Cet manuel s'adresse non pas à une classe ou catégorie définies ou à cette classe ouvrière supposée , depuis deux siècles, aller au paradis alors qu'elle subit une « douce dictature » sans broncher, mais - osons le dire - aux révolutionnaires professionnels et idéalistes pour qui l'Homme est au centre du monde.
Marx, qu'il faut recadrer dans son contexte historique, a affirmé que « les ouvriers n'ont que leurs chaînes à perdre ». Pour avoir idéalisé ce postulat, nous n'avons pas voulu voir le médecin, le chercheur, les artistes, au chômage, encore moins ce lumpenprolétariat que les partis communistes orthodoxes ont peur de tutoyer et qu'ils méprisent singulièrement, qui recèlent d'insoupçonnables potentialités révolutionnaires qui feront d'eux les bataillons du savoir, et qui doivent être aux avant-poste de la guerre subversive... car eux ne possèdent même pas de chaînes !
La crise actuelle - et évidemment structurelle - du capitalisme, qui n'est pas la première et qui ne sera pas la dernière de son Histoire, vient à point nommer nous encourager à la rédaction et la diffusion du présent opuscule qui, lui, offre une radicalité dans l'action, contrairement à la Gauche pantouflarde, aux syndicats glaneurs des miettes que veut bien leur accorder la « mansuétude » du Pouvoir et autres associations pleurnichardes qui mendient leurs droits.
Ce qui est recherché à travers ces lignes écrites à la lumière des expériences menées par des camarades en d'autres pays et notre expérience personnelle qui, hélas, a été au-delà de la subversion, c'est offrir aux futurs révolutionnaires les moyens pratiques de déstabiliser l'Etat tout en respectant l'Homme. Pour cela, il faut une organisation révolutionnaire, de structure informelle mais disciplinée, dans l'objectif, à terme, est la libération totale de milliards d'être humains encore sous la domination d'une poignée de vampires.
Par ailleurs, nous précisons que pour éviter que tel indic ou autre délateur « monte en grade » aux yeux de son officier traitant à travers la remise de ce manuel, nous avons, d'une part, rejeté un confortable et sécurisant anonymat, d'autre part nous avons envoyé ce manuel – sous pli recommandé – aux plus hautes autorités d'Algérie, de Belgique et de France, ces pays constituant nos habituels territoires de transhumance.
Enfin, nous sommes certains que le présent manuel sera amélioré et complété par d'autres révolutionnaires, en fonction de leur propre expérience et de leurs propres réalités.
Un révolutionnaire est un Homme qui lutte, souvent par des moyens non conventionnels, contre toute forme d'oppression. Cette oppression peut prendre une forme « démocratique » comme c'est le cas en Occident, ou dictatoriale ainsi qu'elle s'exerce dans la majorité des pays du tiers-monde. Son champ de batailles, ce sont les grandes villes du pays.
Le révolutionnaire est l'ami des faibles et l'amant inconditionnel de la liberté. Il doit porter préjudice au système et à l'idéologie dominants en vue de leur destruction définitive.
Un vrai révolutionnaire est quelqu'un qui doit être capable d'aider les enfants et les personnes âgées à traverser la rue, comme il doit être capable de réaliser des tâches d'envergure nationale et internationale.
Les moyens du révolutionnaire sont, bien entendu, inférieurs à ceux de l'ennemi, mais, sur le plan moral, sa supériorité est indiscutable. Il a, comme moteur, sa haine de l'injustice.
Il doit être l'ennemi implacable du pouvoir
Le révolutionnaire doit être doté d'esprit d'initiative, d'une grande mobilité, de souplesse, du sens de l'adaptation aux dures conditions de la lutte et de beaucoup de sang-froid dans les situations les plus périlleuses. Le révolutionnaire doit toujours prévoir le pire. Il ne peut se permettre de sombrer dans la perplexité ni attendre que lui soit donné un ordre. Il doit agir, envisager pour chaque problème qui se présente, la solution adéquate.
