de partis, de groupes armés, d'organisations de
bienfaisance et de réseaux divers, cette mouvance n'est pas sans rappeler le
fascisme. Nous n'y voyons qu'une seule différence fondamentale : en Europe,
le fascisme fit son apparition au cour même des pays impérialistes, alors
que l'Islam politique se développe dans des pas dominés. Nous ne répondrons
donc pas à la question de savoir si le terme fascisme, ou fascisme vert,
s'applique véritablement ou non à l'islam politique[13], mais il convient
d'avoir à l'esprit les similitudes entre ces deux mouvances. Et si la
mouvance islamiste en soi forme un tout hétéroclite, chacun des groupes s'en
revendiquant est lui même un fourre-tout d'aspirations et d'intérêts parfois
contradictoires. Si on y trouve les intérêts de certains Etats, de cliques
dominantes féodales, de fractions bourgeoises, ainsi que de chefs de guerre,
ces différents groupes arrivent à exploiter les frustrations de classes
populaires pour avoir une audience de masse. Or, respectueux de la propriété
privée et de leurs riches financeurs, les groupes islamistes ne peuvent
apporter aux masses une amélioration de leurs conditions de vie, d'où la
nécessité d'offrir à leur base d'évacuer leurs frustrations en s'en prenant
aux femmes. En ce sens, les groupes islamistes peuvent, selon les intérêts
de leurs financeurs et les ambitions de leurs chefs, accepter tous les
retournements de veste, des Talibans dit « modérés » peuvent s'allier avec
l'impérialisme américain, mais il y a un point de leur programme qui ne
changera jamais, leur antiféminisme, leur mépris des femmes. En ce sens,
l'antiféminisme joue pour l'islam politique le même rôle de ciment qu'a joué
l'antisémitisme dans le nazisme.

Du colonialisme à l'indépendance

L'argument principal des islamistes contre les militantes
féministes est de les accuser d'être « occidentalisées, soutenues par des
organisations occidentales dans le but de détruire la nation islamique basée
sur la cellule familiale », en gros qu'elles seraient une sorte de cheval de
Troie de l'impérialisme ou du colonialisme. Or, le colonialisme, justement,
n'a jamais brisé ou même cherché de briser les rapports d'oppression
patriarcaux dans les pays dominés. En Algérie par exemple, le colonialisme
français n'a jamais aboli la polygamie, la répudiation ou plus largement le
droit islamique et traditionnel appliqué avant la colonisation. On notera
d'ailleurs que des lois du statut personnel particulières continuent de
s'appliquer dans les DOM-TOM, comme l'application d'un droit local musulman
à Mayotte ou d'un droit coutumier en Nouvelle-Calédonie pour les «
indigènes », ou pour des femmes immigrée, comme le démontre la convention
franco-marocaine de 1981 qui stipule que "la référence à la loi de l'un des
deux Etats s'entend de la loi interne à cet Etat à l'exclusion du droit
international privé" (art. 3). Autrement dit, une femme marocaine en France
se verra régie, en cas de conflit familial, de conflit de filiation, par le
code de statut personnel marocain. En Cisjordanie et dans la Bande de Gaza,
l'occupation israélienne a certes imposé de nombreuses restrictions de
mouvement à la population palestinienne, mais n'a en rien remis en cause les
lois discriminatoires à l'encontre des femmes issues du droit jordanien ou
égyptien. En Afghanistan, l'occupation américaine n'empêche pas que les
violences contre les femmes restent courantes, ni même les lapidations (en
mai 2005, une femme de 29 ans a été condamnée à mort par un tribunal et
lapidée dans le district d'Urgu pour adultère[14]) et ne parlons même pas de
l'Irak où s'est avec la bénédiction de l'impérialisme que se met en place
une constitution contre les femmes. Aussi, tout comme des chefs de guerre
islamistes peuvent très bien pactiser avec l'impérialisme, ce dernier n'a
jamais fait avancer d'un iota la situation des femmes dans les pays dominés.

