Djamal
Je me coule dans tes vers
et je m'enroule
dans la danse de ton pas
puis je fonds
dans les sanglots
repliés
repassés
rangés
aseptisés
du monde
depuis tu sais le monde
tu le connais le monde
c'est vrai
il a cousu sa bouche
de filins d'impuissance
tu me fais sel
et larmes
pourtant les mots rodent
encore en moi en nous
dans l'arène de tes pages
et
tant qu'il y aura des mots
il restera toujours
une pensée
une seule
un filet de lumière
à saisir
par le revers du col
nous nous sommes croisés
dans l'enceinte calfeutrée
d'une armistice insolente
car
on a trahi mille fois
le rire de mes aurores
poignardé ma jeunesse
et brisé mes élans
on m'a trahie pourtant
mais j'ai compris
deux mille fleurs
la vie
terrain fertile
je suis masque Ashanti
et rire de Prairies