D'autres qualités sont exigées : il faut être bon marcheur, pouvoir résister à la fatigue, la faim, la soif, à la pluie, à la chaleur. Il doit savoir se cacher et veiller de longues nuits, connaître l'art du déguisement, ne jamais craindre le danger, être capable d'agir de jour comme de nuit, ne jamais laisser la moindre trace.
Le révolutionnaire doit vivre de son travail et veiller à ne se distinguer en rien du citoyen ordinaire. Il ne peut se vêtir d'une façon qui attire l'attention. S'il est recherché par les services de sécurité, il doit plonger dans la clandestinité et vivre d'un fonds de solidarité que l'organisation révolutionnaire aura mis en place en attendant de l'exfiltrer vers un autre pays où il doit continuer la lutte sur le plan de la propagande.
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En aucune circonstance le révolutionnaire ne doit parler de ses activités ; celles-ci ne concerne que l'organisation à laquelle il appartient. Il doit avoir une grande capacité d'observation, être très bien informé, être un bon enquêteur et avoir une parfaite connaissance du terrain où il doit opérer.
Le révolutionnaire doit pouvoir devenir un franc-tireur, c'est-à-dire un révolutionnaire solitaire, capable d'opérer des actions isolées, en bref capable de constituer une cellule à lui tout seul.
Nous considérons que comme indispensables les formes d'entraînement telles que les excursions à pied, le camping et les séjours prolongés en forêt, l'ascension des montagnes, la natation, la plongée sous-marine.
Il est élémentaire de savoir conduire une voiture et une moto, mais notre préférence va vers sur ce second moyen de locomotion, comme il est nécessaire d'avoir des notions de topographie et, évidemment, de chimie, de savoir s'orienter dans le noir, calculer les distances.
Il faut toujours avoir à l'esprit qu'il n'existe pas d'opérations faciles. Elles doivent toutes être exécutées avec le même soin.
La subversion est tojours publicitaire. Il faut rechercher les actions spectaculaires - violentes mais pacifiques - pour frapper les esprits,
- Parmi les cibles prioritaires, il faut viser en priorité absolue :
- Les usines et fabriques d'armement,
- Les chaînes de TV, radio et la presse écrites capitalistes.
- Les intérêts des Etats-Unis
-Les intérêts de l'Etat sioniste avatar génocidaire de
l'impérialisme.
Les antennes et filiales de Coca Cola, symbole de l'impérialisme.
Les explosions auront lieu de nuit.
Cependant, il faut prendre soin, immanquablement, de prévenir par téléphone (d'une cabine publique distante de plusieurs dizaines de km du lieu de l'action) les agents de permanence nocturne et les gardiens du site une (1) heure avant l'action, ce qui leur donnera largement le temps d'évacuer le lieu. Le droit à la vie est sacré.
Ce type d'action atténuera la peur qu'éprouve le citoyen envers l'Autorité et, surtout, encouragera la radicalisation des syndicats.
Par ailleurs, de par la publicité dont elles seront entourées, ces actions pousseront le Pouvoir à montrer sa cruauté lorsqu'il lancera sa campagne de répression, qui sera en fait une campagne de représailles envers les citoyens qu'il neutralisait auparavant par des réformettes sociales.
Il faut à tout prix éviter les règlements de compte et les vengeances personnelles qui ne feront que desservir La Cause pour laquelle nous luttons : la destruction du capitalisme et l'extension du monde nouveau né à Cuba, au Venezuela, en Bolivie, et à l'état embryonnaire dans d'autres pays, monde encore loin d'être parfait mais dont le soc semble être engagé dans le bon sillon.
Il ne faut jamais employer le même modus operandi. Le tactique doit être différente à chaque opération. La routine est l'ennemie du révolutionnaire et l'expose à la capture par les forces de « l'ordre ».
En se repliant, il faut veiller à ne pas laisser la moindre trace.
Les équipes opérationnelles
Les équipes opérationnelles, que nous appellerons ici les Groupes de Choc, doivent être réduites au minimum et ne pas excéder 5 personnes : 3 pour l'exécution de l'opération et 2 pour faire le guet. Les différentes équipes doivent être rigoureusement fragmentées et coordonnées par le chef du réseau général.