Bien sûr, le ciment antiféministe, tout comme la base
politico-religieuse, de l'Islam politique n'a pu trouver un écho dans les
pays de culture musulmane que parce que ces sociétés sont restées
patriarcales et religieuses. L'Islam, en soi, n'est pas plus réactionnaire
ou antiféministe que les autres religions, pas plus intolérant que le
christianisme et le judaïsme par exemple. En Turquie, avec la révolution
nationaliste-bourgeoise menée sur les ruines de l'Empire Ottoman, Atatürk a
fait de l'Etat turc un Etat laïc et a apporté des avancées quant aux droits
des femmes. Les femmes turques ont ainsi eu le droit de vote en 1934, soit
dix ans avant les femmes françaises. Dans les pays arabes, au contraire, les
mouvements de libération nationale de l'après-guerre n'ont, nul part, imposé
la laïcité et encore moins l'égalité entre hommes et femmes. Magida Salman,
dans son texte « Les femmes arabes » affirme que : « La division du monde
arabe par les pouvoirs impérialistes européens ont conduit à l'émergence
d'une conscience nationaliste, dont l'élément central était le désir de
réaffirmer l'unité arabe détruite par les "Occidentaux". Cette conscience
s'est manifestée par un attachement aux éléments unificateurs précédents la
division : la langue, les coutumes et la religion vécue comme tradition
culturelle. L'Islam devenait ainsi une composante de la conscience
nationaliste bourgeoise. La femme arabe a souffert de cette réaction qui a
eu pour effet de limiter les transformations qui auraient pu se produire
dans sa condition par le contact avec la société européenne et par la lutte
des peuples pour la libération du joug impérialiste européen. [15] »

Ainsi, si le colonialisme n'a pas fait avancer la condition
des femmes, il en est de même des mouvements de libération nationale. Magida
Salman explique bien cette situation en analysant la base sociale des
mouvements de libération nationale du monde arabe aux lendemains de la
deuxième guerre mondiale. « Ces mouvements sont venus au pouvoir soit par
des putschs organisés par de jeunes officiers militaires soit par l'action
de partis politiques essentiellement formés par la petite bourgeoisie. Les
régimes bourgeois établis par les luttes et les mouvements
anti-impérialistes dans le monde arabe, étaient souvent obligés de prendre
des mesures radicales contre l'intransigeance impérialiste. Ils étaient
obligés ainsi de s'appuyer non seulement sur la petite bourgeoisie urbaine
mais également sur la paysannerie et la classe ouvrière voire, dans une
certaine mesure, de mobiliser les ouvriers et les paysans. Mais il était
également nécessaire de s'assurer que la radicalisation et la mobilisation
populaires n'accentueraient pas la lutte des classes, que le soulèvement
populaire pourrait être circonscrit dans des limites compatibles avec le
maintien du mode de production capitaliste. La formule permettant de
parvenir à cet équilibre délicat était bien choisie : le socialisme
islamique. En d'autres mots, le socialisme pour les masses, l'Islam pour la
survie du capitalisme. » En ce sens, le maintien de la religion comme
idéologie d'Etat avec, comme corollaire, l'oppression patriarcale sur les
femmes, était une nécessité pour la petite-bourgeoisie nationaliste afin de
maintenir l'exploitation capitaliste. Et pour ce qui est de l'Algérie, on
peut rappeler quelles furent les positions de ce « socialisme islamique »
(qui bien sûr n'a de socialiste que le nom) par rapport à l'émancipation des
femmes : en 1967, le journal officiel « el-Moujahid » expliquait : « notre
socialisme repose sur les piliers de l'Islam et non sur l'émancipation
féminine avec son maquillage, ses coiffures et ses produits de beauté, qui
ouvre la voie à des passions débridées nuisibles à l'humanité ». En 1965, la
revue « el-Jaish » se demandait : « qu'adviendrait-il de la virilité et de
la gloire algérienne, de la nature nationale arabo-islamique de notre
dynamique jeunesse, comment nos jeunes gens se sentiraient-ils, s'ils
voyaient leurs sours aux bras d'étrangers qui sont leurs ennemis et les
ennemis de la nation arabe toute entière ? ».

Cette référence à l'islam et aux « valeurs traditionnelles »
continue d'ailleurs toujours d'être utilisée par les Etats du monde arabe
pour appeler à « l'unité nationale » face aux risques d'explosions sociales.
Tout comme en France et plus largement en Europe occidentale, les
politiciens font appel à la démagogie raciste contre les immigrés, les Etats
du monde « arabo-musulman » utilisent une démagogie religieuse,
antiféministe ou homophobe. L'arrestation de 52 homosexuels égyptiens dans
la nuit du 11 au 12 mai 2001, a ainsi permis de créer une sorte d'union
sacrée contre l'homosexualité, le pouvoir faisant d'ailleurs quasiment passé
ces arrestations pour une « action anti-impérialiste ». Le journal Al-Maasa,
proche du pouvoir, indiquait ainsi que ces homosexuels auraient « importé
leurs idées perverses d'un groupe européen ». Et un journaliste égyptien,
Rose al Youssef, va jusqu'à écrire « Israël est fortement impliqué dans
l'affaire ».

Comme on le voit, les courants de l'islam politique ne sont
souvent, comme bien souvent pour les mouvances d'extrême-droite, qu'une
radicalisation de l'idéologie dominante. Dans des Etats qui considèrent que
la charria est un des piliers du droit, les islamistes demandent
l'application la plus stricte et la plus sanglante de ce droit, dans des
sociétés patriarcales, les islamistes revendiquent la défense de ces
structures sociales et le renforcement de cette oppression.

