Pauvres pommes, vous avez compris maintenant. Il y a trois jours, je tenais des propos roboratifs à des ouvriers du Nord. Il y en a huit, j'invoquais Jaurès et Blum, ce que je n'avais pas fait en vingt ans. À peine élu, je pars dans le jet privé que me prête un milliardaire et je vais me reposer sur son yacht (il me fera peut-être cadeau du coût de la location - 195 000 euros la semaine -, à charge de revanche. Sinon les militants casqueront).
Je n'aurais évidemment pas fait ça trois jours plus tôt, mais, avec ma confortable avance, je peux me permettre d'annoncer tout de suite la couleur. Mon frère n'a pas réussi à devenir le patron du Medef. Moi, j'ai fait mieux et maintenant, le patron des patrons, c'est moi. Faut-il que vous en ayez une couche pour avoir cru à mes rodomontades !
Vous trouvez que je manque de prudence, que dans cinq ans, je pourrais me repentir de ces propos. Vous n'avez décidément rien compris. D'ailleurs si vous étiez intelligents, vous ne seriez pas restés prolos. Il y a aussi des gènes pour ça. Alors, je vous explique. Mon maître n'est pas De Gaulle, même si je suis allé m'incliner sur sa tombe pour récupérer des voix. Mon maître, c'est Chirac. J'ai appris avec lui que l'on pouvait dire et faire absolument n'importe quoi, qu'il fallait bondir sur tout ce qui passe pour se l'approprier, que le cynisme paie. Les gogos suivent.
Je suis parfois un peu triste en pensant que tout ça ne vous rendra pas plus intelligents. Pauvres pommes, vous êtes programmés génétiquement pour être des prolos et prolos vous resterez. D'autres sont programmés pour vous mener par le bout du nez et ils continueront de le faire. Merci quand même. À dans cinq ans.