Les agents subversifs seront habillés comme monsieur-tout-le-monde, de vêtements non voyante
Se munir des gants en nylon appelés « gants chirurgicaux », car les autre tisses rendent les doigts gourds et malhabiles.
Ne jamais porter d'arme à feu.
- La motorisation
- L' « équipement »
- L'argent
Les avantages du révolutionnaire sur l'ennemi
La dynamique de la subversion urbaine implique un certain nombre de critères :
Mieux connaître que l'ennemi le terrain sur lequel il opère.
L'élément de surprise, de manière à désarçonner les forces de l' « ordre ».
Jouir d'une plus grande mobilité et d'une plus grande rapidité que les forces de répression.
Disposer d'un réseau d'information meilleur que l'ennemi.
Etre vigilant en tout temps et en tout lieu
La connaissance du terrain
Le révolutionnaire, s'il veut que le terrain soit son meilleur allié, doit le connaître jusque dans ses moindres détails. Ce n'est qu'ainsi qu'il pour intelligemment utiliser son relief, ses talus, ses fossés, ses accidents, ses zones laissées à l'abandon, afin de pouvoir y opérer à son aise et, le cas échéant, s'y cacher.
La surprise
La surprise est un élément très important qui permettra de compenser l'infériorité du révolutionnaire sur le plan des moyens. Contre elle, les forces de répression ne peuvent rien. Nous connaissons la force de l'ennemi, alors que lui méconnaît la nôtre. C'est nous qui choisissons l'heure et le lieu de l'opération. L'ennemi en ignore tout.
La mobilité et la rapidité
La mobilité et la rapidité du révolutionnaire doivent être supérieures à celle de l'ennemi. A cet effet, il veillera :
à être motorisé
à bien connaître le terrain
à s'assurer d'une ou plusieurs grenades fumigènes destinées à masquer l'opération de repli.
L'information
C'est en vivant au milieu de la population, en prêtant attention à tous les types de conversations et de relations humaines, que le révolutionnaire complétera son information. Celle-ci concernera tout ce qui peut se passer sur les lieux de travail, dans les lycées et facultés, qu'il s'agisse des opinion où de l'état d'esprit des gens.
Les chances qu'ont les services de sécurité de découvrir les révolutionnaires diminuent fortement dans la mesure où, au sein de la population, se multiplient les victimes - donc les ennemis - du Pouvoir. Ceux-ci nous informeront sur les activités des agents du Pouvoir, leurs plans, des cas de corruption propres à alimenter notre propagande. Des informations sûres données au révolutionnaire signifient que des coups sûrs pourront être assénés au Pouvoir.
De toute façon, les sources de renseignement du révolutionnaire sont potentiellement plus grandes que celles de la police. Celle-ci se sait observée par la population, mais elle ignore qui se rend complice du révolutionnaire, et dans la mesure où elle commet des injustices et fait violence à des citoyens, elle favorise cette complicité entre le peuple et les révolutionnaires.
La vigilance
Le révolutionnaire doit plus écouter que parler.
Afin de s'opposer plus efficacement à nous, l'ennemi stimulera la délation et tentera de s'infiltrer en nous envoyant ses espions qui, et c'est le péché mignon des taupes, feront de la surenchère révolutionnaire. Les traîtres et les délateurs, aussitôt qu'ils seront connus, devront être châtiés de manière exemplaire.
Bombes artisanales, pour les facilités de fabrication et les coûts dérisoires qu'implique cette fabrication.
De l'éther mélangé à un combustible (tel que le charbon) suffira.
Ces bombes devront être de faible intensité et seront destinées à provoquer uniquement des pertes matérielles chez l'ennemi.
Cocktails Molotov.
Grenades fumigènes pour faciliter le repli, mais à utiliser seulement au cas où les services de sécurités arrivent sur le lieu de l'action avant que l'équipe subversive n'ait été évacuée.
Se munir de billes en verre à jeter sous les chevaux de la police montée.