Un colonialisme à peine voilé ?

Si l'extrême-gauche occidentale a eut tout à fait raison de
lutter contre le colonialisme, pendant la guerre d'Algérie par exemple,
certains groupes, par contre, ont sombré dans l'opportunisme à l'encontre
des mouvements de libération nationale. C'est ainsi que, dans certaines
publications marxistes ou anarchistes, non seulement les limites du
nationalisme n'ont pas été dénoncées, mais ces mouvements petits-bourgeois
par nature ont été repeints en rouge. Le tiers-mondisme, à la mode dans les
années 70, a même théorisé que les mouvements de libération nationale
remplaceraient le prolétariat mondial comme moteur de la transformation
sociale. On trouve toujours cet aspect par exemple vis-à-vis du mouvement
national palestinien, les critiques vis-à-vis de l'OLP étant toujours
généralement mal-vue dans l'extrême-gauche occidentale. Et pourtant ! L'OLP
qui commence la plupart de ses déclarations officielles par « Au nom de
Dieu, le clément, le miséricordieux », n'est pas d'une nature différente que
les autres mouvements de libération nationale. Il ne s'agit pas ici de
développer une critique des mouvements de libération nationale en-soit, mais
on peut simplement rappeler que tous ces mouvements, en se basant justement
sur « l'unité nationale » (y compris les courants se revendiquant du «
marxisme », comme les maoïstes et leur théorie du « bloc des quatre classes
[16] »), non seulement sont a-classistes et visent à l'unité du prolétariat
avec une couche de la bourgeoisie, mais qu'également, contrairement au
mouvement ouvrier révolutionnaire[17], ne cherchent pas à combattre les
préjugés racistes, chauvins ou sexistes, au sein du peuple.

En affirmant, « Vos épouses sont pour vous un champ de labour
; allez à vos champs comme [et quand] vous le voulez »[18], le Coran fait
une analogie entre la femme et la terre, analogie que l'on retrouve dans la
plupart des mouvements nationalistes, y compris bien sûr en Europe. Les
femmes tondues à la Libération en France parce qu'elles étaient soupçonnées
d'avoir couché avec un Allemand ou les viols collectifs par les soldats
serbes en Bosnie-Herzégovine proviennent de la même logique. Le corps de la
femme ne lui appartient pas, mais il est la propriété de la patrie. Aussi,
si le colonialisme n'a pas brisé les structures patriarcales et tribales,
les hommes ont renforcé leur pouvoir sur les femmes, le justifiant au nom de
la défense de « l'honneur de la patrie ». Ainsi, lorsque le Hamas a commencé
sa campagne, d'abord dans la Bande de Gaza, puis en Cisjordanie, pour
imposer le port du hidjab aux femmes, la Direction Nationale Unifiée du
Soulèvement a attendu plus d'un an et demi pour dénoncer les violences
commises par les islamistes[19] à l'encontre des femmes. Pire encore, des
graffitis signés du Fatah s'associaient à la campagne du Hamas pour voiler
les Palestiniennes. De la même façon, ni l'OLP, ni les composantes dites «
de gauche » du nationalisme palestinien, n'ont lancé de campagnes d'ampleur
pour lutter contre les crimes dits « d'honneur » ou contre les violences
conjugales.

