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Euromed

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L'Association Euromed se définit comme objectifs :
- de contribuer au libre exercice de la profession de journaliste et de lutter contre l'hégémonie médiatique des trusts financiers et des cartels.
- se propose de contribuer à la diffusion d'une information juste et qui réponde à l'attente et aux besoins des citoyens.
- la lutte contre l'intégrisme et le fanatisme de toute forme.
- la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et le sionisme, excroissance de l'impérialisme.

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Albert Camus ou L'esthétique des fantômes de la colonisation

L'esthétique des fantômes de la colonisation

Par Mohammed Yefsah
Les fleurs du mal de Baudelaire disent l'étrangeté et la beauté de l'amour avec la mélancolie et le chagrin collant à la peau de l'amoureux. L'étranger de Camus dit la beauté du soleil et de la terre charnelle algérienne en cachant la poudre, la déchéance et l'humanité du colonisé. Pour Baudelaire, il n'est sans nul doute, l'amour attaché à l'individu. Mais pour Camus, il est lié au présent de l'Algérie colonisée. La voix de Camus que l'on tente de claironner comme la plus juste durant la guerre de libération nationale algérienne sonne faux. Elle donne une mesure qu'il n'a pas eu dans l'orchestre de l'Histoire. Avec Camus, certains veulent refaire l'histoire, le concert qui s'est joué, pour introduire de fausses notes, de fausses questions.

Trêve civile

Au moment le plus intense de la guerre de libération algérienne, Camus a choisi de répondre aux questions politiques avec un discours poétique et ambigu. Le philosophe, sensé produire du discours et des concepts, se perdait en imprécisions. Puis, il se réclamait d'une opposition à l'indépendance de l'Algérie. La trêve civile qu'il a tenté, avant son grand silence, pour épargner les civils, a été élaborée, à ma connaissance, avec Ferhat Abbas et non avec Abane Ramadan, comme l'indique Monsieur Stora. Ferhat Abbas, qui n'était pas encore membre du FLN et qui a signé le texte, a ensuite rejoint cette organisation. Pourquoi ce basculement ? C'est certainement la politique française qui a poussé de nombreux « assimilationistes » à préférer la voie radicale face aux massacres de la France et la sainte alliance des partis parlementaires en donnant les pleins pouvoirs à l'armée. Le récit de Emmanuel Roblès, écrivain et ami de Camus, sur la trêve civile est bien clair sur la journée et le déroulement de cette réunion qui se voulait épargner les innocents. Le FLN a participé et voulait que les actions armées ne touchent pas les civils. L'opposition est venue des ultra de l'Algérie française qui criaient « Mendès au poteau ! Camus à mort ! ». Camus a critiqué la condition des colonisés, mais n'a jamais voulu s'attaquer au système lui-même : la colonisation.

Et jusqu'à présent, on se demande pourquoi Camus a voulu une trêve civile en 1956 alors qu'il n'a jamais dénoncé les massacres de Sétif en mai 1945 ?

Littérature de l'étrange silence

Dans les Chroniques algériennes, Camus développe un discours humaniste, afin de demander seulement l'amélioration de la situation. A aucun moment, il n'a approfondi la question et imaginé une Algérie libre et indépendante. C'était son cauchemar ! A travers son humanisme, il réanime le vieux mythe de l'éducation et de l'ignorance. Pour Camus, la façon de gagner les colonisés était de leur donner de l'éducation, de construire des écoles et de libérer les femmes. Son discours ravive aussi le vieux mythe de la colonisation, développé par les militaires-ethnologues, à savoir la division de la communauté nationale algérienne entre Arabes et Kabyles. Il reniait ainsi l'existence d'une nation algérienne. Cet imaginaire colonial, qu'Edward Saïd a analysé dans L'Orient créé par l'Occident et dans Culture et Impérialisme, dénoncé d'ailleurs par Sartre à juste raison, considère qu'il suffit de donner de l'éducation et un peu de confort aux colonisés pour qu'ils s'assimilent à la France coloniale. Camus ne s'est jamais attaqué au système colonial, à son essence, il voulait seulement son humanisation. Pourquoi cet humanisme n'est jamais évoqué à propos de la résistance française face à l'occupation allemande ? Pourquoi dans ce cas ne devrait-il pas s'appliquer à la guerre civile en Espagne ? L'homme révolté pouvait bien comprendre la lutte armée pour une cause juste, mais pas en dehors de sa terre natale.

Dans ses romans, Camus ignorait les colonisés ou simplement les évoquait pour dire leur insignifiance. A la question du journaliste sur la situation des indigènes, dans La peste, le personnage du médecin répondait (je parle de mémoire de ce passage), qu'il fallait plutôt parler de la peste et des rats que des arabes, qui demeurent loin dans leur village nègre, une sorte de bidonville en dehors de la ville européenne. Un autre personnage, Meursault, dans L'Étranger, tire cinq balles sur l'arabe qui lui cachait le soleil, sur le sable doré d'une plage algéroise. C'est de la fiction pourraient rétorquer les critiques, en avançant par exemple le concept de « l'étrangeté ». Étrangeté contemporaine avance l'historien, mais sans l'expliquer. Ce concept se veut le silence sur le devenir humain et les massacres ? C'est ainsi donner raison à ceux qui mettent dans le même sac une armée, un État, des oppresseurs et des bourreaux avec des victimes, un peuple, des opprimés, des révoltés. Et loin de tout manichéisme, l'indépendance de l'Algérie, contrairement à l'idée dominante, a été soutenue par des français et des pied-noirs, comme la colonisation a été défendue par des musulmans et des arabes.

