Victor Khagan
Je l'ai vu et ouï, je ne le croyais pas vraiment, je voulais ne pas le croire : la Belgique de Dutroux continue telle qu'hier ! Dutroux et les siens gagnent encore leur quotidien, chez nous. Sont-ils réellement en prison ? Ne se cachent-ils pas toujours dans les prétoires et dans les chambres de nos enfants ? Dans un prétoire d'une ville chef-lieu de province et d'arrondissement, j'ai vu et ouï un président de cour ignorer délibérément les insupportables vexations à l'Enfance et confirmer les ordonnances illégales de substituts mécréants, au mépris de l'Instruction et au mépris des Droits de l'Homme et des Droits de l'Enfant. Interloqué, je l'ai vu, cyniquement, accuser la mère souffrant au profond de son c½ur et de son âme. Je me suis pincé pour me lever tout de suite, pour ne pas accepter par lâcheté une hérésie de plus.
J'avais honte de mon pays : maintenant, je dois me battre contre lui. Un pays où l'on nie un Dossier Bis au nez et à la barbe de ses citoyens est un pays perdu. Perdu de morale. Les voyages en Thaïlande impunis ôtent notamment toute crédibilité à l'art dans notre pays. Toute autorité à cet art, tant qu'il ne s'oppose pas systématiquement à la liberté faite aux pédophiles, isolés ou en ch½ur...
Les juges savent donc qu'ils seront eux-mêmes impunis : ils peuvent, à leur guise, devenir iniques, abusifs et cyniques. Rien ne les arrêtera. Certains se déguisent encore un peu qui pensent donner le change en se faisant paternalistes et moraux. Pour mieux assassiner l'innocence et les idéaux. Combien d'hommes ne veulent-ils pas être d'accord avec le discours qui taxe les mères de femmes hystériques ? Ainsi les difficultés disparaissent, l'effort intellectuel s'évite au profit de certitudes couardes : «Voyez ma jurisprudence ! »
Cette mère imagine qu'elle peut encore se battre : elle va, telle une Doña Quijote, affronter les moulins à vent de la Justice belge. C'est qu?elle croit à la chance de sa fillette de pouvoir échapper aux institutions complices ou au grand-père bourreau. Devons-nous l'engager à croire et à se battre, craignant le pire pour sa fille ? Craignant nous, le pire pour elle ?
Je me suis tellement habitué, moi-même, à l'anonymat du maquis, à la résignation d'une lutte honteuse comme autrefois les homosexuels à l'ombre d'une double vie. Les abusés, les violés se taisent ou parlent derrière un rideau : ils sont coupables tant qu'ils ne sont pas morts. Ou, peut-être, pensent-ils encore que c'étaient eux les vicieux ? Qu'il n'y a réellement de pédophiles que dans les livres de psycho ? Qu'ils sont eux aussi, ces enfants, de simples hystériques affabulateurs ? Que leurs traumatismes sont des lubies de ratés fantasques ?
Les pédophiles et leurs complices, eux, revendiquent le mensonge, ce qui agrée. Les pédophiles ne font pas de vagues, non, ils assassinent en silence et cela plaît à une magistrature qui, assise ou debout, craint les vagues... devoirs ! Les Mamans aimantes et fortes qui se lèvent contre les juges, les substituts ou les avocats, sont des femmes hystériques souffrant du syndrome d'aliénation parentale. Elles sont déclarées fusionnelles et taxées de dangereuses pour l'intégrité physique et psychique de leur progéniture abusée et prostituée.
Il faut donc maintenir haut le flambeau de la lutte contre le faschisme qui veille. Dans les cours de justice, dans certains commissariats de police communale, dans nos familles même. La lutte pour les droits de l'enfant, clé de la résistance à la loi du plus fort.
V. K.