Le marxisme, a, depuis ses origines, considéré que la lutte du
prolétariat contre le capitalisme, abolissant l'ordre des choses existants,
visait à construire une société nouvelle, le communisme, où serait également
brisé l'oppression patriarcale. Et, en Europe, la quasi-totalité des
organisations d'extrême-gauche disent soutenir les mouvements féministes et
dénoncent régulièrement le sexisme ou le machisme de la société française
dans leurs publications, certaines disposent même de secrétariats ou de
commissions « femmes ». Forts des apports de Marx, Engels, Clara Zetkin,
Alexandra Kollontaï, d'autres classiques du marxisme et du mouvement
féministe des années 70, on pourrait espérer que l'ensemble de
l'extrême-gauche se dresse du côté des femmes nées « musulmanes » contre
l'islam politique. Bien sûr, des organisations comme Lutte Ouvrière ou la
Fédération Anarchiste n'ont eu aucune ambiguïté sur cette question. Mais
d'autres, par contre, ont une attitude bienveillante vis-à-vis de l'Islam
politique, en particulier vis-à-vis du Hamas ou de la prétendue «
résistance » irakienne au nom de « l'anti-impérialisme ». Le courant qui
théorise le plus cette bienveillance avec l'islam politique, est celui
représenté en Grande-Bretagne par le SWP (Socialist Workers Party). C'est ce
courant qui, lors de la guerre civile en Algérie, avait lancé le mot d'ordre
« « Avec l'Etat jamais, avec les islamistes parfois », qui, avec les
réactionnaires de la Ligue Arabe Européenne, a organisé le 27 mars 2004 une
manifestation commémorative en l'honneur du cheik Ahmed Yassin, fondateur du
Hamas liquidé cinq jours plus tôt par l'armée israélienne[20] à Amsterdam,
ou qui influence en France les Jeunesses Communistes Révolutionnaires et une
tendance minoritaire de la LCR qui ont manifesté avec des organisations
islamistes pour le « droit de porter le hidjab ». Et au-delà de ce courant
clairement identifiable[21], on trouve des militants et même des militantes,
marxistes, anarchistes ou féministes, qui ne voient rien de scandaleux à ce
qu'un Tarik Ramadan soit invité à un Forum Social et refusent de combattre
clairement l'oppression patriarcale que subissent les femmes « nées
musulmanes » et les groupes de l'Islam politique. Le plus souvent, il ne
s'agit que d'un refus par omission. Par rapport à la Palestine par exemple,
qui fait couler tant d'encre dans la presse d'extrême-gauche, combien de
lignes dénoncent la situation des femmes dans ce pays ? Il existe pourtant
plusieurs organisations féministes en Palestine, mais il n'en est que
rarement question dans les publications marxistes ou libertaires. Pire, il
arrive que des militants, par ailleurs progressistes lorsqu'il s'agit des
femmes en France, considèrent que dénoncer les crimes du Hamas ou les
meurtres « d'honneur » serait « faire le jeu du sionisme ». Tout comme, à
une autre époque, dénoncer les procès de Moscou serait « faire le jeu de
l'impérialisme » ?

Ainsi, pour l'Irak, le Comité International de la Quatrième
Internationale par exemple s'en prend à Lutte Ouvrière en ces termes : «
tandis que la montée de la résistance plongeait les gouvernements de
Washington et de Londres dans une crise sévère, LO dénonça une des figures
symboliques de cette résistance, l'imam chiite Moqtada al Sadr ». Comment ne
pas s'étonner que des trotskistes puissent être choqués que l'on dénonce un
ennemi de la classe ouvrière comme Moqtada Al Sadr ! Al Sadr fait massacrer
des femmes uniquement parce qu'elles sont femmes, et il ne faudrait pas le
dénoncer parce qu'il serait une des figure symbolique de la résistance ?!?
Et alors que des groupes qui se réclament du marxisme glorifie la prétendue
résistance, ils oublient qu'il existe dans ce pays un courant communiste
révolutionnaire, le Parti Communiste Ouvrier d'Irak, qui défend une ligne de
classe, internationaliste et féministe. Il est clair, bien sûr, que chaque
organisation ou militant peut formuler des critiques par rapport à la ligne
du PCOI, le débat et la confrontation de points de vue, la polémique même,
étant une tradition dans le mouvement ouvrier révolutionnaire[22]. Par
contre, il est scandaleux de discuter des positions du PCOI en les mettant
sur le même plan que celles de la prétendue « résistance », ce qui signifie
mettre sur le même plan une organisation ouvrière, des camarades, et des
ennemis de la classe ouvrière ! Que l'on puisse critiquer le PCOI est une
chose, mais il en est une autre, lorsque des militants communistes, des
militants ouvriers, des frères et des sours de classe, se font assassiner
par des militants islamistes, de critiquer le soi-disant « sectarisme » des
premiers et de soutenir la « résistance » des seconds ! Ces considérations
devraient être la plus élémentaire solidarité de classe, et pourtant,
plusieurs organisations progressistes ou même révolutionnaires de France ont
refusé une intervention de Houzan Mahmoud, présidente de l'Organisation pour
la Liberté des Femmes d'Irak et militante du PCOI, lors du meeting contre la
guerre du 20 mars 2004, craignant que son discours féministe ne s'en
prennent de façon trop virulente aux assassins de l'Islam politique !

Si, lors de la décolonisation, on pouvait croire que des
camarades se laissaient éblouir par le discours vaguement socialiste des
mouvement de libération nationale, même un aveugle peut voir le caractère
profondément réactionnaire, anti-communiste et anti-féministe de l'Islam
politique. Certains camarades pensent peut-être que la libération nationale
serait, en Palestine ou en Irak, la « première étape », nécessitant la plus
grande unité, pour permettre, ensuite d'aborder d'autres questions comme la
libération des femmes. En 1979 déjà, lors de la révolution iranienne, une
fraction non-négligeable de l'extrême-gauche iranienne considérait que
Khomeyni représenterait une « petite-bourgeoisie progressiste » et qu'il
fallait donc le soutenir. Et pourtant, tout le monde sait aujourd'hui ce que
signifie le régime des mollahs pour les progressistes, les femmes et les
ouvriers d'Iran. Faudrait-il espérer le même sort pour les femmes, les
ouvriers et les progressistes d'Irak ou de Palestine ?