Le présent brouillant le passé

Concernant l'explication des événements du présent par le passé, il aurait été très juste de faire des nuances. La violence de la guerre civile ne peut en aucun cas suggérer une soi-disant barbarie et la violence innée d'un peuple que développent beaucoup de discours sur l'Algérie de ces deux dernières décennies. Et puis, quel lien pourrait avoir Camus avec les années noires du terrorisme en Algérie ? Aucun. Cela participe-t-il d'un inconscient qui considère que l'Autre est forcément violent? La violence colonialiste de la France a-t-elle des racines romaines ?! Le nazisme trouve-t-il racine des vandales? L'humanisme de Camus est d'ailleurs d'une naïveté sanglante dans le contexte de la colonisation. La lutte armée, quel que soit le pays, serait "le fruit sauvage" de la colonisation qui a duré plus d'un siècle en Algérie? On parle seulement de l'Algérie sur la période 1954-1962, comme si le colonisé n'avait jamais subi violence, humiliation et toutes les indignités (au pluriel) durant un siècle ? Face à une colonisation radicale, la lutte a été radicale. L'indépendance algérienne a été acquise non par la puissance armée des algériens, mais surtout par l'adhésion politique du peuple au choix de la liberté. L'agitation autour de Camus souffle comme un vent avec lequel on veut effacer le juste engagement d'un autre humanisme incarné par Jeanson, Mandouze, Sartre et bien d'autres. C'est cela la complexité de l'histoire. Le conditionnel avec lequel on revient sur l'histoire dévoile le recul du camp anticolonialiste, anti-impérialiste et la victoire en douce des nostalgiques d'un « vivre ensemble » raté par la seule faute de colonisation et de son bras le plus violent: l'extrême droite.

Le frère nie

D'un point de vue littéraire, la place de Kateb Yacine pour comprendre le passé est incontournable. En pleine guerre, le jeune Kateb Yacine envoie une lettre à son camarade du journal Alger Républicain, Camus, laquelle reste sans réponse. Nul autre écrivain algérien de langue française à cette époque n'a autant déconstruit la colonisation que Kateb Yacine. Son roman Nedjma, parut en 1956, allait résonner comme une grenade au milieu des salves. Le meurtre, l'exil, l'amour, la révolution, la perdition, la lutte, l'alcool, les blessures, la déchéance, l'errance, l'exploitation, l'humiliation, l'injustice, la violence, le mépris, la cruauté s'imbriquent dans cette oeuvre, mise à nu ce qu'est la domination. C'est l'autre face cachée de L'étranger de Camus. Elle est le cri face à l'indifférence et le silence de L'Étranger.

La confusion faite autour de Camus l'écrivain et du politique intervient pour faire une confusion entre un génie littéraire et un injuste politique, sur fond d'algériannité sonne comme une extension latente d'un retour nostalgique sur une Algérie fantasmée. Dans l'histoire, plusieurs écrivains doués étaient politiquement réactionnaires ou injustes. Céline du Voyage au bout de la nuit n'est-il pas devenu fasciste ? Faulkner du Le bruit et la fureur n'est-il pas raciste envers les noirs américains ? L'écriture de Camus reste intimement liée à l'imaginaire des dominants. Le Camus littéraire doit avoir toute sa place en France, en Algérie ou ailleurs. Mais il est malveillant de vouloir conditionner le passé par un Camus qui refusait la révolte à des hommes qui voulaient la lumière, sortir du gouffre de l'histoire. Le talent, le génie littéraire de Camus ne lui donne pas raison de l'histoire.

M. Y.
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# Posté le dimanche 10 janvier 2010 10:09

Manuel de subversion urbaine

Manuel de subversion urbaine

Avant-propos

Cet manuel s'adresse non pas à une classe ou catégorie définies ou à cette classe ouvrière supposée , depuis deux siècles, aller au paradis alors qu'elle subit une « douce dictature » sans broncher, mais - osons le dire - aux révolutionnaires professionnels et idéalistes pour qui l'Homme est au centre du monde.

Marx, qu'il faut recadrer dans son contexte historique, a affirmé que « les ouvriers n'ont que leurs chaînes à perdre ». Pour avoir idéalisé ce postulat, nous n'avons pas voulu voir le médecin, le chercheur, les artistes, au chômage, encore moins ce lumpenprolétariat que les partis communistes orthodoxes ont peur de tutoyer et qu'ils méprisent singulièrement, qui recèlent d'insoupçonnables potentialités révolutionnaires qui feront d'eux les bataillons du savoir, et qui doivent être aux avant-poste de la guerre subversive... car eux ne possèdent même pas de chaînes !

La crise actuelle - et évidemment structurelle - du capitalisme, qui n'est pas la première et qui ne sera pas la dernière de son Histoire, vient à point nommer nous encourager à la rédaction et la diffusion du présent opuscule qui, lui, offre une radicalité dans l'action, contrairement à la Gauche pantouflarde, aux syndicats glaneurs des miettes que veut bien leur accorder la « mansuétude » du Pouvoir et autres associations pleurnichardes qui mendient leurs droits.

Ce qui est recherché à travers ces lignes écrites à la lumière des expériences menées par des camarades en d'autres pays et notre expérience personnelle qui, hélas, a été au-delà de la subversion, c'est offrir aux futurs révolutionnaires les moyens pratiques de déstabiliser l'Etat tout en respectant l'Homme. Pour cela, il faut une organisation révolutionnaire, de structure informelle mais disciplinée, dans l'objectif, à terme, est la libération totale de milliards d'être humains encore sous la domination d'une poignée de vampires.

Par ailleurs, nous précisons que pour éviter que tel indic ou autre délateur « monte en grade » aux yeux de son officier traitant à travers la remise de ce manuel, nous avons, d'une part, rejeté un confortable et sécurisant anonymat, d'autre part nous avons envoyé ce manuel – sous pli recommandé – aux plus hautes autorités d'Algérie, de Belgique et de France, ces pays constituant nos habituels territoires de transhumance.

Enfin, nous sommes certains que le présent manuel sera amélioré et complété par d'autres révolutionnaires, en fonction de leur propre expérience et de leurs propres réalités.