Pour atteindre les objectifs ci-dessus, le révolutionnaire doit recourir à des modes d'action les lus diversifiés possibles, mais non pas arbitrairement choisis.
Certaines de ces actions sont simples, d'autres plus complexes. Aussi le révolutionnaire devra-t-il, pour des raisons psychologiques, suivre cette échelle, allant du simple au compliqué. Avant d'entreprendre l'action, il doit considérer les moyens et les camarades dont il dispose pour l'accomplir. Il ne s'assurera que de la collaboration de camarades techniquement préparés. Ces précautions une fois prises, on pourra envisager les modes d'action suivants :
L'occupation physique d'un lieu ;
La grève ou toute autre forme d'interruption de travail. La grève intéresse avant tout ceux qui étudient ou qui travaillent. Comme elles constituent, pour les exploités, un moyen de pression très redouté, l'ennemi cherchera à l'empêcher ou à la briser. Dans l'organisation des grèves, les révolutionnaires doivent donc procéder sans laisser le moindre indice pouvant mener à l'identification des responsables. Ils prépareront ces grèves par petits groupes et dans le plus grand secret. Les interruptions de travail ou d'études, pour brèves qu'elles soient, n'en inquiètent as moins l'ennemi.
La propagande;
La guerre des nerfs.
La propagande
Les médias, par le simple fait de divulguer ce que font les “ terroristes ”, constituent pour nous nous d'importants instruments de propagande. Il faut rendre soin d'informer ces médias quelques minutes avant l'exécution de l'action afin qu'ils aient l'information
« à chaud ».
Il faut s'assurer également qu'un tract explicatif sera diffusé au lendemain de chaque opération. Le tract, d'une haute tenue esthétique, bien sûr, peut-être déposé tôt le matin dans les bouches de métro, les stations de tram, d'autobus, et dans les toilettes des cafés.
Leur existence ne dispense pas les révolutionnaires d'organiser leur propre presse clandestine. Car il faut publier et répandre des journaux clandestins, des manifestes et des tracts dénonçant les méfaits du Pouvoir. L'existence de cette presse sert, par ailleurs, à nous rallier de nombreux citoyens qu'on appellera ici “ les révoltés.silencieux ”. On peut fabriquer des mini catapultes rudimentaires, avec quelques morceaux de bois et un élastique épais, destinées au lancement de ces tracts et manifestes. On cherchera encore à faire passer sur les antennes de stations de radio des messages révolutionnaires enregistrés sur bandes. On enverra aussi des lettres visant à expliquer le sens de notre lutte à certaines personnalités qui chercheront à les divulguer publiquement pour, évidemment, impressionner la population et glaner quelques électeurs de plus.
Comme on ne ralliera jamais l'ensemble des citoyens, il faut populariser le slogan suivant : « Que celui qui ne veut rien faire pour la révolution ne fasse rien contre elle ».
La guerre des nerfs
La guerre des nerfs ou guerre psychologique est une technique de lutte basée sur l'utilisation de toute sorte de médias dont ce que les esprits stupides appellent le “ téléphone arabe ”. Son but est de démoraliser le gouvernement On y arrive en répandant de fausses informations, contradictoires, le doute et l'incertitude parmi les agents du régime.
Dans la guerre psychologique, le gouvernement se trouve en position de faiblesse, aussi censurera-t-il les moyens de communications. Cette censure se retournera contre lui car il se rend encore plus impopulaire. Il lui faut, par ailleurs, exercer une surveillance sans relâche, ce qui mobilise beaucoup d'énergie. Les moyens de la guerre des nerfs sont les suivants :
Le téléphone et l'envoi de lettres. Par ces moyens, on “ informera ”' la police sur une prétendue localisation de bombes à retardement, sur des faux « projets » d'enlèvement et d'assassinat de certaines personnalités faisant partie du harem du pouvoir, ce qui obligera les forces de répression à se mobiliser pour rien. Pratiquer l'intox en livrant aux police et gendarmerie des faux plans d'attaque, en répandant des rumeurs sans fondement, en exploitant systématiquement la corruption, les erreurs et les méfaits des agents du pouvoir, les forçant ainsi à se justifier et à tenter de démentir les bruits répandus, en informant les ambassades étrangères, l'Onu, les commissions internationales de juristes et de droits de l'Homme, les Associations chargées de défendre la liberté de la presse.