Les crimes commis par l'islam politique, en Algérie, en Iran,
en Irak, au Pakistan, en Palestine et ailleurs, hurlent la nécessité de
refuser toute alliance, même « tactique », « provisoire » ou « critique »
avec la mouvance fondamentaliste. A moins de considérer que la lutte des
classes ne serait valable qu'en Occident ? Que le féminisme serait un luxe
réservé aux pays impérialistes ? Pourquoi les femmes « nées musulmanes »
n'auraient-elles pas les mêmes droits que les femmes « nées européennes » ?
Faut-il « déconstruire le genre » en Europe et accepter l'apartheid sexiste
ailleurs, et pourquoi pas, au nom d'un relativisme réactionnaire, l'accepter
même ici pour les filles issues de l'immigration ?

Dans son très beau texte, « Féministes, je vous écris
d'Alger »[23], répondant aux féministes qui, en France, manifestaient pour
le port le hidjab, Wassyla Tamzali demande : « la peur de stigmatiser le
christianisme n'a pas arrêté la lutte des féministes, pour la conquête
essentielle du droit à l'avortement et de la liberté de disposer de son
corps. On touchait là à un dogme beaucoup plus sérieux et avéré que le voile
dans l'islam. Alors, ce qui est bon pour une religion ne l'est pas pour
l'autre ? La gauche, une certaine gauche, les féministes, certaines
féministes, par leur attitude, nous poussent à croire que ce qui touche à
l'islam est en dehors de la pensée. Peut-on dire que ce qui conduit la
pensée féministe en général n'est pas bon pour ce qui concerne les femmes
dites musulmanes ? ».

Bien sûr, l'extrême-gauche se doit de lutter contre
l'occupation de l'Irak, de la Palestine ou de l'Afghanistan, bien sûr, les
révolutionnaires doivent se mobiliser contre l'impérialisme, et en premier
lieu contre l'impérialisme français[24], mais sans oublier que nous menons
une lutte générale, pour le communisme, pour l'émancipation de l'humanité,
ce qui implique une lutte contre l'islam politique. Ceux qui maintiennent
qu'il y aurait des différences entre les revendications à défendre pour les
droits des femmes en Europe et dans les pays dominés ont non seulement une
vision coloniale du monde (comme si une femme, sous prétexte qu'elle serait
arabe, n'aurait pas les mêmes aspirations à être libre et traitée en être
humain qu'une autre !), mais, en se montrant conciliant avec des groupes
islamistes, servent « d'idiots utiles » à des courants fascisants et
tournent ainsi le dos à l'émancipation de l'humanité qui ne pourra se faire
sans briser l'oppression que subit plus de la moitié de la population
mondiale.

Yasmina

PS : Deux petites réflexions sur les gauchistes suivistes par
rapport à l'Islam politique :

On entend parfois que le PCOI ne « ferait rien contre
l'occupation ». Critique sans fondement, le PCOI organise les travailleurs,
constitue des syndicats, contribue à l'organisation des femmes, chasse les
islamistes des quartiers ouvriers, etc. etc. Ce travail quotidien
d'organisation du prolétariat et de la société civile apparaît peut-être
moins « excitant » d'un point de vue médiatique qu'une guérilla armée,
fut-elle réactionnaire, moins viril ?

Lors de la guerre en Yougoslavie ou des exactions de l'armée
françaises en Côte d'Ivoire, toutes les organisations d'extrême-gauche, ou
presque, ont, à juste titre, dénoncé le racisme de Milosevic et de Gbagbo
tout en dénonçant l'impérialisme. Personne n'a considéré que face à
l'impérialisme, il fallait soutenir Gbagbo ou Milosevic comme c'est le cas
de la prétendue résistance irakienne ou du Hamas en Palestine. Est-ce parce
que finalement, si le racisme est fermement condamné, le sexisme, lui, reste
vu comme un « mal acceptable » ?

Comme quoi, même en France, y compris dans des milieux qui se
veulent progresistes, le féminisme reste une nécessité.

[1] Ce terme, généralement utilisé, est critiquable, à la fois
parce qu'il englobe d'un côté de nombreux peuples non-arabes (turcs, kurdes,
perses, pakistanais, kabyles...) et de l'autre des minorités non-musulmanes
(druzes, arabes chrétiens, zoroastriens, etc.) sans parler des athées de ces
pays.