Qu'est-ce qu'un Révolutionnaire à l'aube du 21ème siècle


Un révolutionnaire est un Homme qui lutte, souvent par des moyens non conventionnels, contre toute forme d'oppression. Cette oppression peut prendre une forme « démocratique » comme c'est le cas en Occident, ou dictatoriale ainsi qu'elle s'exerce dans la majorité des pays du tiers-monde. Son champ de batailles, ce sont les grandes villes du pays.

Le révolutionnaire est l'ami des faibles et l'amant inconditionnel de la liberté. Il doit porter préjudice au système et à l'idéologie dominants en vue de leur destruction définitive.

Un vrai révolutionnaire est quelqu'un qui doit être capable d'aider les enfants et les personnes âgées à traverser la rue, comme il doit être capable de réaliser des tâches d'envergure nationale et internationale.

Les moyens du révolutionnaire sont, bien entendu, inférieurs à ceux de l'ennemi, mais, sur le plan moral, sa supériorité est indiscutable. Il a, comme moteur, sa haine de l'injustice.

Il doit être l'ennemi implacable du pouvoir

Le révolutionnaire doit être doté d'esprit d'initiative, d'une grande mobilité, de souplesse, du sens de l'adaptation aux dures conditions de la lutte et de beaucoup de sang-froid dans les situations les plus périlleuses. Le révolutionnaire doit toujours prévoir le pire. Il ne peut se permettre de sombrer dans la perplexité ni attendre que lui soit donné un ordre. Il doit agir, envisager pour chaque problème qui se présente, la solution adéquate.

D'autres qualités sont exigées : il faut être bon marcheur, pouvoir résister à la fatigue, la faim, la soif, à la pluie, à la chaleur. Il doit savoir se cacher et veiller de longues nuits, connaître l'art du déguisement, ne jamais craindre le danger, être capable d'agir de jour comme de nuit, ne jamais laisser la moindre trace.

Le révolutionnaire doit vivre de son travail et veiller à ne se distinguer en rien du citoyen ordinaire. Il ne peut se vêtir d'une façon qui attire l'attention. S'il est recherché par les services de sécurité, il doit plonger dans la clandestinité et vivre d'un fonds de solidarité que l'organisation révolutionnaire aura mis en place en attendant de l'exfiltrer vers un autre pays où il doit continuer la lutte sur le plan de la propagande.

.
En aucune circonstance le révolutionnaire ne doit parler de ses activités ; celles-ci ne concerne que l'organisation à laquelle il appartient. Il doit avoir une grande capacité d'observation, être très bien informé, être un bon enquêteur et avoir une parfaite connaissance du terrain où il doit opérer.

Le révolutionnaire doit pouvoir devenir un franc-tireur, c'est-à-dire un révolutionnaire solitaire, capable d'opérer des actions isolées, en bref capable de constituer une cellule à lui tout seul.

Préparation physique et technique au sabotage

Nous considérons que comme indispensables les formes d'entraînement telles que les excursions à pied, le camping et les séjours prolongés en forêt, l'ascension des montagnes, la natation, la plongée sous-marine.

Il est élémentaire de savoir conduire une voiture et une moto, mais notre préférence va vers sur ce second moyen de locomotion, comme il est nécessaire d'avoir des notions de topographie et, évidemment, de chimie, de savoir s'orienter dans le noir, calculer les distances.
Il faut toujours avoir à l'esprit qu'il n'existe pas d'opérations faciles. Elles doivent toutes être exécutées avec le même soin.

Les cibles

La subversion est tojours publicitaire. Il faut rechercher les actions spectaculaires - violentes mais pacifiques - pour frapper les esprits,
- Parmi les cibles prioritaires, il faut viser en priorité absolue :
- Les usines et fabriques d'armement,
- Les chaînes de TV, radio et la presse écrites capitalistes.
- Les intérêts des Etats-Unis
-Les intérêts de l'Etat sioniste avatar génocidaire de
l'impérialisme.
Les antennes et filiales de Coca Cola, symbole de l'impérialisme.

Les explosions auront lieu de nuit.

Cependant, il faut prendre soin, immanquablement, de prévenir par téléphone (d'une cabine publique distante de plusieurs dizaines de km du lieu de l'action) les agents de permanence nocturne et les gardiens du site une (1) heure avant l'action, ce qui leur donnera largement le temps d'évacuer le lieu. Le droit à la vie est sacré.

Ce type d'action atténuera la peur qu'éprouve le citoyen envers l'Autorité et, surtout, encouragera la radicalisation des syndicats.

Par ailleurs, de par la publicité dont elles seront entourées, ces actions pousseront le Pouvoir à montrer sa cruauté lorsqu'il lancera sa campagne de répression, qui sera en fait une campagne de représailles envers les citoyens qu'il neutralisait auparavant par des réformettes sociales.
Il faut à tout prix éviter les règlements de compte et les vengeances personnelles qui ne feront que desservir La Cause pour laquelle nous luttons : la destruction du capitalisme et l'extension du monde nouveau né à Cuba, au Venezuela, en Bolivie, et à l'état embryonnaire dans d'autres pays, monde encore loin d'être parfait mais dont le soc semble être engagé dans le bon sillon.

Il ne faut jamais employer le même modus operandi. Le tactique doit être différente à chaque opération. La routine est l'ennemie du révolutionnaire et l'expose à la capture par les forces de « l'ordre ».
En se repliant, il faut veiller à ne pas laisser la moindre trace.

Les équipes opérationnelles

Les équipes opérationnelles, que nous appellerons ici les Groupes de Choc, doivent être réduites au minimum et ne pas excéder 5 personnes : 3 pour l'exécution de l'opération et 2 pour faire le guet. Les différentes équipes doivent être rigoureusement fragmentées et coordonnées par le chef du réseau général.