L'intervention de ces associations sera, à coup sûr, inefficace, mais elle n'en sera pas moins médiatisée, la publicité étant leur péché mignon.
Le citoyen qui rêve de rejoindre le monde restreint des révolutionnaires ne pourra agir que s'il domine parfaitement les méthodes suivantes :
- l'observation et la vigilance;
- la reconnaissance et le chronométrage de l'itinéraire;
- la planification;
- la motorisation;
- la simulation de l'action projetée en guise de répétition;
- l'exécution;
- la retraite;
- le brouillage des pistes.
La sécurité du révolutionnaire
Le révolutionnaire est sans cesse exposé à une dénonciation ou à sa découverte par la police. Pour y parer; i doit s'entourer d'un maximum de garanties touchant sa personne ou celle de ses camarades. Nos pires ennemis sont les espions ou taupes infiltrés dans nos rangs. Le meilleur moyen d'empêcher ce noyautage est l'extrême sévérité que l'on observera dans le recrutement.
On ne permettra pas non plus que tous les révolutionnaires se connaissent dura la période probatoire. Chacun ne saura que ce qui est nécessaire à sa mission.
Les annotations dans la marge des pages d'un journal ou sur une nappe en papier, les cartes de visite, les lettres et les billets, sont des indices que les enquêteurs ne manqueront évidemment d'exploiter.
La détention de petits bouts de papier portant des numéros de téléphone, des noms, des indications biographiques, doit être abolie.
Les lieux de rendez-vous seront retenus de mémoire.
Celui qui transgressera ces normes sera averti par le premier camarade qui s'en rendra compte. S'il persévère dans l'erreur, on coupera tout lien avec lui.
En cas d'arrestation, le révolutionnaire ne doit, bien entendu, ne rien révéler qui puisse nuire à l'Organisation ou qui puisse causer l'arrestation d'autres camarades. Par ailleurs, lors de son procès, le révolutionnaire utilisera le tribunal comme un moyen inespéré et supplémentaire d'agit-prop.
- Laisser des traces qui peuvent être fatales.
- L'inexpérience, qui fait que l'on juge l'ennemi stupide, que l'on sous-estime ses capacités, que l'on sombre dans la facilités et, de ce fait, qu'on à surestimer les forces ennemies. Son assurance, son esprit de décision, son audace, s'en ressentiront.
- La vantardise, qui fait qu'on propage aux quatre vents ses faits d'armes.
- La disproportion dans l'action par rapport à l'infrastructure logistique dont dispose le(s) révolutionnaire(s).
- La précipitation en vertu de laquelle on perd patience, on s'énerve et on passe à l'action au risque de subir des pertes.
- La témérité, qui fait que l'on attaque l'ennemi à un moment où celui-ci se fait particulièrement agressif.
- L'improvisation.
Le révolutionnaire cherchera toujours son action dans le sens de l'intérêt du peuple. Là ou apparaîtront l'oppression, l'ineptie et la corruption, le révolutionnaire doit montrer que c'est cela qu'il combat. Il n'épargnera pas, bien sûr, les hommes et les institutions responsables de la hausse du coût de la vie, les gros entrepreneurs et tous ceux qui, grâce à la cherté de la vie, aux mauvais salaires et à l'augmentation des loyers, font de fabuleux bénéfices.
L'insistance que met le révolutionnaire à situer son action en faveur des plus défavorisés est la meilleure manière d'obtenir son appui. A partir du moment où une bonne partie des citoyens commence à croire à l'action révolutionnaire, la victoire est assurée. Le pouvoir ne pourra plus qu'intensifier la répression, ce qui rendra la vie des citoyens plus insupportable et les fera basculer du coté de la révolution.