[2] Par marxisme, nous désignons bien entendu uniquement les
organisations se réclamant ds oppositions de gauche au stalinisme, et non
pas ceux qui défendent la contre-révolution bureaucratique ou ses variantes
chinoise ou albanaise.

[3] Al-Fanar « A propos du fondamentalisme dans notre pays ».
http://libertefemmepalestine.chez.tiscali.fr/Fondamentalisme.html

[4] Source : L'Humanité, 16 janvier 1995

[5] Article 25 de la charte du Hamas

[6] Hassane Zerrouky, « Hamas, le produit du Mossad », «
L'Humanité », 14 décembre 2001

http://www.humanite.presse.fr/journal/2001-12-14/2001-12-14-255050

[7] Voir Islah Jad, « Les Palestiniennes face aux mouvements
islamistes », décembre 2004.

http://libertefemmepalestine.chez.tiscali.fr/femme_hamas.html

[8] Cité par Martine Gozlan, « Le sexe d'Allah », Editions Le
live de Poche, Paris 2004.

[9] Yanar Mohammed, « Une constitution inhumaine pour les
femmes », 23 juillet 2005.

http://www.solidariteirak.org/article.php3 ?id_article=403

[10] Ouvrage préfacé par Tarik Ramadan que certains, au sein
du mouvement alter-mondialiste, continuent de considérer comme un
progressiste !

[11] Fatwa numéro 32.

[12] Fatwa numéro 36.

[13] Sur cette question, voir le texte de Sivayes Azeri (Parti
Communiste Ouvrier d'Iran), « Les groupes de la résistance religieuse
irakienne sont-ils fascistes ? »

http://www.solidariteirak.org/article.php3 ?id_article=331

[14] Source : Amnesty International

http://www.amnestyinternational.be/doc/article5309.html

[15] Magida Salman, « Les Femmes Arabes », Décembre 1997,
Femmes Sous Lois Musulmanes

http://www.wluml.org/french/pubsfulltxt.shtml
?cmd[154]=i-154-16646

[16] Théorie maoïste selon laquelle le moteur de la
transformation de la société serait « le bloc des quatre classes »
(prolétariat, paysannerie, petite-bourgeoisie et bourgeoisie nationale)...
Théorie qui est bien entendu une négation du marxisme !

[17] Des décennies de contre-révolution stalinienne et son
influence sur le mouvement ouvrier peuvent laisser penser le contraire. Et
pourtant ! En 1917, une des premières mesures du gouvernement soviétique,
dans un pays arriéré comme la Russie, fut de dépénaliser l'homosexualité !

[18] Le Coran, sourate 2, La vache

[19] Voir Remma Hamami, « Les femmes, le hidjab et
l'Intifada ».

http://libertefemmepalestine.chez.tiscali.fr/femmes_hidjab.html

[20] Voir De Fabel van de illegaal, mai/juin 2004, « Cheikh
Yassin, un « héros » et un « exemple » ? » :

http://www.gebladerte.nl/30099v01.htm

[21] Pour une critique des positions de ce courant, voir «
Lutte de Classe » n°84, « Quand une partie de l'extrême-gauche fait la cour
aux islamistes »

http://www.union-communiste.org/
?FR-archp-show-2004-1-566-3183-x.html

[22] Rosa Luxemburg, par exemple, ne s'est pas privée de
critiquer la stratégie des bolcheviks, mais elle l'a fait en camarade,
affirmant en même temps son entière solidarité avec les communistes russes
face à la réaction.

[23] http://www.prochoix.org/pages.action/laicite/tamzali.html

[24] Se mobiliser prioritairement contre l'impérialisme
américain, par exemple, ce qui est le cas de certains groupes gauchistes,
revient souvent, dans les faits à se retrouver à la remorque de
l'impérialisme français.

# Posté le jeudi 06 octobre 2005 19:56

Maroc : CAMPAGNE DE SOLIDARITE

De Amal Meryem amal_meryem@yahoo.fr


Date: Thu, 6 Oct 2005 18:44:34 +0200 (CEST)
Objet: [assawra] Campagne de solidarité.

Pétition à signer et à envoyer contre le procès des douze détenus de Tamassint

Les 15 détenus de Tamassint étaient au procès au tribunal de seconde instance à Al Hoceima au Maroc
Sous l'effet de la répression et la torture des paysans pauvres par le régime makhzenien
Après la condamnation lourde au tribunal de première instance à Nador et à Al Hoceima

Comme réponse à la convocation de l'Association de Tamassint pour le suivi des effets du séisme d'Al Hoceima d'une marche de protestation le 19-05-05, de TAMASSINTE vers la willaya d'Al Hoceima :

Pour la libération des militants de l'association de Tamassint pour le suivi des conséquence du séisme qui ont été détenus le 11 mai 2005, le président de l'Association Moatassim El Ghalbzouri et à deux autres membres de l'association, Mohamed Aberkan 70 années, et Salim Ghallit, accusés et condamnés au tribunal de première instance de Nador.