Les agents subversifs seront habillés comme monsieur-tout-le-monde, de vêtements non voyante

Se munir des gants en nylon appelés « gants chirurgicaux », car les autre tisses rendent les doigts gourds et malhabiles.
Ne jamais porter d'arme à feu.

Logistique du révolutionnaire en opération

- La motorisation
- L' « équipement »
- L'argent

Les avantages du révolutionnaire sur l'ennemi

La dynamique de la subversion urbaine implique un certain nombre de critères :
Mieux connaître que l'ennemi le terrain sur lequel il opère.
L'élément de surprise, de manière à désarçonner les forces de l' « ordre ».
Jouir d'une plus grande mobilité et d'une plus grande rapidité que les forces de répression.
Disposer d'un réseau d'information meilleur que l'ennemi.
Etre vigilant en tout temps et en tout lieu

La connaissance du terrain
Le révolutionnaire, s'il veut que le terrain soit son meilleur allié, doit le connaître jusque dans ses moindres détails. Ce n'est qu'ainsi qu'il pour intelligemment utiliser son relief, ses talus, ses fossés, ses accidents, ses zones laissées à l'abandon, afin de pouvoir y opérer à son aise et, le cas échéant, s'y cacher.

La surprise
La surprise est un élément très important qui permettra de compenser l'infériorité du révolutionnaire sur le plan des moyens. Contre elle, les forces de répression ne peuvent rien. Nous connaissons la force de l'ennemi, alors que lui méconnaît la nôtre. C'est nous qui choisissons l'heure et le lieu de l'opération. L'ennemi en ignore tout.

La mobilité et la rapidité
La mobilité et la rapidité du révolutionnaire doivent être supérieures à celle de l'ennemi. A cet effet, il veillera :
à être motorisé
à bien connaître le terrain
à s'assurer d'une ou plusieurs grenades fumigènes destinées à masquer l'opération de repli.

L'information
C'est en vivant au milieu de la population, en prêtant attention à tous les types de conversations et de relations humaines, que le révolutionnaire complétera son information. Celle-ci concernera tout ce qui peut se passer sur les lieux de travail, dans les lycées et facultés, qu'il s'agisse des opinion où de l'état d'esprit des gens.
Les chances qu'ont les services de sécurité de découvrir les révolutionnaires diminuent fortement dans la mesure où, au sein de la population, se multiplient les victimes - donc les ennemis - du Pouvoir. Ceux-ci nous informeront sur les activités des agents du Pouvoir, leurs plans, des cas de corruption propres à alimenter notre propagande. Des informations sûres données au révolutionnaire signifient que des coups sûrs pourront être assénés au Pouvoir.
De toute façon, les sources de renseignement du révolutionnaire sont potentiellement plus grandes que celles de la police. Celle-ci se sait observée par la population, mais elle ignore qui se rend complice du révolutionnaire, et dans la mesure où elle commet des injustices et fait violence à des citoyens, elle favorise cette complicité entre le peuple et les révolutionnaires.

La vigilance
Le révolutionnaire doit plus écouter que parler.
Afin de s'opposer plus efficacement à nous, l'ennemi stimulera la délation et tentera de s'infiltrer en nous envoyant ses espions qui, et c'est le péché mignon des taupes, feront de la surenchère révolutionnaire. Les traîtres et les délateurs, aussitôt qu'ils seront connus, devront être châtiés de manière exemplaire.

Types d'armes

Bombes artisanales, pour les facilités de fabrication et les coûts dérisoires qu'implique cette fabrication.
De l'éther mélangé à un combustible (tel que le charbon) suffira.
Ces bombes devront être de faible intensité et seront destinées à provoquer uniquement des pertes matérielles chez l'ennemi.

Cocktails Molotov.

Grenades fumigènes pour faciliter le repli, mais à utiliser seulement au cas où les services de sécurités arrivent sur le lieu de l'action avant que l'équipe subversive n'ait été évacuée.

Se munir de billes en verre à jeter sous les chevaux de la police montée.

Les méthodes d'action du révolutionnaire

Pour atteindre les objectifs ci-dessus, le révolutionnaire doit recourir à des modes d'action les lus diversifiés possibles, mais non pas arbitrairement choisis.
Certaines de ces actions sont simples, d'autres plus complexes. Aussi le révolutionnaire devra-t-il, pour des raisons psychologiques, suivre cette échelle, allant du simple au compliqué. Avant d'entreprendre l'action, il doit considérer les moyens et les camarades dont il dispose pour l'accomplir. Il ne s'assurera que de la collaboration de camarades techniquement préparés. Ces précautions une fois prises, on pourra envisager les modes d'action suivants :

L'occupation physique d'un lieu ;

La grève ou toute autre forme d'interruption de travail. La grève intéresse avant tout ceux qui étudient ou qui travaillent. Comme elles constituent, pour les exploités, un moyen de pression très redouté, l'ennemi cherchera à l'empêcher ou à la briser. Dans l'organisation des grèves, les révolutionnaires doivent donc procéder sans laisser le moindre indice pouvant mener à l'identification des responsables. Ils prépareront ces grèves par petits groupes et dans le plus grand secret. Les interruptions de travail ou d'études, pour brèves qu'elles soient, n'en inquiètent as moins l'ennemi.

La propagande;

La guerre des nerfs.


La propagande

Les médias, par le simple fait de divulguer ce que font les “ terroristes ”, constituent pour nous nous d'importants instruments de propagande. Il faut rendre soin d'informer ces médias quelques minutes avant l'exécution de l'action afin qu'ils aient l'information
« à chaud ».