[La subversion urbaine, école de formation des révolutionnaires[/align]
Un potentiel révolutionnaire existe dans tous les pays. On le trouvera dans l'immense contingent des ennemis de l'injustice. Il en arrive régulièrement qui désirent s'intégrer dans un mouvement révolutionnaire. Ce qui explique qu'à chaque arrestation, liquidation d'un groupe de révolutionnaires, celui-ci renaît de ses cendres. Les femmes et les hommes les mieux entraînés, les plus riches d'expérience sur le plan de la subversion, constituent l'épine dorsale de l'offensive révolutionnaire. Les membres de ce noyau central n'ont rien à voir avec la gauche opportuniste, les radoteurs, les révolutionnaires de salon et les signataires de pétition. Ils sont armés d'une discipline solide, d'une vue tactique et stratégique à long terme et de la théorie castro-guevariste appliquée par chaque révolutionnaire aux conditions concrètes de son pays.
De ce groupe se détacheront des femmes et des hommes d'excellente formation politico subversive qui, après la révolution, auront pour tâche de construire la nouvelle société en mettant comme priorité l'alphabétisation. Ces femmes et ces hommes se recruteront parmi les intellectuels, les artistes, les ouvriers, les étudiants, les religieux révolutionnaires, les paysans qui affluent vers les villes, attirés par le besoin de trouver du travail.
Le étudiant, dont le tranchant est bien connu, renversent à souhait les tabous pacifistes et opportunistes, acquièrent en peu de temps une bonne formation politique et technique.
Et comme ils n'ont pas grand-chose à faire une fois expulsés des universités où ils étudiaient et qu'ils ont une revanche à prendre sur le
pouvoir, ils peuvent se consacrer entièrement à la révolution. Les intellectuels et artistes doivent jouer un rôle fondamental dans la lutte contre l'arbitraire et l'injustice sociale. Jouissant d'un grand prestige et d'un grand pouvoir de communication, c'est à eux qu'il incombe d'entretenir la flamme révolutionnaire.
La subversion urbaine est une excellente école de formation. Qu'ils soient chauffeurs, messagers, informateurs, propagandistes ou saboteurs, les révolutionnaires luttent, souffrent et courent les mêmes risques, pour la plus grande gloire de la révolution.
Djamal Benmerad est journaliste d'investigation. Il a travaillé dans plusieurs journaux algériens, dont Le Matin, qui sera dissous par le Pouvoir, en qualité de Grand reporter et à Alger Républicain, qui sera également dissous par le Pouvoir, en tant que rédacteur en chef. Il a ensuite fondé au Sahara l'hebdomadaire Le Reporter du Sahara...qui sera dissous par le même Pouvoir !
Auparavant, il a été emprisonné à l'âge de 19 pour « Détention et diffusion de tracts subversifs ».
En raison de ses choix révolutionnaires, il fut amené à s'opposer, de manière armée, au projet théocratique allié à l'ordre ultralibéral et liberticide du pouvoir.
Il fut l'un des rédacteurs du fameux « Appel à la Résistance » et l'un des premiers à rejoindre les groupes naissants des « Patriotes Armés » de Kabylie sans, pour autant, délaisser sa plume.
En 1998, à la suite du kidnapping de son fils par les islamo-fascistes et la délivrance de celui-ci, il a dû, grâce à la « complicité » de la Fédération Internationale des Journalistes, s'exfiltrer d'Algérie pour rejoindre l'exil dans un pays d'Europe où il a fait venir sa famille.
Djamal Benmerad a fait l'objet d'un attentat islamiste le 12 décembre 2001, à l'occasion duquel il perdit un ½il et un tympan.
Il a publié en Algérie, chez l'Enal, Chants d'impatience, puis, dans la clandestinité, Tracts pour rêver,
La céramiste et le poète, On ne meurt bien qu'en Algérie, tandis que les Editions du Matin lui ont publié un ouvrage traitant de la corruption intitulé 421.
En Europe, il a édité, chez Biliki, Perdre le Nord, Abrasion puis Chants d'exil aux Editions Le Coudrier et, enfin, une biographie de Che Guevara aux éditions ALEAS intitulée Che.