Pour une nouvelle approche de reconstruction de la région et la révision de l'enveloppe budgétaire consacrée à la reconstruction des maisons des paysans pauvres.

Les autorités ont procédé dés 10 km de la marche d' intervenir par ses forces de torture. L'intervention avait produit une répression violente, en arrivant à utiliser la policier gaz lacrymogènes depuis des hélicoptères. Le résultat a été environ 20 personnes arrêtées, 12 d'entre eux ont été poursuivis et condamnées au tribunal d'Al Hoceima (voir la liste des détenus).

Appel
A toutes les organisations et activistes de droits Humains nationales et internationales
Pour le soutien des paysans pauvres, ouvriers, étudiants et élèves détenus de Tamassint
Pour protester contre le procès du tribunal d'Al Hoceima

Envoyez votre soutien aux :
tarwd_orgs@yahoo.fr
ibrahim_tamassint@yahoo.fr

Envoyez votre protestation
Premier Ministre courrier@pm.gov.ma
Ministre de la Justice courrier@mj.gov.ma
Ministre de l'Intérieur courrier@mi.gov.ma


Liste des détenus
Samir Ouled Dahhou - Mohamed Ali El Berka - Hassan El Kammouni - Jamal Aalioui - Brahim Assadri - Ali Bn Saamar - Brahim El Khalfioui - Jamal El Mourabit - Abdelhamid Al Fernouki - Abdelmalik El Moussaoui - Aimad El Mourabit - Ahmed Bassiri

# Posté le jeudi 06 octobre 2005 16:09

Contribution au débat sur la « Charte pour la paix et la réconciliation nationale »

Voilà des algériens, et qui plus est, résidant à l'étranger, conviés à donner leur avis sur une question nationale : une « Charte sur la paix et la réconciliation nationale. » L'événement, car c' est un, aurait de quoi réjouir plus d'un et nous remplirait de fierté n'était le flou et la confusion entretenu par ce texte, confusion dénoncée récemment par des voix partisanes et d'autre institutions chargées de faire respecter les droits de l'homme. Ce projet de charte est comme le bikini : il montre tout et cache l'essentiel. Mais à y bien regarder, on rencontre une seule constante dans ce texte : c'est la volonté acharnée de ses concepteurs à amnistier à tout prix et dans un le même élan des chefs terroristes comme Hassan Hattab et des milliers d'autres criminels...pendant que le jeune fumeur de joint du quartier est sévèrement puni. A nos interrogations, des clercs incompétents du régime nous jettent à la face l'exemple de l'Afrique de sud post-apartheid et sa fameuse commission vérité et réconciliation. Ce qu'on n'oublie d'ajouter c'est que dans ce cas précis, c'était que l'institution judiciaire a, au préalable, passé au scanner, et au cas par cas, les individus impliqués dans les crimes de l'apartheid et que ceux reconnus coupables de crimes ont été jugés et sanctionnés.
En Algérie, la réconciliation n'est pas perçue comme une mesure de justice mais comme un dogme permettant enfin de laisser les mains libres aux ambitieux et autres aventuriers politiques.
Il est peut-être nécessaire de faire un court flash-back sur l'itinéraire de cette idée de réconciliation concoctée dans les laboratoires des coups tordus. Cela a commencé par cette déclaration du chef de l'Etat a propos des terroristes peu de temps après qu'il ait accédé au pouvoir : « Si j'avais 20 ans, je ferais comme eux : j'aurais pris le maquis. » Quelque temps après, il se constitue une coalition composée de partis, ou plutôt de particulets vue leur audience limitée à leur chefferie d'origine, et dont la force politique se résume à la souplesse de leur échine. Rares d'entre eux ont dénoncé le terrorisme. Parmi ceux-ceux, les partis islamo-intégrites eurent droit, à tout seigneur tout honneur, aux premières loges. On passa ainsi à la troisième étape ; la dissolution des associations anti-terroristes et celles des victimes du terrorisme. L'un des objectifs inavoués de ces dissolutions était d'effacer la mémoire collective et d'instituer l'amnésie. L'étape suivante constituait en le désarmement des Patriotes armés, ces patriotes qui, pendant les pires moments qu'ait vécus l'Algérie et aux côtés de nos soldats et policiers, furent les sentinelles de notre intégrité physique et de notre honneur. Aujourd'hui on leur dit : L'étape suivante constituait en le désarmement des Patriotes armés, ces patriotes qui, pendant les pires moments qu'ait vécus l'Algérie et aux côtés de nos soldats et policiers, furent les sentinelles de notre intégrité physique et de notre honneur. Aujourd'hui on leur dit : [/ La dernière étape enfin était de ligoter l'empêcheur de régner en rond : la presse. Pour cela il fallait frapper un bon coup, un coup qui donne l'exemple : on a visé le quotidien francophone qui affichait au plus fort tirage d'Afrique du Nord, L'étape suivante constituait en le désarmement des Patriotes armés, ces patriotes qui, pendant les pires moments qu'ait vécus l'Algérie et aux côtés de nos soldats et policiers, furent les sentinelles de notre intégrité physique et de notre honneur. Aujourd'hui on leur dit : [/ La dernière étape enfin était de ligoter l'empêcheur de régner en rond : la presse. Pour cela il fallait frapper un bon coup, un coup qui donne l'exemple : on a visé le quotidien francophone qui affichait au plus fort tirage d'Afrique du Nord, s » refusent aujourd'hui de jouer ce remake et foudroient le régime des attaques les plus violentes. Chat échaudé craint l'eau froide.
Il est quasi-certain que le soir du dépouillement des votes on annoncera de nouveau un score brejnévien qu'aura remporté le « oui» et qu'on tentera de faire avaler cette pilule amère a notre peuple, une pilule hélas dépourvue du pouvoir de guérison, bien au contraire.
« Réconciliation » n'est pas toujours synonyme de justice.
Personne ne m'a délégué ni donné mandat ni encore élu à 85 % de voix pour tenir les présents propos. J'assume seul leur entièreté.
Persiste et signe :