Il faut s'assurer également qu'un tract explicatif sera diffusé au lendemain de chaque opération. Le tract, d'une haute tenue esthétique, bien sûr, peut-être déposé tôt le matin dans les bouches de métro, les stations de tram, d'autobus, et dans les toilettes des cafés.
Leur existence ne dispense pas les révolutionnaires d'organiser leur propre presse clandestine. Car il faut publier et répandre des journaux clandestins, des manifestes et des tracts dénonçant les méfaits du Pouvoir. L'existence de cette presse sert, par ailleurs, à nous rallier de nombreux citoyens qu'on appellera ici “ les révoltés.silencieux ”. On peut fabriquer des mini catapultes rudimentaires, avec quelques morceaux de bois et un élastique épais, destinées au lancement de ces tracts et manifestes. On cherchera encore à faire passer sur les antennes de stations de radio des messages révolutionnaires enregistrés sur bandes. On enverra aussi des lettres visant à expliquer le sens de notre lutte à certaines personnalités qui chercheront à les divulguer publiquement pour, évidemment, impressionner la population et glaner quelques électeurs de plus.

Comme on ne ralliera jamais l'ensemble des citoyens, il faut populariser le slogan suivant : « Que celui qui ne veut rien faire pour la révolution ne fasse rien contre elle ».

La guerre des nerfs

La guerre des nerfs ou guerre psychologique est une technique de lutte basée sur l'utilisation de toute sorte de médias dont ce que les esprits stupides appellent le “ téléphone arabe ”. Son but est de démoraliser le gouvernement On y arrive en répandant de fausses informations, contradictoires, le doute et l'incertitude parmi les agents du régime.
Dans la guerre psychologique, le gouvernement se trouve en position de faiblesse, aussi censurera-t-il les moyens de communications. Cette censure se retournera contre lui car il se rend encore plus impopulaire. Il lui faut, par ailleurs, exercer une surveillance sans relâche, ce qui mobilise beaucoup d'énergie. Les moyens de la guerre des nerfs sont les suivants :
Le téléphone et l'envoi de lettres. Par ces moyens, on “ informera ”' la police sur une prétendue localisation de bombes à retardement, sur des faux « projets » d'enlèvement et d'assassinat de certaines personnalités faisant partie du harem du pouvoir, ce qui obligera les forces de répression à se mobiliser pour rien. Pratiquer l'intox en livrant aux police et gendarmerie des faux plans d'attaque, en répandant des rumeurs sans fondement, en exploitant systématiquement la corruption, les erreurs et les méfaits des agents du pouvoir, les forçant ainsi à se justifier et à tenter de démentir les bruits répandus, en informant les ambassades étrangères, l'Onu, les commissions internationales de juristes et de droits de l'Homme, les Associations chargées de défendre la liberté de la presse.
L'intervention de ces associations sera, à coup sûr, inefficace, mais elle n'en sera pas moins médiatisée, la publicité étant leur péché mignon.

Les méthodes qu'il faut suivre

Le citoyen qui rêve de rejoindre le monde restreint des révolutionnaires ne pourra agir que s'il domine parfaitement les méthodes suivantes :
- l'observation et la vigilance;
- la reconnaissance et le chronométrage de l'itinéraire;
- la planification;
- la motorisation;
- la simulation de l'action projetée en guise de répétition;
- l'exécution;
- la retraite;
- le brouillage des pistes.

La sécurité du révolutionnaire

Le révolutionnaire est sans cesse exposé à une dénonciation ou à sa découverte par la police. Pour y parer; i doit s'entourer d'un maximum de garanties touchant sa personne ou celle de ses camarades. Nos pires ennemis sont les espions ou taupes infiltrés dans nos rangs. Le meilleur moyen d'empêcher ce noyautage est l'extrême sévérité que l'on observera dans le recrutement.
On ne permettra pas non plus que tous les révolutionnaires se connaissent dura la période probatoire. Chacun ne saura que ce qui est nécessaire à sa mission.
Les annotations dans la marge des pages d'un journal ou sur une nappe en papier, les cartes de visite, les lettres et les billets, sont des indices que les enquêteurs ne manqueront évidemment d'exploiter.
La détention de petits bouts de papier portant des numéros de téléphone, des noms, des indications biographiques, doit être abolie.
Les lieux de rendez-vous seront retenus de mémoire.
Celui qui transgressera ces normes sera averti par le premier camarade qui s'en rendra compte. S'il persévère dans l'erreur, on coupera tout lien avec lui.
En cas d'arrestation, le révolutionnaire ne doit, bien entendu, ne rien révéler qui puisse nuire à l'Organisation ou qui puisse causer l'arrestation d'autres camarades. Par ailleurs, lors de son procès, le révolutionnaire utilisera le tribunal comme un moyen inespéré et supplémentaire d'agit-prop.

Les 6 erreurs du révolutionnaire

- Laisser des traces qui peuvent être fatales.
- L'inexpérience, qui fait que l'on juge l'ennemi stupide, que l'on sous-estime ses capacités, que l'on sombre dans la facilités et, de ce fait, qu'on à surestimer les forces ennemies. Son assurance, son esprit de décision, son audace, s'en ressentiront.
- La vantardise, qui fait qu'on propage aux quatre vents ses faits d'armes.
- La disproportion dans l'action par rapport à l'infrastructure logistique dont dispose le(s) révolutionnaire(s).
- La précipitation en vertu de laquelle on perd patience, on s'énerve et on passe à l'action au risque de subir des pertes.
- La témérité, qui fait que l'on attaque l'ennemi à un moment où celui-ci se fait particulièrement agressif.
- L'improvisation.

L'appui de la population

Le révolutionnaire cherchera toujours son action dans le sens de l'intérêt du peuple. Là ou apparaîtront l'oppression, l'ineptie et la corruption, le révolutionnaire doit montrer que c'est cela qu'il combat. Il n'épargnera pas, bien sûr, les hommes et les institutions responsables de la hausse du coût de la vie, les gros entrepreneurs et tous ceux qui, grâce à la cherté de la vie, aux mauvais salaires et à l'augmentation des loyers, font de fabuleux bénéfices.
L'insistance que met le révolutionnaire à situer son action en faveur des plus défavorisés est la meilleure manière d'obtenir son appui. A partir du moment où une bonne partie des citoyens commence à croire à l'action révolutionnaire, la victoire est assurée. Le pouvoir ne pourra plus qu'intensifier la répression, ce qui rendra la vie des citoyens plus insupportable et les fera basculer du coté de la révolution.

[La subversion urbaine, école de formation des révolutionnaires[/align]

Un potentiel révolutionnaire existe dans tous les pays. On le trouvera dans l'immense contingent des ennemis de l'injustice. Il en arrive régulièrement qui désirent s'intégrer dans un mouvement révolutionnaire. Ce qui explique qu'à chaque arrestation, liquidation d'un groupe de révolutionnaires, celui-ci renaît de ses cendres. Les femmes et les hommes les mieux entraînés, les plus riches d'expérience sur le plan de la subversion, constituent l'épine dorsale de l'offensive révolutionnaire. Les membres de ce noyau central n'ont rien à voir avec la gauche opportuniste, les radoteurs, les révolutionnaires de salon et les signataires de pétition. Ils sont armés d'une discipline solide, d'une vue tactique et stratégique à long terme et de la théorie castro-guevariste appliquée par chaque révolutionnaire aux conditions concrètes de son pays.
De ce groupe se détacheront des femmes et des hommes d'excellente formation politico subversive qui, après la révolution, auront pour tâche de construire la nouvelle société en mettant comme priorité l'alphabétisation. Ces femmes et ces hommes se recruteront parmi les intellectuels, les artistes, les ouvriers, les étudiants, les religieux révolutionnaires, les paysans qui affluent vers les villes, attirés par le besoin de trouver du travail.
Le étudiant, dont le tranchant est bien connu, renversent à souhait les tabous pacifistes et opportunistes, acquièrent en peu de temps une bonne formation politique et technique.
Et comme ils n'ont pas grand-chose à faire une fois expulsés des universités où ils étudiaient et qu'ils ont une revanche à prendre sur le
pouvoir, ils peuvent se consacrer entièrement à la révolution. Les intellectuels et artistes doivent jouer un rôle fondamental dans la lutte contre l'arbitraire et l'injustice sociale. Jouissant d'un grand prestige et d'un grand pouvoir de communication, c'est à eux qu'il incombe d'entretenir la flamme révolutionnaire.
La subversion urbaine est une excellente école de formation. Qu'ils soient chauffeurs, messagers, informateurs, propagandistes ou saboteurs, les révolutionnaires luttent, souffrent et courent les mêmes risques, pour la plus grande gloire de la révolution.

[c=#ff0000]***

Djamal Benmerad est journaliste d'investigation. Il a travaillé dans plusieurs journaux algériens, dont Le Matin, qui sera dissous par le Pouvoir, en qualité de Grand reporter et à Alger Républicain, qui sera également dissous par le Pouvoir, en tant que rédacteur en chef. Il a ensuite fondé au Sahara l'hebdomadaire Le Reporter du Sahara...qui sera dissous par le même Pouvoir !
Auparavant, il a été emprisonné à l'âge de 19 pour « Détention et diffusion de tracts subversifs ».
En raison de ses choix révolutionnaires, il fut amené à s'opposer, de manière armée, au projet théocratique allié à l'ordre ultralibéral et liberticide du pouvoir.
Il fut l'un des rédacteurs du fameux « Appel à la Résistance » et l'un des premiers à rejoindre les groupes naissants des « Patriotes Armés » de Kabylie sans, pour autant, délaisser sa plume.
En 1998, à la suite du kidnapping de son fils par les islamo-fascistes et la délivrance de celui-ci, il a dû, grâce à la « complicité » de la Fédération Internationale des Journalistes, s'exfiltrer d'Algérie pour rejoindre l'exil dans un pays d'Europe où il a fait venir sa famille.

Djamal Benmerad a fait l'objet d'un attentat islamiste le 12 décembre 2001, à l'occasion duquel il perdit un ½il et un tympan.

Il a publié en Algérie, chez l'Enal, Chants d'impatience, puis, dans la clandestinité, Tracts pour rêver,
La céramiste et le poète, On ne meurt bien qu'en Algérie, tandis que les Editions du Matin lui ont publié un ouvrage traitant de la corruption intitulé 421.
En Europe, il a édité, chez Biliki, Perdre le Nord, Abrasion puis Chants d'exil aux Editions Le Coudrier et, enfin, une biographie de Che Guevara aux éditions ALEAS intitulée Che.
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# Posté le jeudi 11 juin 2009 07:02

L'ambassadeur d'Israël expulsé du Venezuela

L'ambassadeur d'Israël expulsé du Venezuela

Publié le 6-01-2009

Le gouvernement du Venezuela a ordonné aujourd'hui l'expulsion de l'ambassadeur d'Israël à Caracas pour protester contre l'offensive israélienne dans la bande de Gaza et en solidarité avec le peuple palestinien.

"Le Venezuela a décidé d'expulser l'ambassadeur d'Israël, réaffirmant son attachement à la paix et son exigence de respect du droit international", est-il écrit dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le président vénézuélien Hugo Chavez avait fustigé lundi l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, qualifiant l'Etat hébreu d'"assassin" et de "génocidaire".

Mardi, il a estimé que le président israélien devrait être "traduit devant la Cour pénale internationale" de La Haye à la suite de cette attaque.