Djamal Benmerad


Bruxelles le 14 septembre 2005 à 18 h 30 au 89, avenue du Parc – CEFAUO – Saint Gilles- Bruxelles

Copie : Son excellence l'ambassadeur d'Algérie à Bruxelles

# Posté le jeudi 15 septembre 2005 16:31

APPEL D'UN MEMBRE DU GROUPE DES 21

Appel d'un membre du groupe des 21


Aux intellectuels, aux hommes de sciences, aux honnêtes gens de religion,
aux hommes de courage intellectuel et moral.


Impliquez-vous ! C'est votre devoir de le faire. Notre pays l'Algérie a
assez souffert, elle a trop souffert. Dites ce que vous pensez de l'amalgame
« Religion-politique ». Dites-le et redites-le assez pour instruire, pour
mettre en garde un peuple ignorant en la matière. Intellectuels, vous avez
le devoir absolu de le dire. Le fait d'ériger l'Islam en religion de l'Etat
est une aberration, une erreur monumentale qui, pratiquement, assure le
droit à celui qui est en pouvoir d'user et d'abuser en bonne conscience.
L'Islam ne doit pas être la religion de l'Etat. Il ne peut pas être la
religion de l'Etat. L'Islam est la religion de Dieu. C'est la religion de
Mohamed (QSSSL). L'Islam est la religion de l'humanité. L'Islam ne nous
appartient pas, que l'on soit Etat ou individus ; c'est nous qui lui
appartenons en tant qu'individus. A-t-on seulement oublié que les compagnons
du Prophète ont tous (à part Boubaker) été assassinés pour des divergences
politiques en se servant du Livre (de la religion). Depuis, des siècles ont
passé et nous demeurons et continuons à vivre dans la « fitna » pendant que
le monde avance et prospère sans nous. C'est la raison pour laquelle nous
devons absolument et « urgemment » dissocier le temporel du spirituel, si
nous voulons vivre en convivialité, en bonne harmonie, en paix avec
nous-mêmes et avec autrui. Le pouvoir utilise, comme il l'a toujours
utilisée, insidieusement la religion à son avantage pour accaparer ou pour
se maintenir au pouvoir. Voyez ce que fait le pouvoir aujourd'hui, il ne lui
a pas suffi d'utiliser les mosquées et tous les médias de l'Etat en
exclusivité, il a fait ressusciter les zaouias, il en a même créées de
nouvelles avec le budget de l'Etat pour les besoins de sa politique : se
maintenir au pouvoir contre la volonté populaire usurpée. Il est certain que
l'Islam vivra et s'épanouira en pays d'Occident, là où la liberté de penser
et de s'exprimer (comme au temps de la civilisation arabe en Espagne) est
garantie et défendue par l'Etat de droit et de loi bien en avance sur les
pays musulmans de souche évidemment, certainement et heureusement, car c'est
là l'essentiel pour l'humanité entière.

Mohamed Méchati

[projets_alger
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# Posté le jeudi 15 septembre 2005 16:25

Wanted

Cherche l'adresse e-mail de Keltoum S.
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# Posté le lundi 12 septembre 2005 20:02