Source : AFP
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# Posté le mercredi 07 janvier 2009 01:45

Déclaration des forces de la Gauche Palestinienne du 1er janvier 2008

Déclaration des forces de la Gauche Palestinienne

FPLP, FDPLP, Parti du Peuple palestinien


Le jeudi premier janvier 2009, la direction du Front de Gauche composée du Front Démocratique pour la libération de la Palestine, du Front Populaire pour la Libération de la Palestine et du Parti du Peuple Palestinien, s'est réunie pour analyser la façon d'affronter la criminelle agression sioniste contre notre peuple et d'y résister, et a déclaré ce qui suit :

L'attaque brutale contre notre peuple continue, le nombre de martyrs augmente parmi les enfants, les femmes, les personnes âgées et se multiplient de façon indiscriminée les démolitions de maisons sur les têtes de leurs propres habitants, mais la résistance palestinienne continue en même temps, représentée sous la forme de l'unité populaire, avec la participation de toutes les organisations et bras armés.

Nous saluons notre peuple, nous saluons nos combattants aguerris.

Aujourd'hui, le peuple palestinien écrit une page de gloire. Ses sacrifices exigent la loyauté et la responsabilité , et une réponse à la nécessité urgente de consolider la Résistance et d'unir ses rangs pour pouvoir affronter l'agresseur.

Nous réitérons une fois de plus nos appelés pour donner une solution à la division interne et nous en appelons au dialogue national pour recouvrer l'unité. Hier nous avons reçu des réponses positives en ce sens des frères Mahmoud Abbas, président palestinien, et Ismaïl Haniyeh.

Nous accueillons favorablement le fait que les deux parties acceptent avec de bonnes dispositions le dialogue et la réconciliation et fassent prévaloir les contradictions avec l'ennemi sioniste.

Dans ces temps de sang et de sacrifice, il n'est pas suffisant de répéter des mots, il faut des faits concrets, un mouvement urgent et des pas précis et sérieux qui mènent au dialogue uni, immédiat et désiré.

Aux enfants de notre peuple aguerri

Aujourd'hui que vous écrivez les pages les plus valeureuses de résistance et de sacrifice, nous appelons à :

1. Mener à bien la coordination, sur le terrain, au moyen d'un poste de commandement unique entre les différents bras armés sans exception, pour que puisse être réussie l'organisation de la résistance d'une façon unie face à l'agresseur.

2. Créer des comités populaires dans les camps et les quartiers, dans les villes et les villages, qui incluent dans leurs rangs toutes les forces politiques, organisations de la société civile et personnalités nationales qui souhaitent participer, afin que ces structures soient à même d'organiser toutes les formes de solidarité et de secours pour ceux qui en ont besoin.

3. Ces comités auront la tâche de coordonner et de maintenir la communication avec l'UNRWA, les sièges municipaux et les autres institutions officielles, dans le but d'unir les efforts et de garantir le haut niveau de solidarité et de soutien requis.

Salut à notre peuple aguerri

Gloire aux martyrs !

Victoire à la Résistance !

Parti du Peuple Palestinien

Front Populaire pour la Libération de la Palestine

Front Démocratique pour la Libération de la Palestine


1er janvier 2009
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# Posté le mardi 06 janvier 2009 17:05

Etats-Unis: le renseignement d'accord pour enterrer l'avenir

Les services du renseignement américains ont publié de nouvelles prévisions concernant les grandes tendances du développement global. Mieux vaudrait que celles-ci ne soient pas portées pour l'instant à la connaissance du président américain nouvellement élu, Barack Obama : elles seraient de nature à gâcher les festivités liées à son investiture, le 20 janvier. Tout est dépeint dans ce document sous un jour particulièrement mauvais pour les Etats-Unis, car non seulement leur présent, mais aussi "leur avenir est vide et sombre". Ou peu s'en faut. La seule chose qui pourrait l'apaiser, c'est que les prévisions ne concernent que ce vers quoi se dirige l'Amérique, et avec elle le reste du monde, en 2025, une échéance à laquelle ni Obama, ni la plupart des dirigeants actuels, ne seront plus au pouvoir. Mais leurs enfants.


Par Andreï Fediachine
Tout ce qui est le plus alarmant dans ce rapport est consacré à l'Amérique. De toutes les études de ce type réalisées à ce jour - elles paraissent tous les quatre ans, la présente édition étant la quatrième depuis 1997 -, le dernier rapport est le plus sombre. Bref, ce ne sera pas une partie de plaisir pour Barack Obama de lire le rapport du NIC (National Intelligence Council - Conseil national du renseignement) intitulé "Global Trends 2025 : A World Transformed" (Tendances Globales 2025 : Un Monde Transformé).

Pour la Russie, les experts ont trouvé non pas une bonne prévision, mais carrément plusieurs. Si l'on met de côté la "diminution" de notre population, annoncée par le Conseil pour 2025, qui passera des 141 millions d'habitants actuels à 130 millions (ce que nous savons déjà, sans lui), les Russes continueront d'être aidés par leur gaz et leur pétrole, et même par le réchauffement global attendu. Selon les experts, l'Union européenne ne sera pas parvenue, en 2025, à diversifier ses fournisseurs de ressources énergétiques et conservera sa dépendance vis-à-vis des importations, et donc vis-à-vis des livraisons de gaz naturel russe. L'augmentation de la consommation européenne est prévue à hauteur de 60%. En 2025, 57% de l'ensemble des réserves mondiales de gaz seront concentrées en Russie, en Irak et au Qatar. De nombreux producteurs actuels de pétrole auront perdu leurs positions, et près de 40% du pétrole produit sera concentré entre les mains de 6 Etats. Ceux-ci sont cités dans l'ordre suivant : Russie, Arabie saoudite, Iran, Koweït, Emirats arabes unis, Irak. Si l'on prend en compte la totalité des réserves de gaz et de pétrole, il y aura en 2025 deux grandes Puissances énergétiques mondiales : la Russie et l'Iran.

Certains pays souffriront gravement du réchauffement climatique, que ce soit en raison des inondations ou de la sécheresse. Mais la Russie ne fera que gagner à ce réchauffement global. Si l'on en croit les "Global Trends", ce réchauffement et le déplacement des zones climatiques lui offriront : a/ une augmentation de ses terres cultivables et une période d'ensemencement plus longue; b/ un accès plus facile au gaz, au pétrole et à d'autres richesses minérales de l'Arctique. La Russie tirera également des avantages économiques et commerciaux de l'ouverture des voies maritimes dans sa zone arctique. Que les glaces fondent, donc.

Il se pourrait, bien sûr, que la Russie ne profite pas de tous ces avantages, si elle n'investit pas sérieusement dans le capital humain, n'élargit pas et ne diversifie pas son économie (pour dire les choses autrement, si elle ne réduit pas la dépendance de l'économie vis-à-vis des exportations énergétiques) et n'intègre pas les marchés mondiaux. Notre influence ne progressera pas, non plus, si les prix du pétrole ne dépassent pas 50 à 70 dollars le baril.

Si l'on en croit le rapport, les Etats-Unis vont continuer de perdre leur poids et leur influence jusqu'à la fin du premier quart du XXIe siècle, tout en demeurant une grande puissance ; mais ils perdront leur influence dominante et ne seront qu'un "égal parmi leurs pairs". Il en sera de même du dollar. La niche d'influence libérée par l'Amérique sera comblée par le Brésil, l'Inde, la Chine et, comme le dit le rapport, la "Péninsule coréenne" (les deux Corées étant, visiblement, alors réunies). Une certaine "forme d'union" est même pronostiquée pour ces trois dernières. Le monde sera multipolaire, les modèles occidentaux du libéralisme économique, de la démocratie perdront leur force d'attraction (c'est ce qui se produit déjà). L'Union européenne aura cédé elle aussi de son influence et sera devenue un "géant creux". Des guerres pourront voir le jour pour les ressources, l'eau, le pétrole, le gaz� Une vision terrible.

Ce serait encore plus terrible s'il ne fallait pas prendre en compte quelque chose. Premièrement, ce ne serait pas la première fois que des rapports de ce type "se trompent". Dans les Tendances 2010, Tendances 2015 et Tendances 2020, les analystes du renseignement et les experts avaient prédit, par exemple, sur certains points, exactement le contraire de ce qu'ils annoncent aujourd'hui : non pas une baisse, mais un renforcement du rôle et de l'influence de l'Union européenne, ainsi qu'une croissance permanente, stable des économies occidentales d'environ 2% par an. C'est ce qui devait se produire en 2010. Ce n'est pas très loin de l'époque actuelle.

Ces rapports ne sont pas des prévisions ou des pronostics précis, mais plutôt un rappel aux administrations américaines de ce qui pourrait arriver si elles ne pratiquent pas telle ou telle politique. C'est à la fois une base de réflexion et un instrument pour faire avancer cette réflexion dans une direction donnée.

Pour savoir si un avenir aussi effroyable nous attend véritablement, et dans quelle mesure le NIC est objectif dans ses évaluations, il n'est pas mauvais de rappeler ce qu'il est véritablement. Le Conseil national du renseignement est le principal "brain trust" auprès du directeur de la CIA, Michael McConnell, lequel a en charge l'analyse stratégique à moyen et long termes. C'est de lui que dépend directement le patron actuel de cette "agence Nostradamus", Thomas Fingar. Le Conseil "ravitaille" toute la direction américaine, et sa principale marchandise, ce sont les Evaluations du renseignement national (National Intelligence Estimates), dont une grande partie, naturellement, est tenue secrète, mais dont des "extraits" sont toujours distillés à la presse. Le Conseil, comme aiment à le dire ses collaborateurs, a pour vocation d'"analyser l'horizon". Cela le conduit parfois à s'aventurer bien au-delà de la ligne d'horizon fictive, pour des raisons purement politiques. Le NIC, comme cela se produit fréquemment avec n'importe quelle organisation de renseignement créée auprès des administrations, et pour elles, "se démarque d'avec la ligne politique" de manière modérée. Ce n'est absolument pas une particularité endémique propre à l'Amérique : c'est la caractéristique génétique de quasiment toutes les formations de ce type. De celles-là même qui, "ayant mûri" (or, le NIC a été créé en 1979), ont bien compris avec le temps que ce que l'on attend d'elles, ce ne sont pas des prophéties à la Nostradamus, mais "ce qu'on a besoin d'entendre".

Le NIC doit effectuer de ce point de vue une tâche peu enviable. Il doit, en principe, coordonner et "unifier" l'analyse de tous les centres de renseignement américains - la CIA, la Direction du renseignement du département de la Défense (le GRU russe), le renseignement politique du Département d'Etat, les renseignements de l'Armée, de l'Aviation, de la Marine, du Service des frontières, du ministère des Finances, du ministère de l'Energie et, pour finir, le FBI (qui s'occupe du contre-espionnage). Et c'est en cela que réside le principal "hic". Toutes les administrations tirent, naturellement, la couverture à elles, s'efforçant de pousser le président, les ministères, le Congrès vers les mesures ou les lois dont elles ont besoin. C'est la raison pour laquelle des discussions très chaudes surgissent toujours autour de l'élaboration du principal "produit" du NIC, ce que l'on appelle les Evaluations du renseignement national, et autour également des analyses de renseignement thématiques. Il s'agit de documents analytiques ciblés sur n'importe quels thèmes, allant par exemple de l'arme nucléaire, la Russie, ou Israël, à l'évaluation des conséquences possibles d'une mauvaise récolte de riz en Asie. Il peut y avoir plusieurs de ces évaluations par an. Les patrons de ces administrations sont plongés dans la plus grande effervescence s'ils viennent à apprendre que leurs évaluations, pour une raison ou pour une autre, n'ont pas été retenues dans la variante finale des "Evaluations". Il en va à peu près de même pour ces fameuses "Tendances globales".

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

RIA Novosti
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# Posté le samedi 03 janvier 2009 08:20

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